Le Jardin botanique et le Biodôme ont rouvert leurs portes, avec certaines restrictions. Nous avons demandé aux directeurs de ces deux institutions de nous faire découvrir cinq trucs vraiment chouettes à voir.

Marie Tison
Marie Tison La Presse

Jardin botanique

Pour la directrice du Jardin botanique, Anne Charpentier, le printemps est un très bon moment pour visiter l’institution. Il y a des floraisons spectaculaires dans les jardins extérieurs et lorsqu’il pleut, les serres se montrent accueillantes et pleines de surprises. « C’est dur de se limiter à seulement cinq choses cool. »

Les plantes bizarres

Il y a des spécimens vraiment étranges dans les serres du Jardin botanique, comme l’immense plante insectivore Nepenthes alata. « Elle est dotée de gourdes suspendues, avec un petit clapet, ce qui lui permet de capturer de façon passive un complément de nourriture : des mouches, des insectes qui viennent et qui tombent là-dedans. »

Il y a aussi Beaucarnea recurvata, qui est arrivée au Jardin botanique à l’état de graine. « Maintenant, elle est immense, il faut la contrôler parce qu’elle voudrait sortir du toit de la serre, indique Mme Charpentier. Mais ce qui est bizarre, c’est son pied : un immense pied d’éléphant qui est en fait une réserve d’eau. C’est donc une plante qu’on trouve dans un milieu aride. »

Bonsaïs et penjings

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le Jardin botanique possède une très belle collection de bonsaïs et de penjings. Ce spécimen a 115 ans.

Le Jardin botanique possède une belle collection d’arbres miniaturisés : les bonsaïs, qui viennent du Japon et du Viêtnam, et les penjings, originaires du nord de la Chine.

« Ce qui est intéressant, c’est que ces arbres-là, qui sont gardés à l’intérieur, mais au frais, débourrent avant les autres. Si vous voulez avoir un goût du printemps avant l’heure, c’est intéressant d’aller les voir dans la serre. On peut notamment voir un petit érable déjà en feuilles. »

Les plantes alimentaires

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Les bananes, ça ne pousse pas sur les étagères des épiceries. Bien des enfants (et des adultes) seront fascinés par ces véritables bananiers.

Il y a toute une serre consacrée aux plantes tropicales alimentaires, comme les bananiers, les vanilliers ou les avocatiers. « C’est une de mes préférées, avoue Anne Charpentier. On voit comment poussent les plantes dont on s’alimente. On peut voir comment poussent les caramboles, comment poussent certaines épices. »

On peut donc voir les fruits que l’on mange, comme les pamplemousses ou les ananas. Il arrive parfois qu’on mange aussi le rhizome d’une plante (le gingembre), sa tige (la canne à sucre), son écorce (la cannelle), sa feuille (le thé) et sa graine (le riz ou le café).

Le Jardin Leslie-Hancock

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Les rhododendrons commencent à fleurir dans le très secret 
jardin Leslie-Hancock.

C’est un des trésors cachés du Jardin botanique, à l’extérieur des serres. « Il est comme dans un écrin, et c’est voulu parce que les arbustes qu’il contient ont besoin d’être protégés des vents froids de l’hiver. On a créé un écrin d’arbres et de conifères dans l’arboretum. »

Ce jardin secret regroupe des collections de rhododendrons, d’azalées et d’éricacées, comme le thé des bois et le thé du Labrador. « On connaît les rhododendrons et les azalées pour leur floraison spectaculaire, qui débute en mai et se poursuit en juin. C’est vraiment magnifique, c’est comme un feu d’artifice de couleurs. »

Le Jardin alpin

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

L’atmosphère du Jardin alpin est unique. Les fleurs y sont parfois discrètes, parfois moins.

Un autre coup de cœur pour Anne Charpentier. « C’est un concentré de plantes qui poussent normalement dans les montagnes. Ce sont des collections qui viennent des Alpes, des Rocheuses, des Andes, soit de grandes chaînes de montagnes. » On y trouve la fameuse edelweiss, bien sûr, mais aussi des espèces colorées comme les saxifrages.

Le printemps est une très belle période pour visiter ce jardin parce que la floraison y est alors intense. « Ce qui est bien aussi, c’est que cette floraison attire beaucoup les pollinisateurs : des insectes qui butinent. C’est un très beau spectacle printanier. »

> Consultez le site web du Jardin botanique

Biodôme

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le paresseux est un animal très zen. On a plus de chance de le voir s’activer en fin de journée.

Le directeur du Biodôme, Yves Paris, a un grand conseil à donner : prendre son temps. « Comme lorsqu’on découvre la nature, il faut prendre le temps d’observer, et même de faire la visite à deux reprises : dans la même section, on voit des choses différentes : les animaux bougent, l’animal qui faisait la sieste à 14 h peut reprendre son activité 45 minutes plus tard. »

Le matin et le soir

Pour Yves Paris, ce qui est vraiment chouette au Biodôme, c’est le début et la fin de la journée. « Il y a moins de monde, ce qui permet de connaître une belle expérience, et les animaux sont souvent plus actifs. Le paresseux va souvent se réveiller en fin de journée, la loutre va être plus active le matin. C’est un peu comme dans la nature. Ce sont les meilleurs moments pour observer les animaux. »

Les plongeurs

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

L’esturgeon du golfe du Saint-Laurent est un énorme poisson. On peut constater sa très grande taille lorsque des plongeurs s’affairent dans le bassin pour de l’entretien. Ils passent à l’action trois fois par semaine. En leur absence, les esturgeons demeurent quand même très impressionnants.

Il y a des plongeurs qui parcourent le grand bassin du golfe du Saint-Laurent, que ce soit pour faire de l’entretien, retirer des algues, faire un aménagement, etc. Normalement, ces visites aquatiques ont lieu trois fois par semaine, en matinée, les lundis, mercredis et vendredis, mais cet horaire peut varier. « C’est impressionnant à voir et ça donne un autre point de vue. Voir un humain dans un écosystème comme ça, ça donne une bonne idée de la dimension du bassin. Nous avons d’énormes esturgeons : on peut donc comparer leur taille avec celle d’un humain. »

Le repas des manchots

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le repas des manchots est toujours un spectacle fascinant (et plutôt rigolo), dans l’écosystème des îles subantarctiques.

Des techniciens en santé animale pénètrent dans l’habitat des manchots deux fois par jour, en matinée et en après-midi, pour les nourrir. « C’est une bonne occasion pour les voir. Un éducateur est sur place pour donner des informations aux visiteurs. »

Mais même sans la présence de techniciens, les manchots sont les grandes vedettes du Biodôme. On y trouve quatre espèces, qui proviennent toutes des îles subantarctiques. Le plus gros, le manchot royal, est particulièrement élégant avec ses touches orangées. Le manchot papou est mignon, mais il parvient difficilement à rivaliser avec le gorfou doré et le gorfou sauteur, dotés d’aigrettes de plumes qui leur donnent un aspect un peu échevelé.

Entraînement et enrichissement

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Un technicien soumet des tamarins à des exercices d’entraînement et d’enrichissement. Les petits singes semblent apprécier cette visite (ils apprécient surtout les petites récompenses qu’on leur apporte).

Les activités d’entraînement servent à habituer les animaux à adopter certains comportements, comme monter sur un perchoir ou entrer dans une boîte. Cela permettra plus tard de leur donner une injection ou de les amener chez le vétérinaire sans provoquer de stress.

« Quant à l’enrichissement, c’est d’ajouter des choses dans l’habitat pour simuler des comportements qu’on voit dans la nature. Ça pourrait être de cacher des souris mortes dans l’habitat du lynx pour qu’il tente de les trouver. C’est donc un bon moment pour voir un animal en activité, en train de grimper, de fouiller. »

Nouvelle application

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Une nouvelle application gratuite permet d’identifier les animaux et d’apprendre plusieurs faits intéressants à leur sujet.

Au cours des dernières années, le Biodôme a subi une profonde cure de rajeunissement. Les panneaux d’interprétation ont totalement disparu dans les divers écosystèmes. « Toute l’information se retrouve sur votre téléphone, informe Yves Paris. Il faut télécharger l’application et la consulter avant de venir, ça va aider à la visite. Il y a une géolocalisation qui se fait, et ça permet de savoir ce qu’on peut observer. Les gens qui suivent l’application ne manquent rien. »

Ils peuvent notamment avoir une notification lorsqu’il y a une activité spéciale quelque part.

« On peut aussi demander aux gens de prendre des données sur le comportement d’un animal, la loutre, par exemple. Ce sont des données que nous allons utiliser pour faire un suivi. »

Le Biodôme peut prêter un appareil lorsque le visiteur n’en a pas.

> Consultez le site web du Biodôme