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Immigration : manif sans heurts à Saint-Bernard-de-Lacolle

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Les membres de Storm Alliance, certains portant un foulard blanc cachant le bas de leur visage, brandissaient des drapeaux du Québec et des Patriotes à leur arrivée sur les lieux.

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(Saint-Bernard-de-Lacolle) Le face-à-face qui promettait d'être tendu entre le groupe identitaire Storm Alliance et les manifestants antifascistes s'est finalement déroulé sans heurts, samedi au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle. Tout au long de l'affrontement, qui aura duré un peu plus de deux heures, les autorités policières ont exercé une surveillance serrée ne laissant rien déborder.

Le Comité de réponse antiraciste et antifasciste et le regroupement Solidarité sans frontières avaient appelé leurs membres à manifester à la frontière canado-américaine sur le coup de 10h. Le mouvement pro-immigration répliquait ainsi à l'appel lancé par Storm Alliance sur les réseaux sociaux à manifester contre les politiques «destructrices» de Justin Trudeau. 

Des affrontements entre les parties divisées, notamment sur la question de l'immigration, ont eu lieu samedi dans différentes villes canadiennes, en Alberta, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Avant midi, des dizaines de militants, dont Jaggi Singh, qui a été arrêté lors de la manifestation corsée du 20 août à Québec, sont débarqués pour afficher «leur ouverture aux immigrants».

«Notre message est simple et clair. C'est un message de bienvenue. Nous sommes à la frontière aujourd'hui parce que c'est autant symbolique que concret», a lancé le porte-parole Anas Bouslikhane. «C'est pour leur dire que les réfugiés sont les bienvenus au Canada, il y a de place pour tout le monde. Il n'y a pas de raison pour la panique, il n'y a pas de crise.» 

Rapidement, les manifestants se sont postés tout au bout du chemin Guay qui donne accès aux campements temporaires installés cet été pour accueillir l'important nombre de demandeurs d'asile. Leur objectif était d'empêcher les membres de Storm Alliance de manifester devant les camps et «d'intimider» ainsi les réfugiés. Il faut dire néanmoins que les camps étaient déserts.

L'intensité est montée d'un cran à l'arrivée d'une première vague de membres de Storm Alliance, vers 12h45. Les policiers se sont interposés à la rencontre des deux clans, limitant complètement les déplacements sur une distance de quelques mètres. Le groupe identitaire, qui refuse l'étiquette d'extrême droite ou xénophobe, a joué la carte du pacifisme.    

S'immobilisant devant le barrage policier, la cinquantaine de premiers manifestants ont levé les bras, montrant des signes de paix avec les doigts. De l'autre côté, les militants scandaient des slogans antiracistes et antifascistes. Peu de temps après, Storm Alliance a fait arriver, en plus grand nombre cette fois, le reste de ses troupes. 

La police a procédé à une seule arrestation, avant l'affrontement, soit celle d'un homme qui aurait commis des méfaits sur un immeuble public. La Sûreté du Québec indique qu'il n'est pas exclu que des accusations soient portées ultérieurement. 

Le président de Storm Alliance s'est adressé aux médias voulant clarifier la position du «groupe citoyen». «La classe moyenne est au rendez-vous aujourd'hui», a affirmé Dave Tregget, témoignant, selon lui, du ras-le-bol populaire contre des gouvernements «qui ne les écoutent pas». Pas question ici de s'afficher contre l'immigration, mais contre «le libéralisme», a-t-il prévenu.

«Le problème qu'on a avec l'immigration, c'est la façon dont les libéraux invitent tout le monde à venir ici, mais ne déploient pas les ressources pour bien les intégrer après», a poursuivi M. Tregget, soutenant que son groupe tient à ce que les gouvernements offrent de meilleures conditions aux immigrants et réfugiés à leur arrivée au Canada.

Sur le terrain, la police antiémeute n'a fait que renforcer la zone tampon entre les deux clans. Des insultes volaient de part et d'autre. Storm Alliance a même repris les slogans des manifestants de Solidarité sans frontières, en scandant à leur tour : «Tout le monde déteste les racistes». Pour M. Bouslikhane, le groupe identitaire «improvise» et «ne sait pas ce qu'il veut».

Un peu avant 15h, Storm Alliance a plié bagage et remonté dans trois autobus scolaires. Environ une demi-heure plus tard, les autres manifestants faisaient de même, dans autant d'autobus. «Si le message était aujourd'hui de dire bienvenue aux réfugiés et non aux racistes, ce sont les deux choses qu'on a faites. Nos objectifs sont atteints», a conclu Anas Bouslikhane.

La Sûreté du Québec n'a procédé à aucune arrestation. Le poste frontalier, qui a été fermé à l'entrée vers le Canada pendant la manifestation, a été rouvert vers 15h30.  

***

Les manifestants antifascistes, dont certains avaient le visage caché, ont scandé des slogans antifascistes et antiracistes.

Le militant Jaggi Singh a scandé des propos antiracistes et pro-immigration pendant que les clans s'affrontaient.

Les membres de Storm Alliance, certains portant un foulard blanc cachant le bas de leur visage, brandissaient des drapeaux du Québec et des Patriotes à leur arrivée sur les lieux.

Un homme seul, non membre de Storm Alliance, s'est présenté à la manifestation très tôt. Camil Doherty en a contre les politiques d'immigration des gouvernements Trudeau et Couillard. Il n'a pas pu avancer bien loin sur le chemin Guay avant d'être escorté par les policiers devant la tension qui montait entre l'homme et les manifestants.




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