(Grand-Métis) L’été, les Jardins de Métis sont reconnus pour leur vaste collection de plantes indigènes et exotiques, dont le pavot bleu, devenu l’emblème du lieu. L’hiver, les jardins sommeillent, mais il est possible de s’assoupir avec eux dans l’une des deux maisons offertes en location. Déconnexion garantie.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Ce dimanche soir de janvier, la neige tombait déjà depuis quelques heures et le vent soufflait allègrement. Pas la tempête du siècle, plutôt une chute de neige comme le Bas-Saint-Laurent en connaît souvent, mais d’une envergure suffisamment grande pour anéantir les efforts du déneigeur venu dégager plus tôt l’entrée du chemin menant aux Jardins de Métis. Le destin a parlé : la maison écologique ERE 132 étant inaccessible, nous séjournerons à la Résidence des stagiaires, située en bordure de la route 132.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Presque entièrement fabriquée de bois, avec des espèces de la région, la maison a l’esprit d’un chalet ou d’un refuge communautaire de luxe. Par luxe, on entend raffinement architectural puisque rien dans cette demeure n’est ostentatoire. On est plutôt dans un minimalisme au service de la nature.

Pour la première fois en saison hivernale, la Résidence des stagiaires, construite par l’architecte Pierre Thibault en 2018, est offerte en location. Conçue pour accueillir des groupes, la maison héberge en été des architectes et stagiaires participant au Festival international de jardins, un événement artistique axé sur la création de jardins contemporains éphémères mariant l’architecture, le design, le paysage et les arts visuels.

Presque entièrement fabriquée de bois, avec des espèces de la région, la maison a l’esprit d’un chalet ou d’un refuge communautaire de luxe. Par luxe, on entend raffinement architectural puisque rien dans cette demeure n’est ostentatoire. On est plutôt dans un minimalisme au service de la nature.

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À l’intérieur de la maison, les matériaux utilisés dans sa construction, pour la plupart provenant de ressources renouvelables exploitées et transformées localement, sont mis en valeur et expliqués.

Les aires de vie sont réparties en deux volumes, l’un regroupant une grande cuisine et une salle à manger, un petit salon (avec balançoire !) et l’autre, les chambres, soit trois privées au rez-de-chaussée et une mezzanine avec un plancher ajouré qui peut accueillir sept personnes. Quelques lits sont aussi installés sous les combles. En tout, 16 personnes peuvent loger dans la résidence.

La maison ERE 132

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De taille plutôt modeste (1867 pi2, sans sous-sol), la maison écologique ERE 132 a été conçue par un consortium d’architectes de la région. La fenestration a été maximisée au sud, de façon à réduire les coûts du chauffage.

Les groupes plus petits peuvent quant à eux poser leurs valises dans la maison ERE 132, une résidence écologique certifiée LEED Platine et Novoclimat 2.0 qui se veut une vitrine sur l’écoconstruction et les matériaux de la région. Des panneaux explicatifs installés ici et là à l’intérieur de la maison expliquent les équipements et matériaux utilisés.

Il était déjà possible de louer la maison de trois chambres en dehors de la saison touristique, pendant laquelle elle fait plutôt office de maison modèle, mais cette possibilité n’avait jamais vraiment été publicisée par la direction des Jardins de Métis. C’est dans une volonté de pérenniser le site en le rendant accessible à l’année que la location des maisons est offerte de septembre à mai, explique le directeur général des Jardins de Métis, Alexander Reford, arrière-petit-fils d’Elsie Reford, la fondatrice des jardins.

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Le dortoir de la Résidence des stagiaires

En louant les maisons, les familles, amis ou collègues ont un accès exclusif au site des Jardins de Métis qui n’est pas sans intérêt en hiver. Des raquettes sont mises à la disposition des invités pour explorer le vaste terrain situé en bordure du fleuve Saint-Laurent. Comment qualifier Métis en hiver ? « Fantôme, répond Alexander Reford. Mais être fantomatique n’est pas forcément négatif. Il y a une tranquillité ici qui nous permet de décrocher. » 

Au fil de notre promenade au cœur des jardins, ensevelis sous la neige, il nous raconte comment son arrière-grand-mère, issue de la bourgeoisie montréalaise, en est venue à créer ces jardins en 1926, qui sont aujourd’hui reconnus internationalement. Et comment lui, historien de formation et ancien doyen du St. Michael’s College de l’Université de Toronto, s’est installé dans la région pour prendre les rênes de ce site dont l’État, qui en était alors propriétaire, souhaitait se défaire.

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Des raquettes sont mises à la disposition des invités pour explorer le vaste terrain situé en bordure du fleuve Saint-Laurent.

Un tout autre coup d’œil en hiver

Si le volet horticole est plus difficile à admirer en hiver, on tombe sur de belles surprises au détour des boisés. Ici, au milieu du champ de neige, un ancien wagon du métro de Montréal, qu’ont acquis les Jardins de Métis lors d’un appel de projets lancé par la Société de transport de Montréal. Là, des œuvres « éphémères » faisant partie des Jardins contemporains, comme ces balançoires surmontées de bandelettes de plastique de couleurs vives qui volent au gré du vent. Un effet saisissant dans la blancheur ambiante. « Certaines datent de presque 20 ans, souligne Alexander Reford. Parfois, on les démantèle, parfois on laisse la nature faire le travail. »

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Les Jardins de Métis ont acquis un ancien wagon du métro de Montréal qui a été installé sur le site.

La promenade nous mène au bord du fleuve, encore plus majestueux en hiver. Un endroit difficilement accessible sans guide, puisque le sentier n’est pas balisé. Mais, voisin des Jardins de Métis, se trouve le parc de la rivière Mitis qui compte quelques kilomètres de sentiers longeant la rivière jusqu’au fleuve. L’accès est gratuit en hiver.

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Exposée pour la première fois en 2014, l’installation Vertical Line Garden de Coryn Kempster et Julia Jamrozik continue de colorer le site des Jardins de Métis.

« Le fleuve est beau en été, mais l’hiver, avec la neige et la glace, il y a quelque chose de spécial », observe Alexander Reford.

À partir de 200 $ la nuit (minimum de deux nuits). Plusieurs dates offertes. Il est aussi possible de faire appel aux services du chef exécutif du restaurant des Jardins de Métis, Frédérick Boucher, qui cuisinera à domicile un repas quatre services à 150 $ par convive (six personnes minimum).

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Ce qu’il reste de Forêt, un espace immersif où l’obscurité magnifiait la lumière, créé par Ronan Virondaud et Mathilde Leveau pour l’édition 2019 du Festival international des jardins.

> Consultez le site des Jardins de Métis : http://www.jardinsdemetis.com/