Procès Turcotte: les enfants déplacés pendant leur agonie

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Guy Turcotte

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Affaire Guy Turcotte

L'ex-cardiologue Guy Turcotte est accusé de la mort de ses enfants, Olivier, cinq ans, et Anne-Sophie, trois ans. »

(Saint-Jérôme) La scène qui s'est déroulée dans les chambres d'Anne-Sophie et Olivier, le soir où ils ont été tués par leur père, le 20 février 2009, est inscrite en lettres de sang. Leur sang. La lecture que fait l'expert en projections de sang, François Julien, de ce récit, c'est que les petits ont été déplacés pendant leur agonie.

C'est, entre autres, ce qui se dégage du témoignage détaillé que M. Julien, biologiste judiciaire aujourd'hui à la retraite, a livré, hier, devant le jury chargé de juger Guy Turcotte. M. Julien s'est rendu à la maison de Piedmont, le 22 février 2009, pour expertiser la scène de crime. «Ce n'est pas la boule de cristal. Une scène, quand tu la regardes, ça ne ment pas», a dit celui qui a travaillé près de 34 ans au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale.

Dans le cas qui nous occupe, les deux enfants gisaient sur le dos dans leur lit, dans leurs chambres respectives. Ils présentaient de nombreuses plaies à l'abdomen. Des photos des petits corps mutilés ont été montrées au jury, hier. Les images sont difficiles à regarder, mais nécessaires, estime manifestement la Couronne. Le visage souriant de Dora l'exploratrice, sur le tapis de la chambre d'Anne-Sophie, rend le tableau encore plus insensé. Même constat, quand on observe la poupée et le long couteau qui se trouvaient en partie sous le corps d'Olivier.

Cheveux et sang

M. Julien a expliqué que la fillette de 3 ans avait été poignardée alors qu'elle était sur le dos. Elle a ensuite été retournée sur le ventre. Puis elle est revenue à sa position finale, sur le dos. Elle avait des cheveux dans les mains. C'était les siens. Ce n'est pas inhabituel, a expliqué M. Julien. Quelqu'un qui se fait battre ou poignarder a tendance à porter ses mains à la tête et peut s'arracher les cheveux.

L'agresseur (Guy Turcotte admet que c'est lui) a laissé une empreinte sanglante sur le rebord du lit d'Anne-Sophie. Il a appuyé son genou gauche sur le rebord du lit, alors qu'il y avait du sang d'Anne-Sophie sur son pantalon.

En ce qui concerne le bambin de 5 ans, l'expert croit qu'il a été attaqué au pied du lit, mais que l'agression s'est poursuivie sur le lit. Il relève des traînées et des traces de frottements de vêtements sur le drap qui mènent à la position finale du petit. L'enfant a été couché sur le côté gauche, selon lui, à un certain moment, puis il a été retourné sur le dos. Les nombreuses gouttelettes de sang témoignent qu'Olivier a râlé. «Pendant la période agonique, de l'air sort des poumons», a précisé M. Julien.

L'expert a aussi parlé du sang présent sur la poignée de porte de la chambre d'Anne-Sophie. C'était celui d'Olivier. Cela tend à montrer qu'Olivier a été attaqué le premier et que la porte de la chambre d'Anne-Sophie était fermée avant que M. Turcotte n'y pénètre.

À la demande de la procureure de la Couronne Maria Albanese, M. Julien a sorti d'un sac la chemise que Guy Turcotte portait le soir du drame. La chemise à carreaux, à manches longues, est tachée de gouttelettes de sang. On remarque aussi une tache de sang de plus grande taille au poignet gauche. Là encore, ces taches sont révélatrices, pour l'expert.

«Si on maintient quelqu'un d'ensanglanté avec la main gauche, pendant qu'on le poignarde avec l'autre main, c'est exactement ce genre de phénomène là qu'on observe», a dit M. Julien, en étalant la chemise devant le jury.

Ce jury est maintenant amputé d'une personne. La jurée numéro six, une bouchère, ne s'est présentée au palais de justice qu'à 11h30. Le juge André Vincent a accepté de la libérer de sa charge, pour «raison de santé ou autre», ainsi que la loi l'y autorise. Le procès se poursuivra avec onze jurés, mais il fera relâche pour le reste de la semaine parce qu'un juré doit subir une intervention chirurgicale à une main, aujourd'hui. Le procès reprendra lundi, avec la suite du témoignage de M. Julien.

Rappelons que M. Turcotte, qui était cardiologue au moment des faits, est accusé des meurtres prémédités de ses deux enfants. Le drame est survenu dans un contexte de séparation. La mère des petits, Isabelle Gaston, a témoigné lundi et mardi.

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