(Madrid) Les hôtels espagnols ont vu le nombre de nuitées s’effondrer de 73 % en 2020 sur un an en raison de la pandémie de COVID-19 qui oblige encore à garder fermés la moitié des établissements, selon les données officielles publiées lundi.

Agence France-Presse

L’Espagne, deuxième destination touristique mondiale après la France, a enregistré 91,6 millions de nuitées en 2020, selon l’Institut national de la statistique (INE).

Environ 55 % de ces nuitées ont été effectuées par des clients résidant en Espagne, la part des étrangers tombant à 45 %.

Après la fermeture totale décrétée en mars-avril dans le cadre du strict confinement destiné à lutter contre la première vague de la pandémie, les établissements avaient progressivement rouvert leurs portes, mais l’été s’est révélé catastrophique pour le tourisme en raison du démarrage précoce de la deuxième vague et des restrictions imposées par plusieurs pays européens sur les voyages vers l’Espagne.

Le secteur hôtelier espagnol tourne depuis au ralenti et en dents de scie, au rythme des nouvelles restrictions et assouplissements décrétés par les autorités des différentes régions.

Fin décembre, moins de la moitié (48,2 %) des hôtels espagnols étaient ouverts, tandis que les établissements ont dû baisser leurs tarifs de 6 % en moyenne par rapport à 2019, selon l’INE.

Environ 14 % des emplois hôteliers, soit 190 000 postes, ont été détruits en Espagne en 2020, selon le syndicat Commissions ouvrières, qui souligne que plus de 360 000 salariés d’hôtels se trouvent encore au chômage partiel.

Le chiffre d’affaires généré par le tourisme, secteur crucial pour l’économie espagnole, a chuté de près de 70 % en 2020 par rapport à 2019, soit une perte de plus de 100 milliards d’euros, selon l’organisation patronale Exceltur.

L’Espagne, où plus de 55 000 personnes sont mortes des suites de la COVID-19, devrait avoir subi en 2020 la plus forte chute de son PIB parmi les pays occidentaux, avec un recul de 12,8 %, selon les prévisions du Fonds monétaire international.