(Miami Beach) Les étudiants américains ont rempli les plages et les boîtes de nuit de Floride, plus intéressés par la bière Corona que par le coronavirus, en ignorant pendant des jours les consignes de précaution face à la pandémie. Jusqu’à ce que la réalité les rappelle à l’ordre.

Leila MACOR
Agence France-Presse

Le Spring Break, congé universitaire de printemps, est le pic de la saison pour Miami Beach, avec ses plages de sable blanc et les nombreux bars, restaurants et clubs qui longent Ocean Drive, célèbre boulevard sur le littoral.

Ces derniers jours, les villes étaient désertées et les mesures de confinements étaient mises en place dans tout le pays pour freiner la propagation de la COVID-19. Les plages de Floride étaient pourtant pleines de monde, même si les autorités ont ordonné leur fermeture au coucher du soleil.

Les réseaux sociaux se sont enflammés contre l’inconscience de ces étudiants, qui postaient des photos de fêtes où le concept de « distance sociale » n’a manifestement pas été intégré.

Même le président Donald Trump a mis en garde mercredi les jeunes vacanciers contre la dangerosité du virus.

« On ne veut pas qu’ils se rassemblent, et je les vois le faire comme sur les plages ou dans les restaurants », a-t-il déploré.

« Pas invincibles »

Alors que la Floride, qui compte de nombreuses personnes âgées très vulnérables face à la pandémie, a enregistré au moins sept décès, la ville de Miami Beach a décidé que la fête était finie et pris des mesures, pas toujours suivies.

« Vous n’êtes pas invincibles », a souligné mardi le maire Dan Gelber. « Vous devez penser à la personne à côté de vous et même à celles que vous ne connaissez pas ».

« Vous devez arrêter ce type d’activités maintenant, ce n’est pas marrant et cela a des conséquences dévastatrices », a-t-il lancé en s’adressant aux « jeunes ».

À Miami, les bars, boîtes de nuit et salles de sport ont fermé mardi à 23 h jusqu’à nouvel ordre, les restaurants ne vendent plus que des plats à emporter et les rassemblements de plus de dix personnes sont désormais interdits dans les parcs et sur les plages.

Shelly Hill, une étudiante de Géorgie âgée de 21 ans, dit à l’AFP avoir des « sentiments partagés » face à ces mesures draconiennes qui gâchent ses vacances.

« Il y a beaucoup de choses qui ferment », dit-elle, ne sachant pas quoi faire désormais avec ses cinq amis à South Beach. « En même temps, les gens ont besoin de se mettre en quarantaine parce que le virus se propage très rapidement ».

Le groupe a finalement décidé de quitter Miami, mais d’autres « Spring breakers » s’y refusent.

« Si j’attrape le corona, j’attrape le corona, ça ne m’empêchera pas de faire la fête », insiste un jeune homme dans une vidéo devenue virale, tandis qu’un autre demande à être remboursé parce que des restaurants ont décidé de fermer.

Pour le personnel de ces établissements, le coup est dur. Ils gardent leur salaire, mais pas les pourboires.

« C’est très sérieux », dit à l’AFP Arquimedes Blandone, qui travaille dans une pizzeria de South Beach.

L’établissement sert d’habitude les fêtards jusqu’à 3 h du matin, mais face au manque d’affluence, va désormais fermer à 22 h.

« C’est le pire jour de ma vie depuis qu’on a ouvert il y a un an », explique-t-il, « c’est complètement mort, complètement mort ».