Pensionnats indiens: des questions restent sans réponse

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À Ottawa, dimanche, des milliers de personnes ont participé à la Marche pour la réconciliation. Les participants voulaient ainsi montrer leur solidarité avec les survivants des pensionnats indiens et exiger de meilleures relations entre les Canadiens autochtones et non autochtones.

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Chinta Puxley
La Presse Canadienne

La commission qui examine depuis plus de cinq ans l'un des chapitres les plus sombres de l'histoire du Canada boucle ses travaux cette semaine en laissant une question cruciale sans réponse: combien d'enfants autochtones sont morts dans les pensionnats indiens?

Le juge manitobain Murray Sinclair, qui préside la Commission de vérité et réconciliation du Canada, affirme que le gouvernement fédéral a cessé d'enregistrer les décès des enfants dans les pensionnats indiens autour de 1920, après que le médecin en chef du ministère des Affaires autochtones eut fait remarquer que ceux-ci mourraient à un rythme alarmant. Le médecin a par la suite été congédié.

Selon le juge Sinclair - dont les parents et les grands-parents ont été envoyés dans des pensionnats -, jusqu'à 6000 enfants pourraient avoir trouvé la mort dans ces écoles, mais il est impossible d'en établir le nombre avec certitude.

«Nous pensons que cet aspect de la situation nécessite des études supplémentaires», a-t-il dit, en soulignant que beaucoup de travail restait à faire pour faire la lumière sur ce qui s'est réellement passé.

Plus de 130 ans après que les premiers pensionnats indiens ont ouvert leurs portes dans le but de «sortir l'Indien de l'enfant», la Commission de vérité et réconciliation publiera mardi un résumé de son rapport final en six volumes. Il inclura des témoignages des survivants ainsi que de nombreuses recommandations pour s'attaquer aux séquelles laissées par l'assimilation forcée.

Le mandat de la commission ne lui demandait pas d'enquêter sur le nombre de jeunes Autochtones qui ne sont jamais rentrés chez eux à la sortie des pensionnats, mais le sujet s'est rapidement imposé, selon son président. Entre autres parce que plusieurs ont été enterrés dans des tombes anonymes près des écoles ou encore inscrits au registre comme «disparus» ou «ayant reçu son congé».

Le nombre de décès n'est que l'un des dossiers liés aux pensionnats indiens qui devraient être étudiés plus avant, selon le ministre manitobain des Affaires autochtones et du Nord, Eric Robinson, qui les a lui-même fréquentés. L'élu natif de la Première Nation Cross Lake fait référence aux expériences médicales et à l'entraînement militaire forcé qui auraient été infligés aux jeunes pensionnaires autochtones.

Environ 150 000 enfants des Premières Nations, Inuits et Métis ont été enlevés à leur famille et forcés de vivre dans des pensionnats gouvernementaux, dont le dernier a été fermé à la fin des années 1990. En 2007, à la suite d'un recours collectif, Ottawa a présenté ses excuses officielles et mis sur pied la Commission de vérité et réconciliation, au coût de 60 millions $, afin d'établir le bilan de cette tragédie et ses conséquences, puis tenter de parvenir à «une résolution juste et durable des séquelles» qui y sont associées.

La commission a visité plus de 300 communautés et recueilli les témoignages de 7000 survivants entre juin 2010 et mars 2014.

À Ottawa, dimanche, des milliers de personnes ont participé à la Marche pour la réconciliation. Les participants voulaient ainsi montrer leur solidarité avec les survivants des pensionnats indiens et exiger de meilleures relations entre les Canadiens autochtones et non autochtones.

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