On va à l’île Bonaventure pour voir les fous de Bassan, mais ce n’est qu’une fois rendu sur place, face à ces dizaines de milliers d’oiseaux, qu’on mesure la pleine beauté de ce spectacle unique.

Martin Chamberland
Martin Chamberland La Presse

Actuellement accessible à partir de L’Anse-à-Beaufils à cause de la réfection du quai de Percé, la navette fluviale prend environ une heure pour se rendre à l’île. Les falaises de roches stratifiées du littoral de Percé servent de décor lors de cette traversée. Pour peu, on se croirait à voguer vers une destination soleil, n’eût été ce gigantesque monument national bien connu qui s’offre à nous, le rocher Percé.

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L’abondance de petits poissons dans les eaux du golfe du Saint-Laurent, l’absence d’animaux prédateurs et de vastes espaces font de l’île Bonaventure l’habitat idéal pour les fous de Bassan.

À l’arrivée dans l’île, on peut y voir les bâtiments construits pour les pêcheurs, il y a quelques siècles de cela. D’ailleurs, l’histoire de cette minuscule île est plus riche que l’on peut croire, pour ceux qui veulent s’y attarder. Les bâtiments ont été convertis aujourd’hui pour accueillir les touristes et sont devenus un restaurant et des centres d’interprétation de l’histoire de l’île, tous gérés par la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ).

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Situé juste à l’entrée de l’île, face au quai, le Resto des Margaux propose aux visiteurs soupe de poisson et autres délices des mers.

La colonie de fous de Bassan est la deuxième en importance au monde avec pas moins de 60 000 couples reproducteurs (la colonie du rocher de Bass, en Écosse, arrive au premier rang avec plus de 75 000 couples). On accède à leur territoire en choisissant l’un des trois chemins, le temps de marche variant entre 45 minutes et une heure et demie. Les chemins sont agréablement balisés et permettent aux visiteurs de bien apprécier ce moment privilégié dans l’île.

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Connus pour leur fidélité, les couples de fous de Bassan peuvent demeurer unis durant plusieurs années, voire pour la vie.

L’arrivée se fait au son et à l’odorat de cette masse blanche d’oiseaux marins, car on doit le mentionner, il y a une légère odeur qui émane de cette foisonnante colonie…

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La proximité avec les oiseaux est telle que les visiteurs ont (presque) le sentiment de faire partie de la colonie.

Mais cela est vite oublié, car à la vue de tant d’activité animale, on ne peut que s’émerveiller. Et puis, ce qui est plutôt surprenant est que l’on peut s’approcher si près qu’on peut aisément prendre d’excellentes photos, afin de faire languir famille et amis qui n’y sont pas encore allés.

  • Ce fou semble battre la mesure, à l’image d’un chef d’orchestre.

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    Ce fou semble battre la mesure, à l’image d’un chef d’orchestre.

  • Malgré une approche à grande vitesse, le fou de Bassan est capable de repérer son clan parmi les milliers de membres de la colonie.

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    Malgré une approche à grande vitesse, le fou de Bassan est capable de repérer son clan parmi les milliers de membres de la colonie.

  • Le plus gros oiseau marin d’Amérique du Nord peut parcourir plus de 450 km par jour, survolant l’océan à la recherche de petits poissons, comme le maquereau, dont il se nourrit.

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    Le plus gros oiseau marin d’Amérique du Nord peut parcourir plus de 450 km par jour, survolant l’océan à la recherche de petits poissons, comme le maquereau, dont il se nourrit.

  • Il est possible de venir dans l’île observer les fous de Bassan jusqu’à la mi-octobre.

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    Il est possible de venir dans l’île observer les fous de Bassan jusqu’à la mi-octobre.

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L’intérêt principal de toute cette aventure, c’est bien entendu d’observer les oiseaux, leur habitat et leurs comportements.

On les voit au loin sur la mer en train de chercher de la nourriture, plonger tête première dans l’eau avec empressement à la vue de leur proie, comme un avion de chasse, pour en ressortir quelques secondes plus tard avec leur butin. Ils se dirigent ensuite vers l’île pour venir atterrir bien adroitement en plein cœur de cette masse blanche à la rencontre des membres de leur famille. Cela laisse les visiteurs médusés : comment font-ils pour se retrouver à travers cette mer de petites masses blanches indicibles malgré la distance et la vitesse de leur vol ? On peut également apercevoir des fous de Bassan s’occuper de leur progéniture avec attention, et ce, à seulement quelques pas de distance. Attendrissant, vous dites ?

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L’envergure des ailes de l’oiseau au bec en forme de poignard peut atteindre 1 m 80.

C’est ainsi qu’avec le cœur attendri vient le temps de se durcir les mollets et de franchir les quelques kilomètres qui vous conduiront à la navette fluviale. Un arrêt au restaurant permettra de se remplir le ventre à la suite de cette épopée exotique bien ancrée dans la culture québécoise. Il n’y a pas à dire, c’est une bonne aventure !

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Très vulnérable, le poussin est nourri par ses parents durant les 90 premiers jours de sa vie. Le jeune fou de Bassan, qui ne pèse que 70 g à la naissance, peut atteindre les 4 kg.