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SAQ: une étude secrète sur la consigne rendue publique

Selon la SAQ, le taux de récupération des... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Selon la SAQ, le taux de récupération des bouteilles de vin a monté en flèche au cours des dernières années.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Une étude comptable commandée par la SAQ en 2006 estimait que la consigne des bouteilles de vin et d'alcool coûterait annuellement de 4 à 20,5 millions à la société d'État, a appris La Presse. La firme KPMG espérait que le système fasse monter en flèche le taux de recyclage du verre au Québec.

La Société des alcools du Québec (SAQ) vient d'être forcée de rendre public le document après une bataille de plusieurs années contre des écologistes, devant la Commission d'accès à l'information, afin qu'il demeure confidentiel.

La consigne des bouteilles de vin et d'alcool fait l'objet de vifs débats depuis quelques années : la SAQ s'y oppose fermement, alors que le ministre de l'Environnement et les écologistes y sont favorables.

Le rapport évalue qu'en 2006, il aurait fallu fixer la consigne à 57 cents par bouteille pour que le système de consigne s'autofinance, grâce à la proportion des acheteurs qui ne retourneraient pas leurs bouteilles - environ 25 %, croient les auteurs.

Mais les options retenues comme réalistes - une consigne fixée entre 10 et 40 cents la bouteille - auraient toutes entraîné des manques à gagner. Le « point milieu », à 25 cents la bouteille, créait ainsi des coûts annuels de 13,9 millions pour la SAQ, si un quart des bouteilles consignées ne lui étaient pas retournées.

En outre, KPMG évaluait à 36,1 millions les coûts d'installation du système durant la première année d'exploitation.

Le système de consigne permettait à la SAQ d'atteindre des « objectifs de récupération élevés », mais engendrait une « réduction de la profitabilité », toujours selon l'étude.

L'ÉTUDE CRITIQUÉE

C'est le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) qui a obtenu le document au terme d'une bataille devant la Commission d'accès à l'information.

Hier, en entrevue, son porte-parole s'est dit insatisfait de la rigueur du document. Karel Ménard regrette notamment que les revenus que l'on peut tirer de la vente du verre n'aient pas été pris en compte, non plus que la possibilité d'utiliser les camions de la SAQ plutôt que de sous-traiter le transport des bouteilles vides.

« Pour la SAQ, ce qui prédomine dans son approche, ce sont les coûts de mise en place d'un tel système et de son exploitation, a dénoncé l'organisme dans son analyse du rapport. La réelle performance environnementale d'un système de consigne n'est pas dans ses priorités. »

UN SYSTÈME « IRRÉALISABLE »

Du côté de la société d'État, on affirme que la situation a évolué de façon à rendre « irréalisable » un système de consigne des bouteilles de vin.

« La SAQ mise sur des succursales accessibles, bien positionnées et situées dans des locaux loués dont l'espace et la raison d'être ne permettent pas d'entreposer des contenants vides », a expliqué la responsable de l'accès à l'information, Martine Comtois, dans une lettre de plusieurs paragraphes qui détaille la position de la société.




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