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Le Musée des beaux-arts de l'Ontario: un musée qui a du panache

Frank Gehry a mis des oreilles au Musée... (Photo: AGO)

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Frank Gehry a mis des oreilles au Musée des beaux-arts de l'Ontario pour qu'il soit à l'écoute des Torontois.

Photo: AGO

Jocelyne Lepage
La Presse

«Go ahead, allez-y ma petite dame! Vous êtes parmi les premiers à emprunter l'escalier. On vient tout juste de l'inaugurer ce matin.» Ce matin-là, c'était le 4 décembre 2008. Une date historique selon le gardien, et deux semaines après l'ouverture officielle du nouveau Musée des beaux-arts de l'Ontario, à Toronto. L'escalier dont il est question n'a rien d'ordinaire. Il commence par une boursouflure en bois qui descend du plafond de la grande salle principale (Walker Court) et tourne en colimaçon sur trois étages avant de sortir littéralement des murs du musée pour grimper jusqu'au 5e étage. Cette extravagance architecturale est signée Frank Gehry, architecte américain d'origine torontoise, renommé entre autres pour son musée Guggenheim à Bilbao. C'est à lui qu'a été confiée la rénovation du Musée des beaux-arts de l'Ontario.

Il y a en fait deux escaliers en colimaçon qui sortent d'un côté et de l'autre de la nouvelle tour en verre bleu construite au-dessus de l'ancien édifice. Quand on grimpe les marches jusqu'au nouveau centre d'art contemporain au 5e, on flotte un moment au-dessus des rues du centre-ville. Vertige garanti.

 

Frank Gehry voulait ouvrir le musée sur la ville et faire entrer la ville dans le musée, a-t-il dit lors des cérémonies d'ouverture. Il a atteint son but en accrochant des oreilles à l'édifice. Il a aussi construit une promenade en bois et en verre qui forme une courbe au-dessus de la rue Dundas. La Galeria italiana, (25 donateurs italiens en ont payé le coût), ressemble à une coque de navire. L'architecte a pratiqué d'autres ouvertures vers le ciel ou vers la rue à différents endroits dans l'édifice. Le résultat, qui donne 50% plus d'espace d'exposition au musée, est spectaculaire.

Mais il n'y a pas que l'architecture qui soit spectaculaire. Il y a aussi la raison pour laquelle on a décidé d'agrandir. Une raison que l'on doit à Kenneth Roy Thompson (1923-2006), magnat de la presse multimilliardaire considéré comme le plus important collectionneur privé au Canada. En 2002, l'homme d'affaires a décidé de céder ses collections au Musée des beaux-arts de l'Ontario et a fait un don de 100 millions de dollars pour que le musée puisse s'agrandir suffisamment pour les accueillir.

Le joyau de ces collections: Le Massacre des innocents, de Rubens (1577-1640), un des tableaux les plus chers vendus aux enchères dans le monde: 46 millions de livres. Outre sa collection d'oeuvres d'art européen (900 oeuvres), Ken Thompson lègue une collection canadienne qui comprend 133 Krieghoff, une soixantaine de Tom Thompson et autres oeuvres du Groupe des Sept, entre autres. Sans oublier une collection de 300 maquettes de navires dont certaines sont vieilles de 350 ans, des ivoires du Moyen-Âge, des miniatures chinoises, etc.

Ce monsieur était un collectionneur très éclectique. Sur les 110 salles que compte maintenant l'AGO, où sont présentées quelque 4000 artefacts, 30 sont consacrées aux diverses collections de Ken Thompson.

Autre révolution au musée torontois: la manière de présenter les collections. Une présentation plus souvent thématique que chronologique, qui permet de placer côte à côte des oeuvres de différentes périodes et de divers médias, ce qui donne un nouvel éclairage aux unes et aux autres.

C'est ainsi, par exemple, que dans une salle où il est question de mythes grecs réinventés, on trouve une oeuvre de Mary Boyle, artiste torontoise contemporaine, au milieu d'artistes du XVIIe siècle. Et qu'après un épisode d'art baroque italien du XVIIe siècle, on entre dans la salle entièrement réservée au jeune phénomène d'origine québécoise, David Altmejd. Il y présente The Index, une nouvelle version de l'installation que l'artiste avait exposée à la Biennale de Venise le printemps dernier et qui avait fait un tabac dans le monde international de l'art contemporain.

Le musée a acquis cette oeuvre à la fois majestueuse et inquiétante, faite de miroirs et d'hommes à têtes d'oiseaux, grâce à des donateurs qui l'ont achetée à Venise. Quelques rares artistes ont droit à leur salle parmi lesquels Michael Snow, Betty Goodwin et Gerhard Richter.

S'il est difficile de voir de l'extérieur le Musée des beaux-arts de l'Ontario dans toute sa nouvelle ampleur, l'édifice étant à l'étroit dans son quartier de petites maisons et boutiques à l'entrée du quartier chinois, il est facile de passer de longues heures à l'intérieur où tout a été conçu pour dynamiser et faciliter la visite. Avec ou sans famille.

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Musée des beaux-arts de l'Ontario, 317 Dundas Street West, Toronto. Ouvert samedi, dimanche et mardi, de 10 h à 17 h 30; du mercredi au vendredi, de 10 h à 20 h 30. Fermé le lundi. Entrée: 18 $ (adultes). www.ago.net Le voyage aller-retour en train a été payé par le ministère du Tourisme de l'Ontario.

 




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