(Montréal) Air Canada réduira de nouveau ses services dans les provinces atlantiques dans la nouvelle année en raison de la deuxième vague de cas de COVID-19.

Jon Victor
La Presse Canadienne

À compter du 11 janvier, le transporteur aérien suspendra jusqu’à nouvel ordre tous ses vols à Sydney, en Nouvelle-Écosse, et à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, en plus d’interrompre temporairement certaines liaisons à Deer Lake, à Terre-Neuve-et-Labrador, à Charlottetown, à Fredericton et à Halifax.

« Cette décision n’a pas été prise à la légère, et nous regrettons son impact sur nos clients et nos partenaires communautaires, mais il est de plus en plus difficile de continuer à fonctionner dans cet environnement compliqué sans appui spécifique du gouvernement, avec qui nous continuons d’attendre de commencer à négocier », a affirmé Peter Fitzpatrick, un porte-parole d’Air Canada.

La plus grande ligne aérienne du pays a déjà annoncé en juin la suspension indéfinie de 11 liaisons au Canada atlantique et la fermeture de gares à Bathurst, au Nouveau-Brunswick, et à Wabush, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Selon M. Fitzpatrick, les plus récentes coupes dans le service du Canada atlantique font partie des 95 suspensions prévues et annoncées en novembre, en même temps que les résultats du troisième trimestre d’Air Canada.

En octobre, le transporteur rival WestJet Airlines a annoncé qu’il suspendait 80 % de sa capacité au Canada atlantique.

Les compagnies aériennes ont réduit leur service alors que la demande de passagers diminuait, ce qui a incité Air Canada à convertir plusieurs de ses avions pour transporter du fret. L’industrie aérienne réclame depuis des mois un soutien financier fédéral.

Aux yeux du président du Conseil des aéroports du Canada, Daniel-Robert Gooch, l’absence de réponse ciblée de la part du gouvernement fédéral a joué un rôle dans les coupes d’Air Canada.

« Ce développement était pratiquement inévitable étant donné les restrictions provinciales soutenues sur les voyages aériens dans le Canada atlantique, le refus d’envisager des programmes de dépistage pour améliorer la sécurité et mitiger le besoin de longues quarantaines et l’absence de soutien fédéral pour nos partenaires du transport aérien », a-t-il affirmé.

Derrick Stanford, président de l’Association des aéroports du Canada atlantique et chef de la direction de l’aéroport de Saint-Jean, affirme que cette troisième série de coupes majeures au cours des six derniers mois réduit le service à un niveau insoutenable.

D’autres aéroports à travers le pays ont fait d’importantes coupes dans leurs dépenses d’exploitation, la rareté des revenus tirés des frais les ayant forcés à réduire leurs coûts.

« Notre industrie ne peut pas survivre et fonctionner dans ces conditions, et nous voyons le pire des cas se jouer ici aujourd’hui », a-t-il affirmé dans un communiqué de presse.

« Cela aura un impact énorme sur l’économie de notre région, sur la capacité des familles à se reconnecter, sur la circulation des travailleurs essentiels, ainsi que sur les employés et les entreprises des aéroports. »

Note aux lecteurs : Version corrigée. Air Canada interrompt temporairement certaines liaisons à Deer Lake, à Terre-Neuve-et-Labrador, à Charlottetown, à Fredericton et à Halifax, mais pas l’ensemble de ces liaisons, tel qu’écrit par erreur dans une version précédente.