Les parcs de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) ont été plus populaires que jamais en 2020, démontrent des données publiées mardi et qui témoignent entre autres d’une hausse de 14 % de l’achalandage estival l’an dernier.

Jean-Benoit Legault
La Presse Canadienne

Si on peut supposer que les Québécois se sont rués vers ces installations parce qu’il leur était fortement déconseillé, voire interdit, d’aller ailleurs, il est aussi tout à fait possible que la pandémie ait fait naître en eux un désir puissant d’aller « jouer dehors ».

« Je pense que ça démontre un besoin des gens de se connecter avec la nature, d’aller chercher de l’apaisement, de profiter du moment présent, de faire une pause, a commenté la professeure Véronique Boudreault, de la faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke. Quand on s’évade comme ça en nature, on a l’impression d’être loin de nos problèmes. »

Ainsi, la moitié des détenteurs d’une carte annuelle Parcs nationaux Édition Bonjour Québec ont affirmé avoir pratiqué plus d’activités de plein air et de sorties en nature qu’avant la pandémie ; 87 % des détenteurs de la carte ont estimé que leurs visites dans les parcs nationaux avaient contribué à améliorer leur santé mentale, et 84 % ont dit en avoir ressenti des bénéfices physiques.

Cette carte, qui était offerte à 50 %, a été vendue à quelque 141 000 exemplaires. Elle donne un accès annuel illimité aux parcs nationaux de la SEPAQ.

L’organisme estime que ces cartes sont à l’origine de près de 1 million de jours/visite sur une fréquentation totale de 4,8 millions de jours/visite dans les parcs nationaux du réseau l’été dernier, un sommet historique d’achalandage pour la période malgré la fermeture des territoires entre le 1er avril et le 19 mai.

« Le fait d’être en nature, d’être dans un espace vert, de respirer de l’air frais nous permet aussi d’être un peu plus dans le moment présent, de […] se grounder à des éléments concrets de la nature », a dit Mme Boudreault.

« Être dans le moment présent, être capable de ressentir, d’exister, d’activer les sens, ça peut être vraiment aidant […] quand on connaît toute l’incertitude qui vient avec la pandémie. »

Les visiteurs pourront avoir ressenti un sentiment de sécurité dans ces grands espaces, croit-elle, en s’éloignant des villes où on peut avoir l’impression que le virus nous attend à chaque coin de rue.

Bienfaits bien documentés

Personne ne sera surpris d’apprendre que les bienfaits de l’activité physique pour la santé, qu’elle soit mentale ou physique, sont solidement documentés.

S’il est toujours important de bouger et de s’activer, l’anxiété, le stress et même la détresse qui peuvent accompagner la situation actuelle rendent ce besoin encore plus criant.

Non seulement l’activité physique aura-t-elle un impact physiologique comme la production d’hormones, mais elle pourra aussi permettre d’évacuer l’énergie emmagasinée, par exemple pendant les longues périodes de télétravail.

« On est plus assis, on est moins actifs, donc on a besoin de dépenser plus d’énergie, a dit Mme Boudreault. Ça va favoriser un meilleur sommeil, une meilleure alimentation, donc toutes les habitudes de vie qui sont mieux régulées quand on est actifs physiquement vont faire en sorte qu’on va avoir plus de chances de maintenir une santé psychologique adéquate quand on fait de l’exercice physique. Donc, oui, le besoin est sans doute plus présent en ce moment que jamais. »

Les données de la SEPAQ révèlent que parmi les détenteurs d’une carte Bonjour Québec, 15 % n’avaient jamais fréquenté un parc national auparavant. Près de 75 % provenaient des régions métropolitaines de Montréal et de Québec et près de 100 % ont manifesté leur intention de retourner dans un parc national au cours des 12 prochains mois.

En outre, 65 % des visiteurs estivaux ont dit avoir l’intention d’y retourner au moins une fois cet hiver.

« Ça nous montre peut-être que dans des temps difficiles comme celui-là, les gens sont résilients et on a tendance à se retourner vers la base, vers ce qui nous fait vraiment du bien, vers ce dont on a vraiment besoin en tant qu’êtres humains, fondamentalement », a conclu Mme Boudreault.

Chaque visiteur d’un établissement génère en moyenne des dépenses des 66 $ par jour à l’extérieur de l’établissement fréquenté, selon la SEPAQ.