Depuis l’arrivée d’une certaine pandémie, en mars 2020, les skieurs et planchistes québécois ont beaucoup manqué aux stations du Vermont. C’est ce qu’a constaté La Presse en allant dévaler les pentes de deux montagnes chouchous des amateurs, Jay Peak et Stowe, histoire de souligner la réouverture des frontières.

Publié le 7 mars
Marc-André Lemieux
Marc-André Lemieux La Presse

Située à un peu moins de deux heures de voiture de Montréal, la station Jay Peak n’a plus besoin de présentation. Avec sa grande variété de pistes (81 au total) et son dénivelé de 656 m, la station fait chaque année le bonheur de nombreux Québécois.

Le sentiment est réciproque. La preuve ? Pour remédier aux fluctuations du huard (qui vaut environ 78 cents US au moment d’écrire ces lignes), Jay Peak accepte l’argent canadien à parité avec l’argent américain. Pour profiter du rabais, les clients doivent présenter une preuve de citoyenneté valide (passeport, permis de conduire) et payer comptant.

Malheureusement, nous ignorions cette politique au moment d’acheter notre billet de remontée. N’ayant rien retiré au guichet avant de passer la frontière, nous avons dû payer notre accès d’une demi-journée au moyen d’une carte de crédit, et ainsi éponger le taux de change, qui faisait grimper le prix du billet de 22 $ (de 76 $ US à 98 $ CAN).

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

Jay Peak, au Vermont, offre une grande variété de pistes, 81 au total.

Autre preuve de l’affection que Jay Peak porte aux Québécois : l’affichage est souvent bilingue. De plus, une piste s’appelle Montrealer (La Montréalaise, en français). Pour vous y rendre, il faut emprunter la remontée du Jet Triple Chair.

En entrevue, le directeur des communications de Jay Peak, JJ Toland, s’est réjoui du retour des Québécois.

La fermeture des frontières nous a beaucoup touchés. La moitié des gens qui skient à Jay Peak viennent du Canada. Sans eux, 2021 a été une année difficile, c’est le moins qu’on puisse dire.

JJ Toland, directeur des communications de Jay Peak

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La station Jay Peak, au Vermont, accepte le dollar canadien à parité avec le dollar américain.

Pour cette raison, les Québécois qui retrouveront Jay Peak cette saison ne décèleront aucune nouveauté. « Nous n’avons pas réalisé d’investissements significatifs parce qu’en faisant notre budget, nous anticipions le pire pour la deuxième année de suite, explique JJ Toland. Nous nous étions préparés à une autre année d’achalandage minimum, voire zéro, en provenance du Canada. »

85e anniversaire de Stowe

Côté infrastructures, rien n’a beaucoup bougé à Stowe non plus, hormis ces « Aventure Zones » mentionnées par Jeff Wise, directeur des communications de Vail Resorts, durant notre visite. Il s’agit d’espaces accessibles à partir des pistes pour débutants et intermédiaires.

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Stowe Mountain, au Vermont, offre un dénivelé de 719 m et, surtout, 129 pistes.

Située à deux heures trente de Montréal, Stowe Mountain, qui célèbre cette année son 85e anniversaire, renferme deux sommets distincts : Mount Mansfield et Spruce Peak. La station offre un dénivelé de 719 m et, surtout, 129 pistes. Celles réservées aux skieurs expérimentés étant fermées durant notre visite, nous avons exclusivement exploré les intermédiaires. Dommage, parce qu’en voyant l’allure des doubles losanges à travers les fenêtres de l’imposante gondole qui nous amenait à 1105 m d’altitude, nous salivions à l’idée d’attaquer certaines d’entre elles. La GOAT, nommée d’après l’acronyme « Greatest Of All Time », qui signifie en français « meilleur de tous les temps », faisait assurément partie du lot.

Nous sommes très heureux d’accueillir de nouveau les Canadiens. Vous avez toujours appartenu à notre communauté de sports d’hiver.

Jeff Wise, directeur des communications de Vail Resorts

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Jay Peak offre un forfait qui comprend un feu extérieur entouré de bancs sur lesquels on peut s’avachir.

L’après-ski

Les deux stations proposent deux différents types d’après-ski. Jay Peak offre un choix : l’option « détente », composée de restaurants, d’un cinéma, d’un spa et d’un feu extérieur entouré de bancs sur lesquels on peut s’avachir, et l’option « épuisons nos dernières réserves d’énergie », avec son mur d’escalade et (attachez votre tuque) son parc aquatique intérieur. En l’espace de quelques minutes, vous pouvez donc passer du maillot en laine mérinos au maillot de bain.

PHOTO FOURNIE PAR JAY PEAK RESORT

Le parc aquatique intérieur de Jay Peak

Quant aux mesures sanitaires pandémiques, très présentes l’an dernier, comme le port du masque à l’extérieur, la distanciation physique et l’obligation de réserver longtemps à l’avance, elles ont disparu. « Nos visiteurs peuvent faire ce qu’ils veulent », nous a assuré JJ Toland.

Du côté de Stowe, l’après-ski est légèrement plus traditionnel. Au cœur du « village », au pied du Spruce Peak (auquel vous accédez en empruntant une gondole à partir du Mount Mansfield), on trouve quelques magasins, des restaurants, un bar à whisky, une microbrasserie, ainsi qu’un théâtre de 420 places, où l’on présente une variété d’évènements « culturels ».

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

La gondole qui amène les skieurs au village au pied du Spruce Peak, à Stowe, au Vermont

Pour ceux qui souhaitent vivre à fond la thématique des sports de glisse, une patinoire extérieure se trouve au centre de l’esplanade. On peut y louer des patins, qu’on abandonne après usage dans des bacs situés aux abords de l’aire glacée, sans avoir besoin de retourner au comptoir. « C’est un code d’honneur », nous a indiqué un préposé.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

La patinoire au pied du Spruce Peak, à Stowe, au Vermont

Oui, les Québécois aiment skier au Vermont, mais ils ne sont pas les seuls. Les Américains aiment également slalomer dans le nord-est des États-Unis, et peuvent parcourir des centaines de kilomètres pour assouvir ce besoin. Un seul coup d’œil aux espaces de stationnement au pied des pentes suffit pour s’en rendre compte. Nevada, Floride, Nouveau-Mexique, Washington, Massachusetts, New York, Rode Island, Connecticut, Pennsylvanie… Nous avons recensé des plaques d’immatriculation en provenance des quatre coins du pays de l’oncle Sam durant notre séjour.

Consultez le site de Jay Peak (en anglais)
Consultez le site de Stowe Mountain (en anglais)

En chiffres

Jay Peak

Dénivelé : 656 m
Domaine skiable : 385 acres
Nombre de pistes : 81
Nombre de remonte-pentes : 9

Stowe Mountain

Dénivelé : 719 m
Domaine skiable : 485 acres
Nombre de pistes : 129
Nombre de remonte-pentes : 12

En savoir plus

  • Location d’équipement
    Vous n’avez pas vos skis ou votre planche à neige ? Aucun problème. Vous pouvez louer votre équipement sur place. À Stowe, le processus est hyper simple. La boutique de location comprend quelques ordinateurs dans lesquels vous entrez vos informations, et ensuite, les employés, particulièrement avenants, sortent votre commande. Les réservations peuvent également être effectuées en ligne.
    Sources : Stowe et Jay Peak