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Réforme des garderies: des milliers d'emplois en péril, selon les associations

Selon les associations de CPE et de garderies... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE)

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Selon les associations de CPE et de garderies privées, les coupes prévues par Québec s'élèvent à 320 millions et mettront au chômage de 20 à 25% des éducatrices qui y travaillent.

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(Québec et Montréal) Le premier ministre Philippe Couillard a justifié hier la réforme du financement des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées, qui entraînera des coupes de 120 millions de dollars l'an prochain. Or, les acteurs du réseau soutiennent que ces coupes seront trois fois plus élevées, mettront en péril 5000 emplois et ne forceront rien de moins que la fermeture de la «vaste majorité» des services de garde.

«Nos services de garde auront l'air de squelettes: il n'y aura plus de chair, plus de muscles, juste la peau et les os», a déploré Julie Plamondon, présidente du Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ), en point de presse. Les associations de CPE et de garderies privées ont fait front commun hier en refusant de participer à des discussions avec le gouvernement au sujet du financement des services de garde.

Les quatre associations allèguent que les coupes prévues par Québec s'élèvent à 320 millions et mettront au chômage de 20 à 25% des éducatrices en CPE et en garderies privées. Les dirigeants ont toutefois eu du mal à expliquer leur calcul en détail. «Ça nous a pris cinq rencontres pour comprendre les paramètres qui nous étaient présentés. [...] Quand on fait le calcul du financement des salaires du personnel éducatif, c'est là qu'on voit la coupe, c'est là qu'on voit que la mathématique ne fonctionne pas entre ce qui est exigé aux services aux familles et ce qui nous est financé», a expliqué Louis Senécal, président-directeur général de l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE).

Québec maintient que les compressions seront plutôt de 120 millions pour 2016-2017. Les subventions aux services de garde seront alors déterminées en fonction de ceux qui dépensent le moins par enfant. Québec parle de «la moyenne du tiers performant». S'ajoutent à cela les coupes de 74 millions de cette année et celles de 100 millions imposées en 2014-2015.

Pour le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, «c'est du nivellement par le bas» qui ne tient pas compte de la qualité des services. «Le gouvernement s'évertue à affaiblir les CPE», a-t-il accusé.

«Il parle de nivellement par le bas, j'y vois plutôt une tentative de rehaussement vers le haut, vers les meilleures pratiques de gestion, le meilleur rapport entre l'investissement public et la qualité des services obtenus», a répliqué hier le premier ministre Philippe Couillard lors de la période des questions à l'Assemblée nationale. Il est selon lui «tout à fait correct de s'inspirer des meilleurs gestionnaires possible, d'avoir les services publics de la meilleure qualité possible au meilleur prix possible».

«C'est ce qu'on doit faire. Et si on avait fait ça depuis quelques années, on n'en serait pas là. On a réussi, et je vais m'exprimer en bon québécois, à sortir le Québec du trou, et on va s'assurer qu'on garde la tête en dehors de l'eau», a-t-il ajouté. Pour M. Couillard, «il n'y a pas de coupures, c'est une saine gestion des fonds publics».

La ministre de la Famille, Francine Charbonneau, soutient que le financement des CPE et des garderies privées subventionnées doit absolument être revu. «Parce que ça fait 18 ans que les services sont financés de la même façon, parce qu'il y a des CPE qui sont en déficit, qu'il y en a d'autres qui sont en surplus», a-t-elle plaidé.

Le gouvernement verse des subventions aux services de garde et est en droit de leur demander des comptes, a-t-elle ajouté. «Les décisions qu'ils prennent comme gestionnaires sont importantes, et on a le droit de se questionner pour savoir comment vous faites: faites-vous bien, faites-vous plus, faites-vous moins? Parce qu'ils ont des comptes à rendre au gouvernement avec l'argent qu'on leur donne.»

Et si la réforme entraîne des mises à pied? «Je n'irai pas là, moi j'en suis plus sur le financement pour le service à chacun des enfants», a-t-elle répondu. Est-ce que des mises à pied, c'est une solution pour être plus performant? «Pour l'instant, on est en discussion, a-t-elle affirmé. Je n'ai rien établi. Ce qu'il faut dire aux parents du Québec, c'est qu'on veut la pérennité du réseau.»

Or, Québec sera plutôt le «fossoyeur» du réseau, s'insurge Louis Senécal. «Ce qu'ils nous proposent, c'est un désastre», lance son confrère de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) Samir Alahmad. «On n'est plus capables de payer nos fournisseurs, nos hypothèques: on va fermer nos portes», avertit-il.

Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec, considère que les attaques répétées du gouvernement Couillard contre les services de garde subventionnés «sont antifemmes». Pour Mme Sarazin, les femmes sont ainsi attaquées de plein fouet et sur deux fronts à la fois: soit parce qu'elles y travaillent - ces emplois étant très majoritairement occupés par des femmes -, soit parce qu'elles ont besoin de ces services de garde pour pouvoir rester sur le marché du travail une fois devenues mères.

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