(ROUYN-NORANDA) La COVID-19 a eu des impacts importants pour l’industrie touristique en Abitibi-Témiscamingue. Mais si certains commerces ont frappé le mur, d’autres, au contraire, ont connu une saison record.

Michel Ducas, Initiative de journalisme local
La Presse Canadienne

L’Association touristique régionale a mené un sondage auprès de ses membres, et les résultats ont provoqué l’étonnement des dirigeants. « On a eu une saison surprenante aux antipodes, constate la directrice générale de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, Stéphanie Lamarche. Comme on est une région avec un fort potentiel culturel, l’annulation des festivals a fait mal au domaine hôtelier et aux restaurateurs. Autre fait que l’on ne peut passer sous silence : l’annulation de la plupart des mariages a aussi influencé à la baisse nos statistiques. Plusieurs familles ont de la parenté vivant à l’extérieur de la région, et qui souvent se déplace pour ces occasions. » Les pourvoiries ont aussi connu un été difficile, notamment en raison de l’annulation de la chasse à l’ours.

À l’opposé, certaines activités extérieures ont battu des records, notamment le camping et la location de chalet. « En général, les Québécois sont épris de liberté, remarque Mme Lamarche. Ils ont été confinés pendant plusieurs semaines, et plusieurs n’avaient jamais pensé à l’Abitibi-Témiscamingue pour leurs vacances. »

À cet effet, Tourisme Abitibi-Témiscamingue a recensé plusieurs visiteurs de la région de Québec, une agréable surprise, selon Stéphanie Lamarche. « Québec n’est pas un marché naturel pour nous, dit-elle. On consacre habituellement nos efforts en Outaouais, à Montréal, à Laval, en Montérégie et dans les Laurentides. Mais cet été, plusieurs familles de la région de Québec sont venues découvrir notre région. » Une façon pour eux de s’évader des soucis covidiens ? « Je pense que oui », répond Mme Lamarche.

Une ouverture certaine

Ce qui rend les statistiques sur le tourisme encore plus surprenantes, c’est que la saison estivale a commencé sur le tard. « Ici, la saison a commencé fin juillet, souligne Stéphanie Lamarche. Ce qui nous a aidés, c’est l’attitude d’ouverture des gens en général. Pendant que certaines régions se fermaient aux gens des grands centres, nous, on les accueillait avec plaisir. Tout ce qu’on leur demandait, c’était de respecter les consignes sanitaires. »

Pour Tourisme Abitibi-Témiscamingue, la saison d’été n’est pas le seul temps fort de l’année. Présentement, les dirigeants travaillent à tâtons sur la saison de motoneige. Pour le moment, l’organisme continue son offensive marketing au Québec et en Ontario en vue de l’hiver, sans savoir ce que réserveront les prochains mois.

« Je suis consciente que rien n’est certain pour cet hiver, affirme Stéphanie Lamarche. Si on peut inviter les touristes à ce moment-là, on va le faire. Sinon. On veut quand même être dans la tête des gens pour l’année suivante. » Stéphanie Lamarche invite aussi les gens de l’Abitibi-Témiscamingue à découvrir les sentiers de leur région. « Nos propres résidants sont de grands amateurs de motoneige, rappelle-t-elle. Si la COVID nous empêche d’inviter les touristes, on peut quand même inviter les gens de notre région à découvrir nos sentiers. »