(La Pêche) Après un printemps passé confinés dans nos maisons, l’idée d’aller se perdre dans un labyrinthe aquatique a quelque chose de séduisant. Pas de panique ! Les indices vers la sortie ne sont jamais très loin.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

La petite municipalité de La Pêche, en Outaouais, aussi connue sous le nom de Wakefield, héberge une étonnante concentration d’activités en plein air qui sortent de l’ordinaire : plongée sous-marine dans la carrière Morrison, saut en bungee au-dessus de ladite carrière, exploration de la plus grande caverne du Bouclier canadien et balades en canot ou en pédalo sur les canaux d’un labyrinthe aquatique qui se targue d’être unique au monde.

Aménagé dans un marais en 2008, ce labyrinthe est composé de 64 intersections étalées sur 6 km. Un circuit qui n’est pas l’œuvre de Dame Nature, mais plutôt celle de Michel Leclair, un ancien agent de la faune au parc de la Gatineau spécialisé en castors et en contrôle de niveaux d’eau. Après avoir acheté cette grande terre à un fermier qui avait maille à partir avec les castors, Michel Leclair a décidé de tirer profit de leur présence.

S’inspirant du castor qui, lorsqu’il s’installe dans un habitat, creuse un réseau de canaux sous l’eau, il a créé des canaux dans ce marais de 70 acres où vont et viennent quelques familles de castors, dont il dirige « un peu » les travaux pour éviter que la rupture d’un barrage inonde les terres et routes voisines.

PHOTO PATRICK WOODBURY, LE DROIT

Pour s’extirper du labyrinthe aquatique, les participants peuvent compter sur une carte leur indiquant le chemin vers la sortie et l’emplacement d’indices permettant de résoudre une énigme.

C’est un peu ce point de vue qu’a le castor sur le marais, au fil de l’eau, que Michel Leclair a voulu reproduire pour les visiteurs, en canot ou en pédalo. Sur l’eau, la vie est paisible. On croise bien la route de quelques visiteurs ici et là, mais des parcours différents sont proposés aux plaisanciers de façon à favoriser une distanciation. À l’accueil, on remet à chaque groupe une carte plastifiée montrant l’itinéraire proposé (eh oui, on vous donne le chemin vers la sortie !) et l’emplacement d’indices tout au long du parcours ; des indices qui permettront de résoudre une énigme.

Mais, au-delà de l’énigme et du labyrinthe, on y va pour profiter de la tranquillité du marais, de sa faune et de sa flore. L’œil attentif pourra y apercevoir l’une des huit espèces de grenouilles qui habitent le marais, de nombreuses libellules, des tortues, des loutres, des canards, des oiseaux et, bien sûr, des castors.

Il faut regarder ! C’est souvent comme ça dans la nature. On ne voit pas parce qu’on n’a pas l’œil ouvert.

Michel Leclair, propriétaire d’Éco-Odyssée

Encore faut-il savoir ce qu’on regarde. En temps normal, Éco-Odyssée fournit un guide d’interprétation au public pour lui permettre de reconnaître les espèces qui peuplent le marais. En raison des mesures d’hygiène exigées par la Santé publique en lien avec la COVID-19, l’entreprise a dû revoir son offre et retrancher de l’aventure d’identification la partie nécessitant l’utilisation d’un guide en papier et amenant, à un certain moment, les plaisanciers à converger vers un même point.

Michel Leclair espère tout de même que ces balades permettront aux visiteurs d’aiguiser leur sens de l’observation et d’apprendre à connaître le marais comme un habitat. « Quand on connaît, on ne détruit pas », observe-t-il.

La balade dure environ deux heures et convient très bien aux familles qui ont de jeunes enfants. Plusieurs départs par jour sont offerts. Le parcours peut être réalisé à bord d’un pédalo, d’un canot ou sur une planche à pagaie. Les tarifs varient entre 25 $ et 46,99 $, selon le type d’embarcation choisi.

Éco-Odyssée exploite également un gîte. Plus tard cet été, des sites de camping pour les tentes et trois mini-maisons devraient s’ajouter à l’offre d’hébergement.

> Consultez le site web d’Éco-Odyssée

D’autres marais où naviguer

À l’inverse des grandes étendues d’eau qui s’étalent à perte de vue, le marais est enveloppant et sécurisant. Voici d’autres marais à découvrir, où la location d’embarcations ou des visites guidées sont offertes.

Le marais de la rivière aux Cerises

Le marais de la rivière aux Cerises, situé entre le parc du Mont-Orford et le lac Memphrémagog, près du centre-ville de Magog, peut être exploré lors de visites guidées en kayak, du mercredi au dimanche. Des sorties familiales d’une durée d’une heure sont même organisées en matinée pour initier les enfants aux plaisirs du nautisme.

> Consultez le site web du marais

Les Marais du Nord

Au nord du lac Saint-Charles, à Stoneham-et-Tewkesbury, les Marais du Nord sont un endroit prisé des ornithologues. Il est possible d’y louer canot ou kayak pour les découvrir. Dix espèces de reptiles et d’amphibiens, 33 espèces de mammifères et 160 espèces d’oiseaux terrestres et aquatiques peuplent cette réserve naturelle où de nombreux indices de présence amérindienne passée ont été retrouvés.

> Consultez le site web des marais

Parc de la Rivière-des-Mille-Îles

Près de la ville, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, un espace faunique protégé, regroupe un ensemble de milieux naturels, dont des îles et des marais où l’on peut pagayer. Le centre de location d’embarcations compte une large flotte de canots, kayaks et planches à pagaie, offerts sans réservation. Pour cet été, la location d’embarcations est uniquement offerte pour des blocs de trois heures ou pour la journée.

> Consultez le site du parc