Il ne s’agit pas d’une réouverture complète, mais l’industrie du camping accueille quand même favorablement l’annonce du gouvernement Legault.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« C’est une bonne nouvelle, lance Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec). C’est un pas de plus vers la normale, même si ce n’est pas encore la normale. Ça va permettre à un paquet de gens, qui se demandaient s’ils pourraient pratiquer leurs activités préférées cet été ou se trouver une destination vacances, d’en profiter. C’est une bouffée d’air frais. »

Il note toutefois que l’ouverture des différents sites de camping et des divers hébergements, comme les chalets, pourrait prendre un certain temps.

« Nous avons 700 chalets dans notre réseau à remettre en disponibilité, a-t-il déclaré. Ça va être progressif. »

À l’Association des parcs régionaux, on se réjouit aussi de cette première phase de déconfinement dans le domaine du tourisme.

« Les parcs régionaux pourront commencer à prendre des réservations, indique Pierre Gaudreault, directeur général de l’association. C’est également une excellente nouvelle pour plusieurs entreprises en tourisme d’aventure qui sont également gestionnaires de sites de camping, comme SEBKA (à Kamouraska) et Mer et Monde (Bergeronnes) ».

Au Parc régional Kiamika, dans les Laurentides, on est fébrile.

« On se prépare avec le contexte de la COVID-19, explique Marie-Claude Provost, directrice générale du parc. C’est la sécurité des employés et des clients qui vont être mis de l’avant. On revoit toute la préparation, le parcours du client. »

En vertu de l’annonce gouvernementale, les gens de maisonnées différentes ne pourront pas partager un hébergement ou un site de camping. Simon Boivin, de la Sépaq, n’y voit pas un problème en ce qui concerne le camping : les amis n’auront qu’à réserver des sites situés à proximité.

Mme Provost indique que pour cette phase de déconfinement, le parc Kiamika n’ouvrira pas les sites de camping de groupe, à moins qu’il ne s’agisse d’une même famille.

Les campings qui visent une clientèle de campeurs saisonniers sont aussi heureux de la réouverture, mais on sent un certain bémol.

« Pour un certain type de campeurs, dont le saisonnier, l’annonce aurait dû arriver avant, déclare Stéphan Coupal, propriétaire du camping À l’espace vert, dans Chaudière-Appalaches. On était prêts à recevoir les campeurs dès le 11 mai. »

Selon lui, il était un peu injuste de faire attendre les saisonniers, qui avaient une roulotte tout installée, prête à les accueillir, et de les mettre dans le même bateau que les campeurs « voyageurs ».

« Au cours des semaines, on a été de frustration en frustration, mais maintenant, on est hyper content. »

Le gouvernement Legault continue à déconseiller les déplacements entre les régions, mais la ministre du Tourisme Caroline Proulx a reconnu hier qu’il ne s’agissait pas d’une interdiction. S’il faut se déplacer, il faut faire les provisions avant de partir et ne pas s’arrêter en chemin.

Marie-Claude Provost se réjouit de ce qui semble une ouverture.

« J’ai été bien heureuse d’entendre la ministre expliquer que ce n’était pas une restriction, mais une recommandation. »

Elle reconnaît que certains commerçants des régions sont craintifs à l’idée de recevoir des gens de Montréal.

« Pour notre part, en ce qui concerne les mesures sanitaires, on ne fait pas la distinction entre les gens de Montréal et les autres. »

Elle indique toutefois que le parc Kiamika avait commencé à faire de publicité à l’intérieur de sa région.

« Il y a beaucoup de gens qui ne sont jamais venus et qui habitent à côté de chez nous, déclare-t-elle. Mais c’est certain que la clientèle qu’on vise, c’est la clientèle de Montréal : ils ont hâte de sortir. »

Dans un communiqué émis hier, le Conseil du patronat du Québec rappelle que l’annonce de mercredi ne constitue qu’une première phase de réouverture du secteur du tourisme.

« Le secteur du tourisme est parmi les plus touchés par la crise de la COVID-19 et cette première phase permettra à des sous-secteurs de pousser un soupir de soulagement, affirme Yves-Thomas Dorval, président et chef de la direction du CPQ. Avec l’approche de la saison estivale, cette annonce permet pour certains d’entrevoir un repos bien mérité, pour d’autres, un retour au travail très attendu. »