La Société québécoise du cannabis embauchera en juin

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La Société québécoise du cannabis (SQDC) offrira 150 produits - de souches et de puissances différentes - dès le départ, mais seulement sous forme de fleurs séchées (buds) ou d'huile.

photo Darryl Dyck, archives La Presse canadienne

Pot vendu autour de 6 $ le gramme pour concurrencer le marché noir, 150 produits différents sur les tablettes : la future Société québécoise du cannabis (SQDC) se dit presque prête pour la légalisation. Prochaine étape : embaucher et former les employés des 20 premières succursales, à qui incombera la délicate tâche de faire de l'« éducation et de la vente responsable ».

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Les dessins techniques imposés pour l'appel de soumissions du mobilier

Dessin technique tiré d’un appel d’offres de la SAQ

PRIX À 6 $ LE GRAMME, MAIS PAS DE « RABAIS-VOLUME »

La Société des alcools du Québec (SAQ) a lancé un appel de soumissions pour faire construire le mobilier de ses 20 premières succursales. Bien que la loi interdise la vente de cannabis en vrac derrière les comptoirs, « le design des magasins est prévu pour laisser une marge de manoeuvre pour que les produits soient vus par les clients », explique le PDG de la SAQ, Alain Brunet. « Nous sommes en train de voir avec le ministère de la Santé et des Services sociaux s'il sera possible que les clients puissent aussi sentir les produits, un peu comme des parfums. » Les produits seront cependant vendus préemballés dans des sachets scellés, dans différents formats correspondant à ceux qu'on voit communément sur le marché noir. « On va vendre des sachets de 3,5 grammes avec le prix ajusté en conséquence, illustre M. Brunet. Nous nous sommes collés sur la réalité, avec le gramme vendu autour de 6 $ », indique le PDG. Un total de 150 produits, de souches et de puissances différentes, seront offerts dès le départ, mais seulement sous forme de fleurs séchées (buds) ou d'huile. Tous les produits seront aussi offerts en ligne sur le site de la SQDC dès le premier jour de la légalisation.

DES MAGASINS « LABORATOIRES » APPELÉS À ÉVOLUER

Pour le concepteur en architecture Pierre Olivier Bureau-Alarie, les dessins techniques imposés pour l'appel de soumissions du mobilier « ne laissent pas place à une grande interprétation ». « On sent que c'est très politique et épineux comme projet, et le concept n'est pas très fantasque », estime-t-il. « J'irais même jusqu'à dire que c'est très conservateur. On a l'impression qu'ils veulent carrément cacher le produit ; c'est comme une pharmacie, avec des petites capsules de 6 pouces sur 6 pouces pour placer les produits. On est loin de la vente de vin, qui met fortement en valeur les bouteilles », ajoute le concepteur en architecture. Selon le PDG de la SAQ, le concept des magasins est appelé à évoluer avec le temps, à mesure que la SQDC comprendra le marché qui se mettra en place. « Nous n'avons pas la prétention de tout faire parfaitement. Nous voulons tracer une ligne, jeter les bases pour nous orienter, et tout changer rapidement si nécessaire. Il faut voir, pour l'instant, ces magasins comme des laboratoires », affirme M. Brunet.

DE 10 À 15 EMPLOYÉS PAR MAGASIN

Chaque magasin sera ouvert de 10 h à 22 h. La SQDC commencera l'embauche du personnel « dès juin ». Ces personnes devront se soumettre à une habilitation sécuritaire et devront suivre une formation, dont le contenu est en train d'être élaboré par le ministère de la Santé et des Services sociaux. De l'information sera fournie aux clients sur supports informatiques en magasin, mais les employés parleront aussi des produits. « Il y a des éléments scientifiques, touchant par exemple à la production des plantes et à leurs variétés, que les employés pourront transmettre à la clientèle. On va vous conseiller, on peut aussi parler des effets, mais pas dans un but promotionnel », précise M. Brunet. Les emplacements sont déjà choisis à Drummondville, Trois-Rivières, Lévis, Québec et Montréal, mais les baux ne sont pas signés.

DE LA PLACE POUR DES « PASSIONNÉS »

La SQDC se dit ouverte à embaucher des employés qui ont déjà des connaissances sur le cannabis provenant du marché noir, « dans la mesure où elles entrent dans le cadre » qu'impose la loi. « C'est bien qu'on ait des gens qui s'intéressent beaucoup au cannabis, ou qui ont même une passion de ça. Nous allons les encadrer, en fonction de notre mission sociale d'éducation et de vente responsable. On ne veut pas des gens qui se passionnent juste pour le produit, en faisant abstraction de l'éthique sociale », indique le PDG de la SAQ. Contrairement aux employés de la SAQ, qui ont droit à des rabais sur l'alcool, ceux de la SQDC n'auront pas droit à un tel avantage. « Y aura pas de dégustation, ça, c'est sûr. C'est très normé, nos affaires », indique M. Brunet.

LA CLIENTÈLE « ASSIDUE » CONSULTÉE

La SQDC, qui croit pouvoir réduire de 30 % la place du marché noir dès la première année, a mené des consultations auprès de groupes-cibles (focus groups) de grands consommateurs de marijuana - « ceux qui représentent la clientèle du marché noir et qu'on souhaite convertir », explique M. Brunet. Elle s'est rendu compte que trois éléments sont cruciaux pour les fidéliser : le prix, la qualité du service et la traçabilité des produits. « Les gens étaient très craintifs et rébarbatifs à l'idée de l'étatisation de la vente de cannabis, mais à la fin, le côté qui les rassurait, c'est le contrôle de la qualité. Tous ces gens disaient : "Mon vendeur, c'est mon chum, je le connais depuis 10 ans et je lui fais confiance", mais à la fin, ils se rendaient compte qu'ils ne savent pas du tout ce qu'il y a là-dedans, mais qu'avec la légalisation, les produits sont sécuritaires », affirme M. Brunet.




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