La CLASSE exclue, la guerre de mots continue

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Line Beauchamp... (Photo Reuters)

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Line Beauchamp

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Pascale Breton et Tommy Chouinard
La Presse

Les négociations sont rompues entre le gouvernement et les étudiants. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a exclu la CLASSE de la table de discussion hier, ce qui a poussé les fédérations étudiantes à se retirer par solidarité.

Du grabuge et des actes de vandalisme ont été commis mardi soir lors d'une manifestation à Montréal. En matinée, la ministre Beauchamp a d'abord déploré ces gestes «inacceptables et intolérables», survenus pendant une trêve de 48 heures.

En après-midi, elle a montré la porte à la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). «La CLASSE s'est exclue d'elle-même», a affirmé Mme Beauchamp, qui sortait d'une réunion du Conseil des ministres. Elle a ajouté «qu'on ne peut pas impunément poser des gestes graves de perturbations sociales et économiques».

La manifestation de mardi soir, de même que deux autres qui ont eu lieu hier, était clairement annoncée sur le site de la CLASSE. On y parlait d'une «ostie de grosse manif» et de la «trêve ridicule de la ministre Beauchamp». La CLASSE se défend toutefois d'avoir organisé l'événement de mardi, qui s'est soldé par de la casse.

«On ne peut pas cultiver l'ambiguïté, vouloir être à la fois autour de la table de discussions menées de bonne foi et dans le camp de la perturbation sociale et économique», a affirmé la ministre Beauchamp, en répétant à plusieurs reprises qu'il fallait «choisir son camp».

Elle a invité les deux fédérations étudiantes à poursuivre les discussions. «Je ne peux pas croire que l'ensemble du mouvement étudiant choisisse de s'identifier à des gestes de violence et de vandalisme», a-t-elle dit.

Les fédérations ont immédiatement réagi en se montrant solidaires de la CLASSE. «C'est assez. On n'est pas présentement dans une classe. La ministre doit arrêter de jouer à la maîtresse d'école, de donner des punitions et des conséquences à tout le monde», a déclaré la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, s'est dit extrêmement déçu de la tournure des événements. Il a reproché à la ministre de ne pas respecter la trêve qu'elle a elle-même imposée.

«On n'a d'autre choix que de suspendre le processus de négociation jusqu'à ce que la situation se clarifie», a-t-il dit. Il soupçonne le gouvernement de préparer en coulisse le déclenchement d'élections.

La FEUQ a réitéré la proposition faite à la CLASSE en début de semaine de lui offrir deux places dans sa délégation. La FECQ entend aussi rester solidaire de la CLASSE. Les deux fédérations refuseront donc de réintégrer la table de négociation en l'absence de membres de la CLASSE. Line Beauchamp n'a pas voulu réagir.

La CLASSE a accepté la «main tendue» de la FEUQ. Son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, a accusé la ministre de vouloir «saboter les discussions». La raison invoquée par Mme Beauchamp pour exclure son organisation est un prétexte, selon lui. «Le prétexte cache la vraie raison: elle ne veut pas parler de la hausse des droits de scolarité», a-t-il lancé. D'après lui, la ministre s'attarde à «d'infimes détails» pour «envenimer» la situation.

«Line Beauchamp vient de rallonger la grève de beaucoup et vient surtout de jeter beaucoup d'huile sur le feu», a-t-il tonné.

Il a plaidé que la CLASSE n'est pas responsable de tous les événements qui figurent à son calendrier, puisqu'il s'agit d'une «plateforme ouverte pour diffuser l'information».

Gabriel Nadeau-Dubois n'a pas voulu lancer d'appel au calme, tandis qu'une manifestation était attendue en soirée. «Je n'ai pas le pouvoir d'appeler au calme, et je ne le ferai pas. Ce n'est pas mon rôle», a-t-il dit, rappelant que le mandat qu'il a obtenu de ses membres est de condamner la violence physique contre des individus.

Pour la chef du Parti québécois, Pauline Marois, «il est temps que les esprits se refroidissent». Elle demande au gouvernement de suspendre la hausse des droits de scolarité prévue pour cette année. «C'est la seule chose à faire pour mettre fin à ce conflit», a-t-elle dit. Ce serait «une façon de se trouver un espace pour être capable de discuter sérieusement, convenablement, avec les étudiants et de trouver une solution plus définitive qui va satisfaire les personnes en cause». En effet, selon elle, «un dialogue ne peut avoir lieu présentement». «Il faut que cessent à tout prix les gestes de violence, a-t-elle ajouté. J'en appelle aux étudiants. Les gestes que nous avons vus dans les dernières heures ne servent que le premier ministre.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, demande à la FEUQ et la FECQ de poursuivre les négociations sans la CLASSE. Si elles refusent, le premier ministre Jean Charest «devra s'assurer que les cours reprennent». «Et si cela s'avérait impossible, le trimestre devrait être annulé», a-t-il indiqué. Contrairement au PQ, la CAQ appuie la hausse des droits de scolarité de 325$ par année pendant cinq ans.

 

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