FTQ: guerre de clochers sur carré rouge

Michel Arsenault... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Michel Arsenault

Photo: Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

(OTTAWA) Le conflit étudiant a provoqué des frictions entre la FTQ et des syndicats du Canada anglais.

Au plus fort du «printemps érable», le président de la centrale, Michel Arsenault, a pris la plume pour demander à ses confrères de le consulter avant de participer à des manifestations au Québec. Il prévient dans cette lettre que les associations étudiantes sont «épuisées» et «inquiètes».

M. Arsenault a écrit au président du Congrès du travail du Canada (CTC), Ken Georgetti, après avoir été informé que des membres de ce syndicat allaient prendre part à des activités pour appuyer la cause étudiante.

«Nous apprécions cet élan de solidarité, mais nous sommes estomaqués, c'est le moins qu'on puisse dire, que ces personnes n'aient pas communiqué avec la FTQ pour avoir une meilleure compréhension de la situation et savoir comment ils peuvent se rendre utiles», écrit-il.

Il rappelle qu'une entente conclue entre les deux centrales prévoit que c'est la FTQ qui coordonne les activités et les stratégies syndicales du Québec.

La lettre est datée du 28 mai, soit 10 jours après l'adoption de la loi spéciale (78), et quelques heures avant la dernière ronde intensive de négociations entre les associations étudiantes et le gouvernement Charest.

M. Arsenault exhorte ses confrères canadiens à «faciliter une entente négociée au lieu d'alimenter les feux».

«Des ailes plus radicales appellent à une grève sociale et nous ne croyons pas que ce soit LA stratégie à promouvoir pour le moment, écrit-il. Nous devons comprendre que, malgré leur force apparente, les associations étudiantes sont épuisées et inquiètes devant ce qui vient.»

Le jour même où il a reçu la lettre de M. Arsenault, M. Georgetti a expédié une note à tous les syndicats affiliés au CTC. Il dit avoir été informé de rumeurs selon lesquelles certains de ses membres prévoient organiser des «actes potentiellement illégaux en vertu de la loi 78».

«Je sais que tous les affiliés et fédérations respectent la compétence de la FTQ sur leur territoire et j'espère que de telles rumeurs ne sont que des rumeurs et ne s'avèrent pas fondées», a-t-il écrit.

Cette directive a provoqué des frictions au sein du mouvement syndical au Canada anglais. Certains blogueurs ont mis la main sur les lettres de MM. Arsenault et Georgetti, et les ont mises en ligne.

«Le CTC trahit les étudiants», peut-on lire sur l'un des sites, qui appelle les militants du monde syndical à verser des dons à la CLASSE.

La correspondance entre les deux leaders syndicaux démontre que «la compétence syndicale prend le pas sur la solidarité syndicale», peut-on lire sur un autre site.

La Presse n'a pu joindre M. Arsenault, hier.

La FTQ a cependant clarifié sa position dans un message qui a circulé dans les médias sociaux, et qui était destiné aux militants syndicaux du Canada anglais.

«En aucun cas Michel Arsenault n'a dénoncé ou rejeté l'appui de syndicats du Canada anglais à la lutte étudiante, peut-on lire dans le message. Il les a invités à communiquer d'abord avec lui, comme le protocole le stipule, afin de bien coordonner les diverses interventions.»

Étudiants froissés

Selon nos informations, la lettre de M. Arsenault a aussi fait grincer des dents au sein du mouvement étudiant québécois.

La CLASSE, reconnue comme plus radicale que la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale (FECQ), a préféré ne pas commenter la lettre, hier. Ses représentants rencontreront M. Arsenault au cours des prochains jours.

La FEUQ affirme qu'elle n'avait pas été informée de l'existence de la lettre avant hier. Après en avoir pris connaissance, Yanick Grégoire, vice-président exécutif, a affirmé ne pas partager l'analyse que fait M. Arsenault du conflit étudiant.

«C'est une lutte de longue haleine, a indiqué M. Grégoire. C'est certain que c'est difficile. Mais les étudiants et leurs représentants ne sont pas épuisés. On continue la lutte.»




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