Un groupe d'extrême droite de Québec bombe le torse

Atalante Québec fait partie d'une nébuleuse de groupes... (Image tirée de Youtube)

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Atalante Québec fait partie d'une nébuleuse de groupes ultranationalistes qui s'affichent de plus en plus ouvertement, à Montréal et ailleurs dans la province.

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Cérémonie religieuse, parades, distribution de nourriture : un groupe d'extrême droite de Québec bombe le torse dans les rues de la Vieille Capitale depuis quelques mois.

Il se décrit comme une « organisation politique identitaire », un « bon endroit pour former une jeunesse perdue qui vit un déficit de courage et de virilité », a précisé le groupe dans un message à La Presse.

Atalante Québec s'est plaint de la « désinformation et de [la] diabolisation » des groupes de son acabit par les médias, même si la publicité autour de lui est « très profitable ». 

La police de Québec dit « ouvrir l'oeil ». « On a une unité de renseignements criminels qui fait de la collecte de données », a indiqué le porte-parole Étienne Doyon. « On est toujours à l'affût. »

L'ampleur du groupe est inconnue, mais au moins quelques dizaines de personnes s'y associent, lors d'évènements filmés. Son emblème flottait il y a 10 jours sur la scène du groupe skinhead Légitime Violence, qui dit avoir attiré « plus de 500 personnes ». L'affiche du concert reprenait le slogan d'Atalante.

Des vidéos montrent que les militants - habillés de noir et portant des drapeaux noirs avec des éclairs argentés - ont défilé à au moins deux reprises dans les rues de la capitale nationale au cours des derniers mois.

lls ont aussi invité un théoricien italien néofasciste pour une conférence dans Limoilou et tenu une prière publique sur les plaines d'Abraham avec un prêtre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, ultratraditionaliste, en schisme avec l'Église catholique, le 1er mai dernier.

Une vidéo les montre distribuant des denrées à des démunis : « les nôtres », pas « les étrangers », précisent-ils. Le groupe a aussi passé un noeud coulant autour du cou d'un buste de Ghandi, sur la Grande Allée, avec une affiche clamant qu'« un pays de plusieurs cultures est un pays infirme », selon une photo publiée.

M. Doyon, de la police de Québec, a souligné que les autorités devaient respecter la liberté d'association et d'expression de tout individu.

UNE NÉBULEUSE

Atalante Québec affiche une grande proximité avec un groupe montréalais baptisé La Bannière noire, lui aussi d'extrême droite, avec lequel il organise des marches aux flambeaux pour la Journée nationale des patriotes.

Sur le site internet du groupe montréalais, on peut voir une vignette montrant un homme armé d'un fusil à pompe au-dessus du slogan « Non, vous n'êtes pas les bienvenus » au milieu de commentaires anti-réfugiés et anti-immigration. Les poings américains y sont omniprésents, tout comme les références au fascisme italien. Le groupe revendique aussi sa proximité avec Légitime Violence.

La nébuleuse s'étend aussi à la Fédération des Québécois de souche (FQS), avec laquelle La Bannière noire a organisé une conférence avec de jeunes militants fascistes italiens. Puis, il y a deux semaines, c'était au tour d'Atalante de collaborer avec la FQS pour présenter Gabriele Adinolfi, qui se présente sur son site officiel comme « une figure incontournable du néofascisme italien ».

« En tant qu'organisation nationaliste, nous collaborons avec tous les mouvements et associations qui partagent, en partie du moins, les grandes lignes que la Fédération des Québécois de souche défend : opposition à l'immigration, identité, nationalisme, etc., surtout lorsque celles-ci sont prêtes à s'investir de façon concrète », a écrit la FQS dans un message à La Presse.

Tous ces groupes étaient réunis le 1er mai dernier sur les plaines d'Abraham pour une cérémonie religieuse à la gloire de sainte Jeannne d'Arc.

La Fraternité Saint-Pie X, qui a fourni le prêtre pour cette cérémonie, prend pour sa part ses distances face à ces groupes. « C'était un de nos prêtres, oui, de la Fraternité Saint-Pie X », a confirmé le supérieur Daniel Couture. « Ce sont des laïcs qui nous ont invités pour l'occasion et l'un de nos prêtres y est allé. »

« Le prêtre a parlé de sainte Jeanne d'Arc, il n'a pas fait d'extrême droite », a-t-il ajouté, avant d'admettre ne pas avoir entendu les propos de son collègue. Il n'avait pas non plus vu la vidéo mise en ligne par Atalante, où l'on voit l'assistance vêtue de noir, portant des drapeaux noirs barrés d'un éclair. « C'était ouvert à tous », a-t-il dit.

La Fraternité Saint-Pie X est une société religieuse ultra-traditionaliste d'origine suisse, présente dans plusieurs pays occidentaux et née en réaction à la modernisation du concile Vatican II. Le pape refuse sa présence au sein de l'Église catholique romaine. La Fraternité continue à prononcer la messe en latin et défend ardemment la famille traditionnelle.

Au Québec, la Fraternité Saint-Pie X possède une école à Lévis - environ 85 élèves -, un centre de retraite à Saint-Césaire, ainsi qu'une poignée de lieux de culte.

NDLR: Les images, le son et les sous-titres des extraits vidéo suivants n'ont pas été modifiés par La Presse. Ces extraits sont tirés de vidéos diffusées par Atalante Québec.

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