(Orlando, Floride) C’est la semaine dernière que Disney a mis le point final à l’élaboration de Galaxy’s Edge, la section consacrée à Star Wars dans le parc Hollywood Studios, à Orlando. L’ouverture de l’attraction Rise of the Resistance est la consécration d’un univers immersif qui n’a pas son égal. La Presse a pu mesurer à quel point l’attente en valait la peine.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

La mission tourne mal, c’était prévisible. Notre vaisseau de transport piloté par le lieutenant Bek est intercepté par le rayon tracteur d’un croiseur interstellaire, qui nous attire sur l’un de ses ponts d’embarquement. On voit tout ça à travers les fenêtres de notre vaisseau — les écrans haute définition font le travail, le coup d’œil est satisfaisant. Tout à coup, les portes s’ouvrent. La perspective change. Complètement. On se retrouve sur le pont du vaisseau du Premier Ordre, pour de vrai. La pièce, gigantesque, s’ouvre sur l’espace intersidéral, où des chasseurs TIE filent au loin en laissant échapper leur rugissement strident si caractéristique. On comprend que les images sont projetées sur un écran, mais sa taille est ahurissante. Et devant lui, un bataillon de 50 stormtroopers attend, au garde-à-vous.

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Le lieutenant Bek aux commandes de notre vaisseau de transport

« Quand j’ai vu l’étonnement sur le visage des gens, j’en ai eu les larmes aux yeux – en fait, ça me donne encore la chair de poule d’en parler avec vous, nous a révélé Jon Georges, producteur exécutif de Rise of the Resistance. Nous avons réussi à émerveiller les gens et c’était notre objectif. C’est certainement un moment charnière de l’attraction, quand les visiteurs prennent conscience de la gigantesque échelle de l’attraction. » Ainsi, l’expérience non seulement prend place dans le plus grand bâtiment construit à ce jour dans un parc thématique, mais elle redéfinit aussi le genre en mariant différentes formes de divertissement tout en repoussant les prouesses technologiques. En plus d’avoir réalisé d’impressionnants décors grandeur nature, on a peaufiné l’animation des personnages automatisés, on a développé des effets spéciaux inédits et ajouté quelques passages de simulation virtuelle particulièrement bien réussis. Tout ça au service d’un récit au cœur duquel le visiteur est plongé pendant pas moins de 15 minutes, ce qui fait aussi de Rise of the Resistance l’une des plus longues attractions de l’histoire.

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Un chasseur TIE

C’est l’un de nos projets les plus imposants et les plus ambitieux. À l’écran, Star Wars a toujours été épique, il fallait donc que ce soit de même pour Rise of the Resistance. J’espère vraiment que c’est l’expérience que les amateurs de Star Wars ont attendue toute leur vie.

Jon Georges, producteur exécutif de Rise of the Resistance

Pour ajouter encore un peu plus d’authenticité à l’expérience, les « imaginieurs » de Disney ont ajouté plusieurs séquences mettant en vedette les héros actuels de la trilogie de films qui s’achève incidemment cette semaine sur les écrans de cinéma. En effet, les principaux acteurs, que ce soit Daisy Ridley, Adam Driver ou John Boyega, ont été appelés à tourner des séquences destinées spécialement à Rise of the Resistance alors qu’ils étaient en tournage pour The Rise of Skywalker. La trame de la nouvelle attraction se déroule donc après les événements de The Last Jedi, une décision mûrement réfléchie par les créateurs de Disney. « Nous avons tous un attachement émotif à la trilogie originale — j’ai été élevé en regardant les épisodes IV, V et VI — alors la nostalgie nous tirait vers l’arrière, a reconnu Jon Georges. Mais on nous a encouragés à regarder vers l’avenir et à considérer la nouvelle génération d’amateurs de Star Wars. Et les jeunes adorent les nouveaux personnages, notamment Rey, qui a eu un impact majeur auprès des jeunes femmes un peu partout dans le monde. On a donc voulu renforcer sa position et son rôle dans l’univers de Star Wars. »

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Pour patienter dans la file d’attente, on peut observer les casiers des pilotes de la Résistance.

Immersion à Black Spire Outpost

Il est d’ailleurs possible de croiser Rey dans les ruelles de Black Spire Outpost, le port spatial de la planète Batuu où les combattants de la Résistance ont trouvé refuge. On l’a d’ailleurs aperçue qui accompagnait Chewbacca alors que ce dernier jouait une partie de sabacc, le fameux jeu de cartes qui a permis à Han Solo d’acquérir le Faucon Millenium aux dépens de son ami Lando Calrissian.

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Rey en compagnie de Chewbacca qui joue une partie de sabacc.

L’anecdote nous a d’ailleurs été rappelée à la mémoire par une résidante de Batuu. Parce qu’il est en effet possible d’interagir avec les sympathiques habitants de cette planète non répertoriée de la Bordure extérieure de la galaxie. Et ils ne se contentent pas de nous saluer avec les « bright suns » (soleils éclatants) et « rising moons » (lunes montantes) d’usage. « On peut réellement discuter avec les Batuuens, nous a expliqué Margaret Kerrison, chef scénariste de Galaxy’s Edge. Ils vivent dans les communautés autour de Black Spire Outpost, soit des districts de Peka, de Surabat ou de Galma. Ils viennent ici tous les matins pour travailler pour leur patron Ogagara, qui est responsable de l’avant-poste. Ils peuvent nous entretenir sur leur vie dans leur communauté et [expliquer] pourquoi ils sont venus travailler ici. On peut aussi leur demander comment ils se sentent après l’arrivée récente des forces du Premier Ordre. »

PHOTO JOHN RAOUX, ASSOCIATED PRESS

Un lieutenant du Premier Ordre, escorté par deux stormtroopers

Le degré d’immersion est ainsi inégalé à ce jour dans un parc thématique. Il fallait voir ce jeune garçon jurer fidélité à un intimidant lieutenant du Premier Ordre avant l’arrivée soudaine du Chef suprême Kylo Ren. Ou bien regarder les employés danser et chanter sur les rythmes du DJ R3-X en prenant un verre dans la cantine d’Oga Garra. On peut même ajouter une couche de réalisme supplémentaire en activant sur son téléphone une application qui nous permet notamment de décoder les inscriptions en langage aurebesh ou même entreprendre des missions pour la Résistance ou le Premier Ordre.

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Un membre de la Résistance et Chewbacca discutent devant un vaisseau X-Wing.

Quand nous avons parlé de faire de Galaxy’s Edge un monde vivant, il a toujours été entendu qu’une application allait être développée pour renforcer l’immersion.

Margaret Kerrison, chef scénariste de Galaxy’s Edge

« Il a donc été question de concevoir une application qui ne se limitait pas à offrir des renseignements supplémentaires, mais qui allait aussi donner l’occasion aux visiteurs de s’impliquer activement dans l’histoire, nous a dit Margaret Kerrison. C’est une autre façon de découvrir et de comprendre le monde qui vous entoure. »

PHOTO PIERRE-MARC DURIVAGE, LA PRESSE

Les rythmes du DJ R3-X animent la cantine d’Oga Garra.

Tout ça dans un monde qui a été créé de concert avec les créateurs de Star Wars. « Nous nous sommes inspirés de beaucoup d’endroits sur Terre pour créer Black Spire Outpost, mais notre principale source a été Ralph McQuarrie, responsable du design des films originaux de la saga, nous a appris Margaret Kerrison. Pour donner aux éléments qui n’existent pas dans les films une allure authentique, nous n’avons jamais envisagé de travailler sans les gens de LucasFilms. On a donc déterminé avec eux ce que le lait bleu et le lait vert goûtent ou encore quel genre de résistance on ressent quand on tire sur le levier de vitesse de la lumière du Faucon. Tous les détails comptaient, car nous voulions que Galaxy’s Edge soit authentique à 100 %. Notre but ultime est de voir un amateur quitter le parc en disant : “C’est ici, Star Wars.” »

Oui, c’est ici, Star Wars.

Les frais de ce reportage ont été payés par The Walt Disney Company.