La CEIC s'intéresse aux liens d'Accurso avec le crime organisé

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Tony Accurso

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L'entrepreneur Tony Accurso assure qu'il n'a jamais payé de pizzo à la mafia italienne afin de pouvoir mener des affaires sur le territoire de Montréal en toute quiétude.

« Je n'ai jamais amené de l'argent à tout ce beau monde là. Je n'ai jamais payé une cenne pour aucune raison à qui que ce soit à M. Rizzuto ou à un membre de son entourage. Jamais. », a-t-il déclaré devant la commission Charbonneau, ce matin.

« On ne vous a jamais approché en vous disant: ''écoutez on a un territoire. M. Accurso, la paix ça s'achète'' », lui a alors demandé la procureure en chef de la Commission, Me Sonia Lebel.

Live Blog CEIC: témoignage de Tony Accurso

« Quand il n'y a pas de guerre, il n'y a pas de raison de faire la paix », a renchéri M. Accurso.

Après avoir effleuré le sujet la semaine dernière, la Commission a commencé à véritablement scruter les relations de Tony Accurso avec le clan Rizzuto. Au premier jour de son témoignage Accurso avait déclaré que le défunt chef de la mafia Montréalaise Vito Rizzuto et son fils Nick Jr (également décédé) était de « petits contacts. »

Plus tard dans la semaine, la Commission a diffusé une écoute électronique entre l'ancien président de la FTQ Michel Arsenault et le président du C.A. de l'Industrielle Alliance, John Le Bouthiller, qui porte à croire que les policiers sont en possession d'un cliché montrant Tony Accurso et le chef défunt de la mafia montréalaise Vito Rizuto en train de se faire une accolade.

La Commission n'a pas montré cette fameuse photo aujourd'hui. Elle a cependant révélé qu'un rapport de filature du projet Colisée rapportait une accolade entre Vito Rizzuto et Accurso le 14 février 2002.

« C'est une tradition italienne, je fais des accolades avec mes amis, avec mes enfants, avec clients du restaurant, avec des leaders syndicaux», s'est justifié aujourd'hui. « Je pense que les Russes font la même chose. »

Accurso a insisté sur le fait qu'il n'était pas un membre du crime organisé. « Ça ne veut pas dire qu'on a un nom italien qu'on fait partie du crime organisé », a-t-il dit.

Rond-point l'Acadie

Tony Accurso affirme qu'il n'a jamais été approché pour participer à du truquage d'offres sur le territoire de Montréal, « sauf une fois, dans le cas de Lino Zambito », a-t-il indiqué ce matin. « Je n'ai aucune difficulté à soumissionner sur aucun territoire », a-t-il ajouté.

Lors de son témoignage, en octobre 2012, l'entrepreneur Lino Zambito a déclaré que Vito Rizzuto avait joué le rôle d'arbitre dans le partage du contrat de réfection du Rond-point l'Acadie. Les entreprises de Zambito et d'Accurso, Infrabec et Louisbourg Construction, ont finalement remporté différents contrats liés au projet. Dans tous les cas, leurs soumissions dépassaient largement les estimations du MTQ et ont entraîné des dépassements de coûts importants.

Tony Accurso n'a pas confirmé qu'une rencontre à trois avait bel et bien eu lieu dans son restaurant, mais il a dit que Vito Rizzuto l'avait effectivement approché. « Il m'a dit que Lino Zambito était intéressé d'avoir la job et je lui ai dit ok, pas de problème, qu'il soumissionne. »

Rencontre Mafia-Hells: pas de souvenir

La Commission a aussi abordé une rencontre au sommet qui a eu lieu en juin 2000 entre les Hells Angels et la Mafia Italienne au Tops Resto Bar, propriété d'Accurso. La rencontre visait à fixer le prix de la cocaïne sur le territoire Montréalais. Vito Rizzuto était présent. Le chef des Hells, Maurice « Mom » Boucher, qui devait être présent, ne s'est finalement pas présenté au rendez-vous.

« C'est la première fois que j'entends parler une rencontre de ce type dans mon restaurant », a dit Accurso en ajoutant qu'il n'avait jamais rencontré Mom Boucher.

Le maire de Terrebonne serait allé deux fois sur le Touch

Ce matin, Tony Accurso a contredit le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, en confirmant qu'il avait probablement séjourné sur son yacht deux fois plutôt qu'une. C'est aussi l'entrepreneur qui aurait déboursé tous les frais du voyage.

Or, dans un communiqué de presse publié en novembre 2013, Robitaille avait déclaré qu'il avait séjourné sur le Touch de façon purement fortuite.

Sur la photo: Tony Accurso (à gauche), l'ingénieur... (PHOTO FOURNIE PAR LA CEIC) - image 4.0

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Sur la photo: Tony Accurso (à gauche), l'ingénieur Aurelle Théberge, le maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille (en bas) et l'entrepreneur Normand Trudel (à droite).

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« Lors de vacances personnelles planifiées et amorcées avec ma conjointe à Saint-Thomas il y a de cela plusieurs années, nous y avons rencontré dans un lieu public Normand Trudel et Tony Accurso, accompagnés de leurs conjointes, qui nous ont alors invités à passer un moment avec eux sur le bateau de ce dernier, écrivait-il à l'époque. Je vous confirme que je suis allé sur le bateau de Tony Accurso, mais jamais en compagnie de l'ancien maire de Mascouche, Richard Marcotte et encore moins dans le cadre de vacances planifiées et payées par Tony Accurso. »

La Commission a débuté ses audiences en montrant quelques photos du maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille et de l'entrepreneur Normand Trudel sur le Touch, photos datées de mars 2008 et de février 2006. La procureure, Me Sonia Lebel, lui a demandé s'il était possible que le maire ait effectué deux voyages sur son bateau. Accurso a répondu que oui et qu'il avait déboursé les frais.

La commission Charbonneau a repris l'interrogatoire de l'entrepreneur Tony Accurso en le questionnant sur l'acquisition d'un vaste terrain de 12 millions de pieds carrés, zoné agricole. Il s'agit de l'ancienne pépinière de la Ville de Montréal, vendue à la SOLIM, le bras immobilier du Fonds de solidarité FTQ en 2005 pour 2,4 millions de dollars.

Lorsque la SOLIM et Accurso ont rompu leur partenariat en 2010, ce dernier a acheté le terrain au coût de 2,8 millions.

Dans une conversation électronique interceptée en octobre 2012 entre Accurso et un courtier immobilier, il révèle qu'il souhaite vendre le terrain 50 millions tel quel ou 120 millions avec l'ajout de services comme des routes et des égouts.

Me Sonia Lebel a demandé à Accurso s'il avait invité Robitaille sur le Touch afin qu'il puisse avoir un contrôle sur le moment du dézonage, qui dépend du conseil municipal.

« On est pas dans les années Duplessis, vous avez littéralement des centaines de personnes qui doivent passer là-dessus, des comités... J'aurais été bien mieux de rencontrer des gens du gouvernement provincial »

« Je pense qu'un maire doit jouer son rôle dans sa ville, mais il ne contrôle pas la planète », a-t-il ajouté.

Dans un très bref communiqué de presse, la Ville de Terrebonne a réagi en affirmant qu'elle vient de mandater ses procureurs d'analyser «tout ce qui ce qui a été mentionné par la procureure en chef, Me Sonia LeBel, et par le témoin Antonio Accurso.»

«Après une première écoute, la Ville de Terrebonne est d'avis que plusieurs allégations formulées lors de différents échanges entre la procureure et le témoin concernant le dossier de l'ancienne pépinière de Montréal portent faussement et injustement préjudice au maire ainsi qu'à la municipalité. Une analyse rigoureuse basée sur des faits réels, leur chronologie et sur des fondements juridiques viendra guider la Ville dans ses commentaires futurs relativement à ces mêmes allégations. Pour cette raison, et ce, tant que l'analyse juridique ne sera complétée, ni la Ville ni le maire n'émettront d'autres commentaires à ce sujet»




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