Y aura-t-il un été touristique aux Îles-de-la-Madeleine ? Si le Nouveau-Brunswick maintient sa décision de garder ses frontières fermées aux visiteurs au cours des prochains mois, les touristes ne pourront se rendre dans l’archipel, ce qui inquiète grandement le député provincial Joël Arseneau, qui représente les Îles.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Le député demande donc au gouvernement du Québec de négocier avec la province voisine, et avec l’Ile du Prince-Édouard, l’implantation d’un « corridor de passage vers les Îles, assurant pour les prochains mois non seulement la chaîne d’approvisionnement, mais aussi la circulation à destination de l’archipel pour les résidents, permanents et saisonniers, les familles, et éventuellement les visiteurs », écrit-il dans une lettre adressée au premier ministre François Legault.

« Les Îles-de-la-Madeleine ne peuvent tout simplement pas se permettre d’être enclavées en raison d’une décision des provinces voisines. »

L’impossibilité pour les visiteurs de se rendre dans l’archipel par voie terrestre serait catastrophique pour l’industrie touristique. Le député du Parti québécois rappelle que 1400 travailleurs et plus de 360 entreprises de la petite communauté dépendent du tourisme, qui procure des retombées économiques de 94 millions et constitue la deuxième industrie en importance après la pêche.

« Le tourisme est crucial pour l’archipel », fait-il remarquer en entrevue.

L’été dernier, 70 000 personnes ont visité les Îles-de-la-Madeleine.

S’il n’est pas possible de recevoir les visiteurs cet été, le gouvernement devra mettre en place un programme de soutien au revenu pour les travailleurs qui seront sans travail pour les 12 prochains mois, ajoute M. Arseneau, ce qui sera très coûteux pour les finances publiques.

Pour qu’il soit possible de traverser le Nouveau-Brunswick et l’Ile du Prince-Édouard jusqu’au traversier qui fait la navette avec les îles, il faudrait prévoir un corridor avec, à intervalles réguliers, « des stations de ravitaillement, où il y aurait de l’essence, de l’alimentation, et même un hôtel prêt à accueillir les voyageurs », explique le député.

Pour le moment, seuls les voyages essentiels, notamment pour le transport de denrées et de marchandises, sont autorisés entre les provinces, sur autorisation de la santé publique.

Air Canada a suspendu ses vols jusqu’à la fin juin. Seule la compagnie Pascan Aviation effectue encore un vol par jour, avec un petit appareil.

Si les provinces voisines refusent de laisser les touristes québécois transiter par leur territoire, le député Arseneau demande au gouvernement d’envisager l’implantation d’une liaison maritime avec Gaspé ou Matane. Selon lui, un traversier serait disponible pour offrir un tel service.

Seulement huit cas de COVID-19 ont été détectés aux Îles-de-la-Madeleine. Grâce à la mise en quarantaine des personnes infectées, il n’y a eu aucune transmission communautaire.

Dans ce contexte, les habitants de l’archipel ne craignent-ils pas que des visiteurs de l’extérieur, notamment de Montréal, transmettent la maladie dans leur communauté ?

« On comprend, comme le reste du Québec, qu’on doit maintenant vivre avec ce virus et qu’il faut s’adapter, répond Joël Arseneau. Quand l’ensemble du Québec va s’ouvrir au tourisme intraprovincial, les Madelinots vont vouloir aller chercher leur part du gâteau. »