Polytechnique: le ministre Blaney se tient loin du débat sur le contrôle des armes

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.... (Photo Adrian Wyld, archives PC)

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Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Ottawa

Le ministre fédéral de la Sécurité publique estime que c'est en continuant à gonfler les rangs des étudiants en génie que les femmes réussiront à panser les plaies de la tuerie de l'École polytechnique commise par un tireur misogyne il y aura bientôt 25 ans.

«Pour moi, la plus belle réponse qu'on peut faire à cet acte ignoble (...) c'est de faire en sorte que les femmes choisissent la profession d'ingénierie et refusent ce discours rétrograde qui va totalement à l'encontre des valeurs canadiennes», a soutenu lundi Steven Blaney.

«Oh boy», a plus tard réagi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, lorsqu'il a été invité à commenter les propos du ministre Blaney.

«Le fait que M. Blaney puisse dire une telle sottise en dit long sur l'individu», a-t-il lâché en mêlée de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

M. Blaney a offert cette analyse en marge d'une conférence de presse, lundi matin, lorsqu'on lui a demandé s'il avait choisi le moment approprié pour débattre d'un projet de loi visant à faciliter l'accès aux armes à feu, alors même que le 25e anniversaire de la fusillade se profile à l'horizon.

Après avoir fait part de son point de vue, il a tenu à spécifier que «plusieurs éléments» dans le projet de loi visaient en fait à «resserrer les lois entourant l'utilisation et la circulation des armes à feu, particulièrement les armes illégales».

Le ministre Blaney a indiqué qu'il n'avait pas été invité à participer aux activités commémoratives de la tragédie, qui a fait 14 victimes - toutes des femmes - et 13 blessés.

«Si j'ai des invitations qui me sont faites, je pourrai les considérer. Pour l'instant, je n'en ai pas à mon agenda», a-t-il signalé.

Le carton d'invitation pour les activités qui se dérouleront à Montréal le 6 décembre ne viendra pas, a assuré l'une des organisatrices de la journée, qui culminera avec une veillée aux chandelles sur le mont Royal, où est sise l'École polytechnique.

«C'était impossible d'inviter les gens du Parti conservateur, parce qu'ils ne correspondent pas du tout avec ce que nous avons fait depuis 25 ans (au chapitre du contrôle des armes à feu)», a déploré Sylvie Haviernick, dont la soeur cadette Maud est tombée sous les balles du tireur Marc Lépine.

«Alors non, ça ne nous tentait pas de les avoir à nos côtés cette journée-là. Pas du tout, même», a-t-elle poursuivi.

Les membres des autres formations politiques fédérales contemporaines n'ont pas non plus été officiellement invités à prendre part aux activités, mais la présence de membres du Parti libéral ou du NPD ne rebuterait pas les organisateurs, a assuré Mme Haviernick.

L'homologue de Steven Blaney à l'Assemblée nationale, Lise Thériault, a été invitée à titre de ministre de la Sécurité publique et de vice-première ministre, a confirmé lundi son attaché de presse, Jean-Philippe Guay.

Vendredi dernier, des associations et institutions du génie ont uni leur voix à celles d'ex-étudiantes et diplômées de l'institution pour appeler au retrait du projet de loi C-42, qui est actuellement à l'étude au Parlement.

L'une des survivantes de la tragédie du 6 décembre 1989, Nathalie Provost, a prévenu que le lobby des armes était «en train de gagner la guerre».

Les néo-démocrates et les libéraux ont d'ores et déjà signalé qu'ils s'opposeraient au projet de loi C-42, estimant que certaines de ses dispositions mettent en danger la sécurité des Canadiens.

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