Lin Jun, victime d'un psychotique, selon une psychiatre

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Marie-Frédérique Allard

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Procès Magnotta

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

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«Magnotta n'a pas tué par vengeance ou par racisme. Lin Jun est la malheureuse victime d'un homme psychotique.»

C'est la thèse que la psychiatre Marie-Frédérique Allard a défendue, hier, alors qu'elle témoignait au procès de M. Magnotta, jugé pour le meurtre et le démembrement de l'étudiant chinois de 33 ans, survenus le 25 mai 2012 à Montréal.

La Dre Allard s'est vu confier par la défense la tâche d'analyser la responsabilité criminelle de Magnotta dans la mort de Lin Jun et les autres crimes qui y sont liés. Elle l'a rencontré pendant 23 heures échelonnées sur plusieurs mois et l'a interrogé sur divers aspects de sa vie, avant d'aborder les événements du 25 mai 2012. Ce n'était pas facile pour Magnotta, selon la psychiatre. Il devenait tout en sueur et était extrêmement perturbé au moment d'aborder ces sujets. Il ne se reconnaissait pas dans ces gestes, qu'il avoue pourtant avoir commis.

Un agent du gouvernement

Cette version, Magnotta l'a donnée un an et demi après le meurtre de Lin Jun. Selon cette version, en mai 2012, Magnotta avait mis une annonce sur Craigslist pour avoir une relation sexuelle impliquant du bondage. Lin Jun a répondu. Ils se sont retrouvés chez Magnotta le soir du 24 mai. Lin Jun a été rude lors de la relation. Après, Magnotta s'est mis à penser que cet amant était un agent du gouvernement. Il entendait des voix et avait peur. Il a égorgé Lin Jun, qui était attaché sur le lit, puis l'a démembré.

Magnotta ne peut pas expliquer pourquoi il a fait subir des actes dégradants au cadavre démembré, tout cela en filmant.

«Je n'ai pas de plaisir à avoir du sexe avec un cadavre», a-t-il dit à la Dre Allard.

On sait que Magnotta a posté les pieds et les mains à quatre endroits différents, soit deux écoles de Vancouver et deux partis politiques à Ottawa. Et il a choisi de faux noms d'expéditeurs. Ceux-ci ont surgi spontanément dans la tête, a-t-il dit. Il trouvait les adresses sur l'internet. C'est ainsi qu'il a choisi la soeur de Karla Homolka, le mari de Karla Homolka (deux fois) et le fils de l'ex-premier ministre Jean Chrétien.

Par ailleurs, Magnotta savait qu'il y avait des caméras de surveillance dans son immeuble, mais il ne s'en souciait pas. Ses déplacements ont été filmés.

Manny n'est pas gentil

Magnotta a souvent parlé de Manny, avant même les événements dont il est question ici. Selon ses explications - nébuleuses -, Manny, de son vrai nom Manuel Lopez, originaire du Nouveau-Mexique, aurait été un client de Magnotta. Au début, Manny était gentil, mais les choses se sont envenimées. Il contrôlait Magnotta, le battait, l'obligeait à l'appeler «Maître» et lui faisait manger ses déjections. Manny arrivait toujours à retrouver Magnotta et l'obligeait à se soumettre à ses désirs.

Ainsi, selon Magnotta, c'est Manny qui l'a obligé à tuer des chatons et en faire des films. C'est lui qui lui faisait faire des actes sexuels dégradants. C'est lui qui lui a dit de cesser de prendre ses médicaments. C'est lui qui l'a kidnappé pour l'amener à Miami, en janvier 2011, voyage qui a très mal tourné. C'est lui qui lui a ordonné de trouver un troisième homme en mai 2012, pour former un «trio» sexuel, le 19 mai 2012. Et Manny était encore dans le décor une semaine plus tard, quand Magnotta a tué et démembré Lin Jun.

Une personne réelle?

Mais Manny existe-t-il vraiment? Peut-il s'agir d'un personnage inventé par l'esprit schizophrénique de Magnotta?

C'est le point que la psychiatre Marie-Frédérique Allard a été invitée à commenter hier. La Dre Allard pense que Manny pourrait être une personne réelle que Magnotta a rencontrée à un certain moment. Il est difficile de départager ce qui relève de la psychose, selon elle. Magnotta a des interprétations paranoïdes.

Le procès se poursuit aujourd'hui.

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