Mobilisation contre Uber: l'industrie du taxi divisée

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Cet après-midi, des milliers de chauffeurs de taxi sont convoqués en assemblée extraordinaire à Montréal. L'objectif est de déterminer la stratégie qui sera adoptée dans leur croisade contre le projet-pilote d'un an permettant à Uber de transporter des clients.

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Alexandre Taillefer, dont les entreprises représentent 40 % du marché du taxi montréalais, entend sanctionner les chauffeurs qui prendront part au mouvement de contestation de l'entente conclue entre Québec et Uber.

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Alexandre Taillefer, propriétaire de Taxelco et de la société d'investissement XPND Capital.

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Les chauffeurs de Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga ne manifesteront pas contre le projet-pilote permettant à Uber de transporter des clients. Du moins, s'ils s'en tiennent aux directives de leur patron, qui entend sanctionner ceux qui feraient preuve de désobéissance civile. Le propriétaire de ces flottes, Alexandre Taillefer, estime que l'entente entre Québec et Uber est « spectaculaire » et qu'une grève générale serait « ridicule ».

« C'est très clair qu'on ne supporte pas ce mouvement-là et nous avons l'intention de sanctionner les chauffeurs qui n'offriront pas les services comme il se doit », a affirmé, hier, Alexandre Taillefer. L'homme d'affaires est propriétaire de Téo Taxi, Taxi Diamond et Taxi Hochelaga par l'intermédiaire de Taxelco et de la société d'investissement XPND Capital, ce qui représente 40 % du marché du taxi montréalais.

Cet après-midi, des milliers de chauffeurs de taxi sont convoqués en assemblée extraordinaire à Montréal par le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM). L'objectif est de déterminer la stratégie qui sera adoptée dans leur croisade contre le projet-pilote d'un an permettant à Uber de transporter des clients. Le porte-parole du RTAM, Benoît Jugand, a déclaré à La Presse canadienne que toutes les avenues étaient envisagées : injonctions, grève, mouvements de perturbation, etc. Or, ce sera sans Taxelco.

« J'ai une rencontre avec M. Jugand [cet] avant-midi et je crois que ce qu'on a besoin de faire, c'est la démonstration financière de ce que représente l'entente Québec-Uber, de regarder les chiffres très froidement », a déclaré M. Taillefer.

« Nous avons fait nos propres tableaux comparatifs, et c'est clair que le gouvernement ne fait pas de cadeau à Uber. J'espère qu'on va être capable de les raisonner. »

M. Taillefer donne l'exemple de la redevance de 0,90 $/course nouvellement imposée à Uber. Il a calculé que cela représenterait en moyenne 10 500 $ par année par permis Uber, alors que le tarif de location payé par Téo pour un taxi est de 11 700 $ par année.

« L'entente est l'une des plus corsées qu'Uber a acceptée. C'est une entente qui vient régler le principal problème d'iniquité, et l'argent qui sera perçu par les royautés que devra maintenant payer Uber - environ 4,5 millions pour la première année - sera réinvesti pour aider le reste de l'industrie », avance M. Taillefer, qui y voit là « une très bonne entente ».

«Sans exception»

Or, le reste de l'industrie ne semble pas du même avis. Mouhcine El Meliani, porte-parole d'environ 500 chauffeurs et propriétaires de taxi de la région de Montréal, dénonce avec véhémence le projet-pilote, dont les détails ont été dévoilés vendredi après-midi. Pour lui, l'entente est une « mascarade ».

« Une grève générale de six jours va être déclarée la semaine prochaine », a-t-il affirmé avec confiance. Selon lui, il est déjà entendu, peu importe le résultat de la rencontre d'urgence, que tous les taxis de Montréal « sans exception » ne circuleront pas dans la ville, pas même pour le transport adapté aux personnes handicapées.

« On veut laisser le champ libre à Uber. Si Uber ne peut pas prendre les gens malades dans les hôpitaux, les handicapés et tout ça, il faut que le gouvernement trouve une solution pour aller aider ces gens-là. »

Le chauffeur soutient que ses confrères qui offrent ce service ont payé 20 000 $ pour modifier leur véhicule. 

Alexandre Taillefer ne mâche pas ses mots pour manifester son désaccord avec la position de M. El Meliani.

« Le transport adapté est un service essentiel, a-t-il dit. Qu'on émette même l'idée de ne pas le rendre, c'est complètement inacceptable et ça démontre qu'il y a des pommes pourries, des leaders négatifs qui influencent indûment le reste de l'industrie. Je suis abasourdi par la position de certains joueurs. »

Par ailleurs, Mouhcine El Meliani a aussi affirmé qu'une injonction contre le projet-pilote sera déposée devant les tribunaux mardi ou mercredi ; les participants à l'assemblée prévue cet après-midi dans l'est de Montréal devront verser une cotisation à cet effet.

Les touristes ciblés

Hier matin, un groupe de 200 chauffeurs de taxi ont fait un premier coup d'éclat à Montréal depuis que Québec et Uber ont signé une entente de principe en refusant de transporter les croisiéristes d'un bateau de 1300 passagers amarré au port de Montréal. « Ils ont décidé de faire une manifestation spontanée au port de Montréal. Normalement, les taxis déchargent rapidement [le bateau] en deux heures. Ils ont décidé d'aller là-bas et de ne pas charger les clients. Ils sont partis vides », a expliqué M. El Meliani.

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