Les propriétaires de stations de ski du Québec sont mi-figue, mi-raisin à la suite de l’annonce par le gouvernement des nouveaux assouplissements concernant l’accès aux pentes de ski alpin. Ils sont bien heureux de voir disparaître la limite de clientèle, mais l’obligation de valider les passeports vaccinaux des skieurs s’avère un véritable casse-tête.

Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

C’est particulièrement le cas pour les quelque 302 000 abonnés saisonniers, qui peuvent normalement se rendre sur les pentes sans passer par les guichets. « Avec le système de cartes à puce implanté maintenant dans plus de 25 stations, on est déjà équipé pour que les gens puissent aller directement dans les télésièges », illustre Yves Juneau, président de l’Association des stations de ski du Québec.

« Ces cartes doivent maintenant toutes être déprogrammées. Vous comprenez que nos ventes d’abonnements ne commencent pas au début novembre, alors il faut soudainement rétropédaler ! »

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Yves Juneau, président de l’Association des stations de ski du Québec

Les stations de ski retroussent donc leurs manches pour tenter de minimiser les désagréments entraînés par le fait que les skieurs devront montrer leur passeport vaccinal avant de monter dans les remontées mécaniques. On ne veut justement pas que les clients soient obligés de sortir leur téléphone de leur poche chaque fois qu’ils reviennent au bas des pentes.

« Chaque station va décider de son mode de fonctionnement, mais on a déjà soumis une procédure à la Santé publique pour que la validation des passeports vaccinaux se fasse par vidéoconférence pour les abonnements saisonniers, explique Yves Juneau. Les stations songent notamment à fixer des rendez-vous virtuels avec leurs abonnés ; on a des critères à respecter pour pouvoir procéder de cette façon, mais la démarche est enclenchée. »

Pour les billets journaliers, ça va prendre une certaine patience et une certaine compréhension ; ça va entraîner un grand volume de transactions et nous ne sommes pas en situation de surplus de main-d’œuvre.

Yves Juneau, président de l’Association des stations de ski du Québec

Dans certaines stations comme Rigaud et Mont-Saint-Bruno, on a par ailleurs décidé de clôturer les sites pour que la vérification se fasse à l’entrée des stationnements, de façon à ce que les gens puissent ensuite circuler et avoir accès à tous les services. Ailleurs, on devra lier la preuve vaccinale à l’achat du billet. « Tout le monde est en train de définir sa méthode, c’est la responsabilité des exploitants, nous dit M. Juneau. Mais on a plusieurs rencontres prévues où tout le monde entend faire partager ses bonnes idées. »

Le président de l’ASSQ s’attend à ce qu’une petite proportion de skieurs annulent leurs abonnements saisonniers, même s’il prévoit une très bonne saison dans l’ensemble. « Selon un sondage maison, 9 % des clients ont indiqué qu’ils ne feraient pas de ski cette saison si on exigeait un passeport vaccinal ; si on rapporte cela sur nos 302 000 détenteurs d’abonnement, cela peut représenter une perte de 15 millions de dollars, soutient M. Juneau. Mais on a aussi vu beaucoup de nouveaux adeptes sur les pentes l’an dernier. Des gens qui ont goûté au sport nous indiquent qu’ils vont être de retour, même chose pour des adeptes qui avaient cessé et qui sont revenus l’hiver dernier. »

On s’attend donc à surpasser les chiffres de l’an dernier, qui avait pourtant été une saison exceptionnelle avec plus de 6,1 millions de jours/ski selon les chiffres de l’Étude économique et financière des stations de ski du Québec réalisée par Michel Archambault, professeur émérite à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.

Nouveautés à la pelle

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Plusieurs nouveautés sont au programme dans les centres de ski.

Les skieurs qui seront au rendez-vous cette année pourront bénéficier de plusieurs nouveautés dans bon nombre de stations. Outre les investissements renouvelés de plusieurs stations dans des systèmes d’enneigement artificiel de plus en plus performants, bon nombre de centres de ski alpin proposent maintenant des sentiers de randonnée alpine ainsi que des espaces consacrés au ski hors piste.

« On est passé de 5 stations il y a 5 ou 6 ans à 33 maintenant, affirme Yves Juneau. Les gens aiment la randonnée alpine en station de ski en raison de l’exercice cardiovasculaire que ça procure. Souvent, ils font du ski alpin le matin et une randonnée alpine en après-midi. Toutefois, l’accès à l’activité risque d’être limité par la disponibilité de l’équipement, l’activité étant victime de sa popularité. »

Outre de nouveaux chalets à Bromont et à Saint-Sauveur ou un nouveau télésiège quadruple à Mont-Orford, on remarque aussi l’aménagement de nouvelles zones d’apprentissage dans plusieurs stations : La Tuque, Avila, Bromont, le Massif de Charlevoix et le mont Avalanche offrent toutes de nouvelles pentes pour débutants avec remontée de type tapis convoyeur.

« On peut aussi faire ça en ville, soutient Yves Juneau. On a des équipements semblables à Terrebonne, Saint-Constant, Saint-Bruno et Rigaud ; il y a un paquet d’endroits faciles d’accès avec ce genre d’équipement en milieu urbain. Pas besoin d’aller loin pour s’initier ! »

Consultez le site de l’ASSQ