Région de Montréal: vent de défusions policières

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Plusieurs élus municipaux de la région de Montréal ont confié à La Presse que les regroupements de services policiers au début des années 2000, qui devaient réduire la facture policière, ont plutôt contribué à la faire grimper.

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Quinze ans après la réorganisation des corps policiers au Québec, la grogne se fait sentir dans certaines municipalités de la région de Montréal, qui veulent voir leurs agents « défusionner » en raison de l'explosion des coûts pour assurer la sécurité de leur territoire.

Québec vient d'autoriser la Ville de Mercier à reconstituer son propre service de police. Chambly, qui avait fait la même demande, a toutefois essuyé un refus. Deux autres municipalités ont aussi manifesté leur intention de quitter le corps policier qui les protège pour en rejoindre un autre, soit Saint-Isidore et Richelieu.

Plusieurs élus ont confié à La Presse que les regroupements de services policiers au début des années 2000, qui devaient réduire la facture policière, ont plutôt contribué à la faire grimper. Ils montrent du doigt les responsabilités accrues confiées aux corps policiers, comme l'obligation d'avoir un service d'identification judiciaire. « On demande des niveaux de service qui ne reflètent pas la réalité du terrain », dit la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simard.

Mercier avait accepté en 2003 d'abolir son corps policier pour être desservi par le Service de police de la Ville de Châteauguay, le SPVC. Douze ans plus tard, la municipalité de 12 000 habitants dit que la facture était devenue trop salée. Alors qu'elle a payé 1,7 million en 2013 pour sa desserte policière, on lui demande maintenant 3,6 millions, ce qui accaparerait le quart de son budget annuel.

« La marche était trop haute, ça n'avait pas de bon sens. Et pour ce qu'on payait, on n'avait pas le service qu'on voulait avoir. », explique Lise Michaud, mairesse de Mercier.

L'élue explique que le problème se situe du côté des salaires élevés des agents du SPVC. « Les policiers de Châteauguay gagnent 3500 $ de plus que ceux de Montréal et 10 000 de plus que ceux de la Sûreté du Québec. Ce n'est pas normal pour un territoire agricole à 90 % », dit Mme Michaud.

Mercier dit avoir étudié plusieurs scénarios, dont celui d'intégrer la Régie intermunicipale de police Roussillon. Mercier a finalement décidé de reconstituer son propre service de police, ce que Québec vient tout juste d'autoriser. Ce nouveau corps policier devrait compter 19 agents, en incluant le directeur, ce qui coûtera 3,2 millions par an.

Des négociations corsées

Les négociations pour la sortie de Mercier du SPVC s'annoncent toutefois corsées. Châteauguay réclame à sa voisine 3,4 millions de plus que ce qu'elle a déjà payé pour les services de ses policiers en 2014 et 2015.

Saint-Isidore aussi songe à quitter le SPVC pour adhérer au nouveau corps policier de Mercier. « On a un bon service, mais les coûts s'en viennent astronomiques. Il ne faut pas se ramasser avec le tiers de notre budget pour une seule dépense, ce n'est pas acceptable », dit le maire de Saint-Isidore, Sylvain Payant.

La petite municipalité dit avoir payé 615 000 $ en 2015 pour sa desserte policière. En comparaison, la ville voisine, Saint-Urbain, a seulement déboursé 128 000 $ pour être couverte par la Sûreté du Québec. Mais comme Saint-Isidore fait partie de la Communauté métropolitaine de Montréal, elle ne peut demander aux policiers provinciaux d'assurer sa sécurité comme sa voisine.

Chambly conteste en cour le refus de Québec

La Ville de Chambly conteste en cour la décision de Québec de lui refuser la reconstitution de son service de police. La municipalité fait partie depuis 2004 de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, mais elle réclame l'ouverture d'un poste de police sur son territoire. Le maire de Chambly, Denis Lavoie, ne décolère pas, ne comprenant pas pourquoi le ministre Pierre Moreau a accepté la demande de Mercier, mais pas la sienne, lui qui dirige une municipalité pourtant deux fois plus populeuse. Sa Ville a décidé de contester devant les tribunaux la décision de Québec, estimant qu'il n'avait aucun droit de lui refuser cette demande. Le cabinet du ministre Moreau n'a pas voulu expliquer son refus puisque la cause est devant les tribunaux.

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