De l’action. De l’adrénaline. Des trombes d’eau. Ça prend de la technique, de l’expérience, des nerfs d’acier pour négocier ces vagues en kayak d’eau vive.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Et si on s’étire un peu (beaucoup) le cou, on peut apercevoir les gratte-ciel de Montréal.

Les rapides de Lachine constituent un terrain de jeu fantastique pour les adeptes de kayak d’eau vive, de surf et même de planche à pagaie (SUP, ou Stand Up Paddle). C’est un site exceptionnel que Philippe Lavallée et Hugo Lavictoire aimeraient bien faire connaître à un plus grand nombre de Montréalais.

Philippe Lavallée, membre du Club de canoë-kayak d’eau vive de Montréal (CCKEVM), est responsable de la gestion de l’événement Montréal eau vive.

Hugo Lavictoire est propriétaire de l’école de kayak, de surf et de planche à pagaie Kayak sans frontière (KSF).

PHOTO ALEXANDRA CÔTÉ-DURRER, FOURNIE PAR L’ÉCOLE DE KAYAK KSF

Le débit d’eau aux rapides de Lachine est plus constant qu’ailleurs.

« Unique au monde »

« C’est un site unique au monde à plusieurs égards », lance Philippe Lavallée.

Il rappelle que le débit des rivières fluctue fréquemment. Les kayakistes d’eau vive affectionnent particulièrement les crues printanières, qui garantissent un débit costaud.

Or, le débit d’eau aux rapides de Lachine est un peu plus constant qu’ailleurs.

« À cause de la Voie maritime, il y a des barrages en amont qui contrôlent le niveau d’eau à Montréal, explique M. Lavallée. Les rapides de Lachine, toutes les vagues sont là 365 jours sur 365. »

Il ajoute qu’il ne s’agit pas de vaguelettes, mais de vagues d’une hauteur conséquente.

Des vagues comme ça, il y en a partout dans le monde, mais elles ne sont accessibles que deux ou trois jours par année.

Philippe Lavallée, membre du Club de canoë-kayak d’eau vive de Montréal

M. Lavallée indique qu’il y a plusieurs vagues dans le même secteur, avec des noms comme Lulu, Big John ou Maverick.

« Ça aussi, c’est exceptionnel. »

Enfin, il y a le site, à une quinzaine de minutes du centre-ville d’une métropole importante, Montréal.

« Tous les endroits intéressants dans le monde sont dans le fin fond de nulle part. »

« Se réapproprier le fleuve »

Le CCKEVM existe depuis une trentaine d’années avec notamment pour mission de faciliter l’accès aux rivières. Depuis six ans, Philippe Lavallée pilote Montréal eau vive, un événement qui a aussi pour mission de faire découvrir les rapides de Lachine. Il s’agit d’une compétition qui se déroule sur deux jours, les 10 et 11 août, et qui implique des kayakistes professionnels et intermédiaires.

« Il y a beaucoup de gens qui ont peur du fleuve, qui le croient sale. De voir des athlètes qui viennent participer à une compétition, ça peut aider à changer les mentalités, à encourager les gens à se réapproprier le fleuve. »

Petit problème, les gens ordinaires peuvent difficilement assister aux compétitions parce que celles-ci se déroulent trop loin des berges.

« Le meilleur moyen de voir ça, c’est de faire une descente en rafting avec Montréal Rafting », indique M. Lavallée.

Heureusement, le festival Montréal SUP Fest aura lieu la même fin de semaine, au parc des Rapides de LaSalle.

« Ce sera sur le bord de l’eau, avec des exposants, une ambiance de festival », fait valoir Philippe Lavallée.

PHOTO ALEXANDRA CÔTÉ-DURRER, FOURNIE PAR L’ÉCOLE DE KAYAK KSF

La planche à pagaie gagne en popularité.

Il y aura aussi des initiations à la planche à pagaie, des formations plus spécialisées, des cours de SUP Yoga et de SUP Fitness.

« Ça va permettre de faire connaître le sport et l’industrie », s’enthousiasme Hugo Lavictoire.

Hugo Lavictoire affirme que la planche à pagaie connaît une croissance fulgurante.

« Amoureux de l’eau vive »

L’école de M. Lavictoire, KSF, a commencé à donner des formations de kayak de rivière en 1999 à LaSalle.

« Nous sommes des amoureux de l’eau vive et du fleuve. Ici, nous avons à peu près tout ce qui est beau et praticable pour ce qui est des sports nautiques. Et nous avons une nature urbaine assez exceptionnelle. Les gens qui viennent ici nous disent tous : “C’est donc ben beau, on ne savait pas que ça existait à Montréal.” »

Il y a notamment un gros bassin d’eau calme à côté des locaux de KSF pour apprendre les rudiments du kayak d’eau vive et de la planche à pagaie.

« Le kayak d’eau vive demande un bon investissement en temps, affirme M. Lavictoire. Il faut notamment apprendre à faire de l’esquimautage. » 

Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on va se lancer dans les gros rapides. C’est préférable d’aller dans les petits rapides et d’y aller progressivement.

Hugo Lavictoire, propriétaire de l’école KSF

Il affirme qu’avec un bon professeur, l’esquimautage est à la portée de tout le monde. Encore faut-il être à l’aise dans l’eau, la tête en bas.

« Il y a des gens qui se sentent un peu pris à l’intérieur du kayak. C’est pour ça que la planche à pagaie est très populaire : on est debout, à l’extérieur. »

En dépit de l’explosion de la popularité de la planche à pagaie, celle du kayak d’eau vive se maintient et connaît même une légère croissance année après année.

Philippe Lavallée préconise une formation initiale en piscine (en eau très calme) afin de maîtriser les techniques nécessaires comme l’esquimautage.

« L’hiver est le meilleur moment de l’année pour cela : janvier, février, mars. Au printemps, on est alors prêt à affronter l’eau vive. »

>> Consultez le site du festival Montréal eau vive

>> Consultez le site du Montréal SUP Fest

>> Consultez le site de Rafting Montréal

>> Consultez le site de Kayak sans frontière (KSF)

>> Consultez le site du Club de canoë-kayak d’eau vive de Montréal (CCKEVM)