Une «épidémie» de vols de ruches au Québec

La valeur d'une ruche est à son apogée... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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La valeur d'une ruche est à son apogée en ce temps-ci de l'année, et l'effet de rareté peut motiver les malfrats, selon l'apiculteur professionnel Anicet Desrochers.

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Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Miels d'Anicet, un producteur de miel de Ferme-Neuve, s'est fait dérober une trentaine de ruches d'une valeur de 25 000 $, dans la nuit de lundi à hier. C'est la troisième fois en moins d'un an qu'un apiculteur se fait voler ses abeilles au Québec.

«Ça prend des apiculteurs pour être capable de faire ça. Une ruche, ça pèse 150 livres. Tu dois avoir de l'expérience pour déplacer une ruche, tu ne fais pas ça de même!»

Anicet Desrochers, copropriétaire de Miels d'Anicet, est catégorique: «Ça prend des gens qui connaissent ça». Son rucher est reconnu dans le monde des apiculteurs. Miel d'Anicet est le plus important éleveur de reines du Canada avec une production de 10 000 individus par année.

«On pense que c'est des gens de l'extérieur de la région. On est des éleveurs de reines [...] ça se sait que je multiplie des colonies, ils savent que j'ai 1500 ruches autour et qu'un déplacement en vaut le détour», dit M. Desrochers.

Plus encore, l'apiculteur professionnel explique que la valeur d'une ruche est à son apogée en ce temps-ci de l'année et que l'effet de rareté peut motiver les malfrats. Les colonies sont prêtes pour la miellée principale de l'été, elles sont en pic de production et peuvent donner de bons rendements. Or, une solidarité et un respect établi entre les apiculteurs lui font penser qu'il ne s'agirait pas d'un professionnel voulant bonifier son propre cheptel.

«C'est les petits autour, des amateurs qui débutent, croit-il. Une ruche, ça vaut une fortune et ils voient un potentiel.»

Des vols inquiétants qui se multiplient

Depuis l'automne, trois importants apiculteurs ont été la cible de voleurs expérimentés. La plus récente victime trouve que ces histoires de pillages qui se multiplient «ne sent pas bon».

«L'automne passé, c'était à Brébeuf. Au printemps, c'était à Victoriaville et là, c'est rendu chez nous, énumère M. Desrochers. Ça ressemble à une épidémie de vols de ruches qui se met en place.»

En septembre, un apiculteur de Brébeuf, dans les Laurentides, s'est fait dérober 14 ruches, soit l'entièreté de son rucher d'une valeur de 6500 $. En avril, 184 ruches disparaissaient aux Entreprises Francis Labonté, à Saint-Valère, près de Victoriaville, un butin de 200 000 $. Et voilà que Miels d'Anicet, de Ferme-Neuve, vient de s'ajouter à la liste avec une trentaine de ruches contenant 1,8 million d'abeilles d'une valeur de 25 000 $.

«Des ruches, c'est tellement facile à voler, parce qu'elles sont dispersées et qu'elles sont cachées», explique Anicet Desrochers, qui n'a jamais rien vu de tel. Il a d'ailleurs l'intention d'installer des caméras de surveillance pour éviter d'être à nouveau la cible de truands et que d'autres ruches ne se volatilisent.

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