Après les scènes de saccage sur les Champs-Élysées samedi, le gouvernement français veut mobiliser à ses côtés les professionnels du tourisme pour «rassurer» les clientèles étrangères et françaises, et réussir la saison d'été alors que la fréquentation se replie.

Mis à jour le 21 mars 2019
FABIEN ZA* AGENCE FRANCE-PRESSE

Une vingtaine de représentants de l'hôtellerie-restauration, des commerçants, des offices de tourisme, de la Mairie de Paris ou encore de la région Île-de-France ont été réunis par le gouvernement.

L'objectif était d'«entendre leur diagnostic et leurs tendances sur l'évolution du tourisme au regard des événements depuis mi-novembre», et à la suite du regain de violences samedi lié aux manifestations des «gilets jaunes», a indiqué le secrétaire d'État chargé du tourisme Jean-Baptiste Lemoyne lors de la réunion à laquelle l'AFP a assisté.

«Il y a un fort impact sur notre économie touristique. Fin 2018, (sur Paris et sa région), l'activité dans l'hôtellerie s'est contractée de 10 %. Début 2019, les indicateurs sont pour le moment orientés à la baisse, avec des arrivées aériennes en repli de 7 à 8 % sur janvier-février, et une baisse de 3 % de la clientèle étrangère dans les hébergements collectifs», a-t-il souligné.

Dans l'hôtellerie-restauration à Paris et en Île-de-France, «la perte de chiffre d'affaires s'élève à plus de 250 millions d'euros», a mis en avant Didier Chenet, président du groupement patronal des indépendants du secteur, le GNI.

«La situation est préoccupante, les courbes sont en train de prendre la tendance que l'on avait connue après les attentats de 2015. Certains palaces ferment des étages» en raison du taux d'occupation trop faible, selon lui.

Face à ces difficultés, la Chambre de commerce de la capitale réclame «du soutien et de l'argent» pour diffuser sa campagne appelant les Parisiens à consommer pour soutenir le commerce.

De son côté, le Comité Champs-Élysées qui promeut l'avenue aimerait voir abaissé le montant à partir duquel les achats des touristes étrangers bénéficient d'une détaxe (aujourd'hui 175 euros).

Pour M. Lemoyne, «au préalable, il faut rétablir la sécurité, puis travailler à relancer la destination France via des campagnes de communication. Il faut redresser l'image (de la France) et rassurer les clientèles françaises et étrangères, notamment asiatiques, très sensibles à l'aspect sécuritaire».