(Québec) Le gouvernement Legault lance un premier plan vert de 30 millions sur cinq ans pour l’industrie touristique.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Les mesures ne seront toutefois pas contraignantes, mais plutôt incitatives.

Le plan ne présente pas non plus de certification ou d’homologation du tourisme vert, mais soutiendra les projets de certification jugés pertinents.

En conférence de presse jeudi matin, la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a dit viser un tourisme de qualité plutôt que de masse.

« On n’y va pas sur la quantité, on y va sur la qualité. Et on mise sur le phénomène “voyage lent”, réduire notre empreinte, rester plus longtemps au même endroit, consommer local, acheter local, faire de l’aventure, de l’écotourisme local. »

L’enveloppe peut paraître modeste : 30 millions sur cinq ans pour tout le Québec, une somme qui avait été réservée dans le budget de l’an dernier. Mais c’est une part non négligeable du budget du ministère du Tourisme en 2020-2021, qui est de 167 millions.

En comparaison, le gouvernement a investi 830 millions en mesures de sauvetage de l’industrie touristique dans le contexte de la crise sanitaire.

Parmi les mesures que la ministre souhaite voir se concrétiser rapidement, il y a un circuit touristique pour les véhicules électriques, avec des bornes de recharge tout au long du parcours.

En outre, le gouvernement accompagnera des entreprises qui veulent devenir plus vertes, avec du financement pour encourager entre autres la réduction de l’empreinte carbone des forfaits offerts par des agences de voyages, etc.

Le plan veut aussi soutenir les pratiques écoresponsables et les technologies propres.

Hôtellerie et croisières

La ministre a été questionnée par exemple sur les pratiques en matière d’hôtellerie, comme la multiplication des emballages uniques et polluants pour le savon, le shampooing, etc.

« J’attends des propositions du milieu pour nous faire des offres qu’on peut réaliser, à court terme », a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, qu’en est-il d’un tourisme jugé très polluant, comme les croisières qui font des escales au Saguenay, à Québec et à Montréal ? Des grandes villes dans le monde ont pris des mesures pour réduire les visites de ces paquebots, qui brûlent 24 heures sur 24 des centaines de tonnes de carburant lourd très polluant.

« Il y a un phénomène de croisières qui s’amène de plus en plus au Québec », a reconnu Mme Proulx, en précisant que l’interdiction actuelle en raison de la pandémie a été prolongée jusqu’en février 2022.

Elle a évoqué les solutions de rechange qui émergent, par exemple de plus petits bateaux, mus par des moteurs électriques et transportant entre 50 et 150 personnes.

QS

Québec solidaire (QS) a reproché au gouvernement de parler de tourisme vert sans protéger le territoire contre l’exploitation des forestières et les projets polluants.

« On est en train de sacrifier nos dernières hardes de caribous, on continue à tout raser à proximité de nos érablières et dans des secteurs à forte valeur écologique qui devraient être protégés, et la CAQ continue de nous parler de tourisme durable et de circuits touristiques électriques », a dénoncé la députée Émilise Lessard-Therrien, de QS.