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Les salissures sur votre cellulaire sont des indices pour la police

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Des chercheurs ont pu reconstituer le mode de vie des 39 participants en échantillonnant les molécules sur leurs téléphones.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Ce que vous avez mangé, les médicaments que vous avez pris ou les produits de beauté que vous avez utilisés sont autant d'informations que l'on peut récolter sur vous grâce à une méthode scientifique permettant d'établir des profils notamment dans le cadre d'enquêtes criminelles, révèle une étude lundi.

Ces chercheurs ont pu reconstituer le mode de vie des 39 participants en échantillonnant les molécules sur leurs téléphones.

«On peut imaginer un scénario dans lequel des enquêteurs arrivent sur les lieux d'un crime et trouvent des objets personnels comme un téléphone, un stylo ou une clé sans empreinte digitale ou ADN se trouvant dans une banque de données de la police... les laissant sans aucune piste», explique Pieter Dorrestein, professeur à la faculté de pharmacie de l'Université de Californie à San Diego, principal auteur de cette étude publiée dans les Comptes rendus de l'académie nationale des sciences (PNAS).

«En analysant les molécules laissées sur leur téléphone, on a pu ainsi dire s'il s'agissait d'une femme, qui utilise des produits cosmétiques chers, teint ses cheveux, boit du café, préfère la bière au vin, aime des aliments épicés, est soignée pour une dépression, porte des lunettes de soleil et recourt aux insecticides et passe probablement de ce fait beaucoup de temps à l'extérieur...», précise Amina Bouslimani, scientifique à l'Université de Californie à San Diego et co-auteur de ces travaux.

Les chercheurs ont fait des prélèvements sur quatre endroits des téléphones et huit points sur la main droite des participants, prélevant au total près de 500 échantillons.

Ils ont ensuite utilisé une technique dite de spectrométrie de masse pour détecter des molécules à partir de ces échantillons.

Ils ont identifié autant de molécules que possible en les comparant à une vaste banque de donnée de référence.

Cette approche n'est pas encore suffisamment précise pour identifier une personne sans l'ombre d'un doute comme le permettent les empreintes digitales, relève le professeur Dorrestein.

Pour affiner la technique, il faut davantage de molécules de référence dans la banque de données comme celles se trouvant dans les aliments les plus communément consommés, les textiles des vêtements, des tapis, des murs peints et tout ce qui est en contact avec les gens, indique-t-il.

Outre l'établissement de profils dans des enquêtes criminelles, cette technique pourrait être utilisée entre autres pour le contrôle de sécurité dans les aéroports et des études de pollution de l'environnement, selon les auteurs.

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