Quand on part en vacances, on balance souvent un bon vieux frisbee dans le coffre de la voiture. Cet humble disque de plastique pourrait très bien vous faire découvrir un sport plutôt amusant et vous faire explorer des petits coins sympathiques dans différentes régions du Québec.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Il s’agit du disque golf, un sport inspiré du golf, « mais sans le décorum et beaucoup moins cher », lance Jean-François Blain, un adepte de cette activité rencontré avec sa fille Alice Douville-Blain sur le parcours du parc Ignace-Bourget, à Montréal.

On trouve de tels parcours dans plusieurs régions, comme les Laurentides, la Montérégie, l’Estrie, le Centre-du-Québec, la région de Québec, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et l’Outaouais.

Les parcours peuvent avoir 9, 12 ou 18 trous. Le but du jeu est simple : on s’installe sur la base de départ et on essaie de faire atterrir le disque dans un panier de métal en effectuant le moins de lancers possible.

« C’est agréable quand il fait beau, quand il n’y a pas trop de vent, commente un expert, Paul-André Lemieux, vice-président de l’Association Disc Golf Montréal (ADGM). Ça peut être en forêt comme à Saint-Bernard-de-Lacolle. Ça peut être dans un parc super aménagé comme le Bois de Belle-Rivière, à Mirabel. Ça peut être à côté d’une usine d’épuration, comme à l’île Charron, où on peut voir des tortues et des chevreuils. » Certains parcours sont gratuits, d’autres ont des droits d’entrée.

Différents disques

Oui, on peut jouer avec son bon vieux frisbee, mais la performance ne sera pas au rendez-vous. Les mordus utilisent plutôt des disques spécialisés qui, heureusement, ne coûtent pas une fortune : une dizaine de dollars, pas tellement plus.

« Le frisbee est un disque qu’on lance à une autre personne à une quinzaine de mètres, explique M. Lemieux. Les disques golf sont plus lourds et plus aérodynamiques, on peut les lancer à une centaine de mètres vers une cible. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Alice Douville-Blain présente les trois types de disques qu’utilisent les mordus de disque golf : un driver, un mid-range et un putter. Ils présentent des épaisseurs et des architectures différentes.

Tout comme le golfeur, qui utilise des bâtons différents selon le type de coups qu’il veut effectuer, le joueur de disque golf utilise des disques différents : le driver, un disque très plat qui peut fendre l’air pour parcourir de longues distances ; le mid-range, un peu moins saillant, pour les distances moyennes ; et le putter, plus arrondi, utilisé pour les lancers de précision, notamment à proximité de la cible.

Dans son sac spécialisé, Alice Douville-Blain fait l’inventaire de sa collection de disques (elle en a déjà 11) et en choisit un pour le trou numéro cinq du parcours du parc Ignace-Bourget. Elle s’installe, se concentre puis envoie le disque en effectuant une légère rotation du corps. Le disque s’élance, semble se diriger vers un arbre qui obstrue le passage. Mais non, au dernier moment, la trajectoire du disque s’incline suffisamment pour qu’il dépasse les branches et atterrisse à une faible distance de la cible. Pas mal pour une jeune fille de 10 ans.

« Je prends des trucs de tout le monde pour inventer ma technique », explique-t-elle devant un papa qui ne cache pas sa fierté.

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On peut lire une extrême concentration sur le visage d’Alice Douville-Blain.

Jean-François Blain utilise une technique un peu différente, un petit pas croisé qui lui donne un bon élan.

Paul-André Lemieux, de l’ADGM, affirme qu’au début, un amateur peut se débrouiller avec un seul disque, un mid-range par exemple, qu’il peut acheter en ligne. Il peut aussi louer des disques sur certains parcours comme au Parcours de la frontière à Saint-Bernard-de-Lacolle, au Bois de Belle-Rivière, à Mirabel, ou au golf Les Rivières de Trois-Rivières. L’amateur peut consulter des vidéos sur YouTube pour travailler sa technique.

C’est un mouvement athlétique qui implique tout le corps, un genre de catapulte avec le bras qui permet de propulser le disque et de le faire voyager une centaine de mètres et plus.

Paul-André Lemieux, vice-président de l’Association Disc Golf Montréal

Les mordus peuvent participer à des tournois, essayer de progresser dans le classement général. Mais pas question de traiter de haut les joueurs d’occasion qui se présentent sur un parcours avec un simple frisbee. « La plupart du temps, on aime ça initier les gens, affirme M. Lemieux. On peut montrer notre sac, montrer les disques, faire des lancers. »

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Un dernier lancer et hop ! dans le panier !

Paul-André Lemieux note que le disque golf est particulièrement approprié en cette période de pandémie. « C’est comme le golf, où les joueurs ne jouent pas avec la même balle, où personne ne frappe en même temps. On lance à tour de rôle, il n’y a pas de problème avec la distanciation. »

La COVID-19 a toutefois retardé le développement de quelques nouveaux parcours au Québec, les autorités municipales ayant d’autres priorités. Mais ce n’est que partie remise, affirme M. Lemieux.

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