La commission Charbonneau accuse du retard

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La commission Charbonneau devance de trois semaines la fin de ses audiences cet automne. Cette longue pause hivernale de sept semaines, qui débutera jeudi, permettra de rattraper le retard entraîné par les deux importantes démissions survenues ces dernières semaines.

La Commission avait annoncé voilà quelques semaines que ses audiences prendraient une pause à partir du 20 décembre 2012 pour reprendre le 14 janvier. Ce plan de match a toutefois été chamboulé ce matin. La procureure en chef, Me Sonia Lebel, a demandé à ce que les travaux publics ajournent dès ce jeudi, soit avec trois semaines d'avance. Elle a précisé que la reprise aurait lieu seulement le 21 janvier.

«Je demanderais de terminer les audiences dès cette semaine. Cela permettra aux procureurs de la Commission de rencontrer les témoins potentiels», a exposé Me Lebel.

Lors d'un point de presse, la procureure en chef a reconnu que les démissions de deux procureurs d'expérience ont ralenti la progression de la Commission. Me Sylvain Lussier, qui assurait le poste de procureur en chef jusqu'à son départ, a démissionné en raison de ses liens passés avec certaines entreprises qui pourraient être impliquées. Me Claude Chartrand a démissionné de son poste de procureur en chef adjoint, mécontent de son travail. «Il serait difficile de nier que ça n'a pas eu d'impact, mais ce n'est pas lié entièrement», a-t-elle indiqué.

Pour l'heure, 90 personnes travaillent à la Commission, mais de nouvelles embauches sont à prévoir. Me Lebel a indiqué que de nouveaux procureurs pourraient faire leur entrée en scène pour pallier les deux départs. Me Denis Gallant a par ailleurs été nommé ce matin procureur en chef adjoint, en remplacement de Me Chartrand.

Me Lebel a ajouté que cette pause hivernale est nécessaire devant la masse d'information à vérifier avant de la présenter publiquement. «La rencontre et la recherche de témoins pour les audiences publiques de la Commission génèrent un travail colossal tant pour les procureurs que les enquêteurs et les analystes. Nous avons besoin de ce temps pour maintenir la qualité des audiences», a-t-elle poursuivi.

La commissaire Charbonneau a accepté la demande «sachant qu'entre-temps, le travail ne manquera pas».

Une pause étonnante

Cette pause rapide étonne puisque de nombreuses personnes ont reçu des subpoenas et devaient témoigner avant la pause hivernale. En fait, des 50 témoins annoncés pour l'automne, seulement 28 ont défilé jusqu'à présent.

Me Lebel avait annoncé il y a deux semaines avoir remanié l'ordre des témoins entendus lors des audiences. Ces changements surviennent après les difficultés rencontrées lors du témoignage de quatre fonctionnaires montréalais.

Après les confessions de Luc Leclerc et Gilles Surprenant, qui ont reconnu avoir empoché des centaines de milliers de dollars en pots-de-vin, quatre de leurs anciens collègues ont nié en bloc toute malversation de leur part. Gilles Vézina, Yves Themens, Michel Paquette et François Thériault ont tour à tour nié avoir reçu de l'argent en échange de leur collaboration au système de collusion. Ils ont tous néanmoins reconnu avoir reçu de nombreux cadeaux de la part d'entreprises en construction obtenant de nombreux contrats à Montréal.

Depuis, la Commission entend des entrepreneurs qui se sont frottés de près au cercle fermé qui aurait pris le contrôle de l'octroi des contrats dans la métropole.

«Quelques témoins» sont encore prévus pour dévoiler des situations de «l'infiltration du crime organisé et la collusion entre entrepreneurs sur l'île de Montréal», a affirmé la procureure en chef, Me Sonia Lebel.

La session automnale de la commission prendra fin vers la fin de la semaine, alors que des experts viendront expliquer les règles d'octroi des contrats à la Ville de Montréal.

Ipex a invité Robert Marcil à un voyage de chasse

Les audiences de la commission se sont poursuivies aujourd'hui avec le témoignage de Michel Cadotte, directeur des ventes d'Ipex, fabricant de tuyaux d'aqueducs et d'égouts.

Lors du contre-interrogatoire de Michel Cadotte, l'avocat de la Ville de Montréal, Me Martin St-Jean, s'est affairé à démontrer que la métropole avait de bonnes raisons d'écarter les tuyaux de PVC produits par Ipex. Il a exposé que les tuyaux de fonte utilisés sur l'île seraient plus résistants, plus faciles à réparer et que leur composition en métal servirait de mise à terre pour protéger les résidences contre les incendies causés par la foudre.

Dans son témoignage, Michel Cadotte a révélé que, si sa compagnie a toujours refusé de verser des pots-de-vin en argent, Ipex a déjà contribué au parti de l'ex-maire Gérald Tremblay et payé des voyages de chasse à un haut fonctionnaire.

La compagnie a participé à deux activités de financement d'Union Montréal. Lors de ces rencontres avec l'ancien maire, l'entreprise a pu exposer ses difficultés à vendre ses produits. Fait particulier, Ipex avait libellé son chèque au nom de la firme de génie Génivar, qui organisait l'activité. Rappelons qu'il est illégal pour une entreprise de financer un parti politique.

L'ancien directeur des travaux publics de Montréal, Robert Marcil, a effectué un voyage de chasse aux frais d'Ipex. Les participants ont alors pu abattre des chevreuils qui avaient été capturés auparavant.





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