Les chefs autochtones sous les projecteurs

À 75 000$ par année, le salaire du... (Photo Archives Le Soleil)

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À 75 000$ par année, le salaire du chef Konrad Sioui apparaît bien modeste quand on le compare à celui du chef Ron Griesbretcht qui a perçu près de 1 million de dollards, l'an dernier, pour une nation de moins de 100 résidants.

Photo Archives Le Soleil

Louise Leduc
La Presse

La publication sur l'internet des salaires des chefs autochtones, en cours depuis quelques jours sur le site du ministère canadien des Affaires autochtones, met en lumière les disparités de rémunération d'une communauté à l'autre.

En honoraires et en frais de déplacement, Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat de Wendake, près de Québec, a obtenu 106 653$ pour l'exercice se terminant le 31 mars 2014, avec un salaire de base (75 000$) trois fois plus élevé que les neuf autres chefs de son conseil. Selon le secrétariat québécois aux Affaires autochtones, Wendake compte 1494 résidants et 2351 non-résidants.

M. Sioui gagne ainsi davantage que Michael Delisle, grand chef mohawk de Kahnawake, une communauté qui compte 7745 résidants et 2591 non-résidants. Lors du dernier exercice, M. Delisle a gagné un peu plus de 103 000$.

Gilbert Whiteduck, chef algonquin de Kitigan Zibi Anishinabeg, près de Maniwaki, a pour sa part touché un total de 87 628$ lors du dernier exercice, pour une population de 1593 résidants et 1428 non-résidants, soit 30 000$ de plus que celui qui vient au deuxième rang des personnes les mieux rémunérées de son conseil.

Kanesatake

Du côté de Kanesatake (qui compte 1383 résidants et 938 non-résidants), on note une moins grande disparité entre les salaires des différents chefs. Le grand chef Serge Simon a déclaré une rémunération totale de 49 398$, et les six chefs de son conseil gagnent entre 33 799$ et 37 504$.

La divulgation des salaires des chefs autochtones, publiés au fur et à mesure que les données sont traitées au ministère canadien des Affaires autochtones, suscite beaucoup de réactions depuis quelques jours.

Avant que son salaire ne soit connu, le grand chef Sioui (qui est en vacances cette semaine) a déclaré au Journal de Québec, il y a quelques jours, qu'il trouvait insultant de devoir rendre des comptes aux contribuables canadiens. «La vérité, c'est que je n'ai rien à foutre de ça. Moi, je rends des comptes à mon peuple et à ma nation», a-t-il déclaré, en évoquant un salaire de 75 000$.

Description de tâches

Les comparaisons qui sont établies entre différents élus autochtones et non autochtones depuis quelques jours ont amené la section québécoise de l'Assemblée des Premières Nations à publier un communiqué invitant chacun à la prudence.

«Un chef doit veiller à des tâches politiques, administratives, économiques, représentatives, sanitaires, sociales et bien d'autres. Il n'est pas rare qu'un chef soit aussi le négociateur et l'administrateur. La tâche est colossale et incomparable.»

La Canadian Taxpayers Federation, qui milite depuis 2009 pour la divulgation des salaires des chefs autochtones, se réjouit quant à elle du processus en cours.

«Bravo au gouvernement Harper pour son écoute», est-il écrit sur le site internet de l'organisme.

Depuis le début de l'exercice, c'est un chef de la Colombie-Britannique, Ron Giesbrecht, qui remporte la palme. Il a perçu l'an dernier près de 1 million de dollars, alors que la nation Kwikwetlem compte moins de 100 résidants.




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