Quoi faire, quoi voir, quoi manger à La Nouvelle-Orléans, plus près que jamais de Montréal ?

Chantal Guy Chantal Guy
La Presse

Enfin, le vol direct

De toutes les villes à voir aux États-Unis, La Nouvelle-Orléans était au sommet de mes souhaits. Pour son passé français, pour les Acadiens en exil, pour le jazz, pour la fête, pour les romans de vampires d’Anne Rice que j’ai dévorés ado. Mon principal obstacle était la perspective de passer deux journées complètes dans des vols et des aéroports pour m’y rendre. De Montréal, il n’y avait pas de vols directs. Le problème est maintenant réglé avec la nouvelle liaison d’Air Transat, offerte deux fois par semaine, et qui aboutit à l’aéroport tout neuf de La Nouvelle-Orléans, qui n’est qu’à 20 minutes en taxi du centre historique. Il est donc possible de faire des escapades d’une fin de semaine, puisqu’on se rend à NOLA en moins de trois heures. Ce faisant, Air Transat, avec ses vols hebdomadaires vers Haïti, vient de réaliser une importante triangulation : Montréal, Port-au-Prince et La Nouvelle-Orléans, les trois pôles les plus importants de l’histoire de l’Amérique française, sont maintenant liés.

Consultez le site d’Air Transat : https://www.transat.com/fr-CA/destinations/usa/louisiane/nouvelle-orleans

Pour se mettre dans l’ambiance : la série Treme

PHOTO FOURNIE PAR IMDB

Treme

Diffusée de 2010 à 2013 sur HBO (et offerte sur iTunes), la formidable série Treme, créée par les auteurs de The Wire (considérée par les critiques comme la meilleure série de tous les temps), suit de façon presque documentaire les destins croisés d’habitants de La Nouvelle-Orléans qui tentent de se reconstruire après le passage de Katrina. C’est beau, humain et original, à l’image de cette ville increvable.

All that jazz

Ne pas voir un show de jazz à La Nouvelle-Orléans est un crime, tellement le jazz est l’âme de cette ville. De plus, on a le bel embarras du choix. Avec votre alcool dans un verre en plastique (les « go cup »), vous pouvez entrer et sortir partout et vous offrir une tournée des grands ducs. C’est dans Frenchmen Street que se concentrent les amateurs, dans des endroits comme le Snug Harbor (où se produit notamment Ellis Marsalis, le patriarche des frères Marsalis) ou le chouette The Spotted Cat en face qui ne demande pas de droit d’entrée. Mais j’ai été complètement séduite par l’expérience du Preservation Hall. Ce petit club, qui présente tous les soirs des concerts de moins d’une heure toujours pleins, est un musée vivant. Le prix des billets sert justement à préserver le charme d’origine du lieu, où il est interdit de prendre des photos. C’est un vrai voyage dans le temps, et si vous êtes assis sur les coussins en avant, vous êtes si près des musiciens que vous recevez presque le trombone dans le front. Au cours de mon passage, j’ai pu admirer le saxophoniste et clarinettiste Charlie Gabriel, 87 ans, avec son Preservation Hall Jazz Band.

Au 726, St. Peter Street

Consultez le site du Preservation Hall (en anglais) : https://www.preservationhall.com/

Gombo, jambalaya et beignets

On mange super bien à La Nouvelle-Orléans, haut lieu de la cuisine créole. Vous ne pourrez pas éviter la soupe gombo, les savoureuses écrevisses, les sandwichs Po’Boy et muffulata, le jambalaya et le pudding au pain, qui sont sur tous les menus. L’un des meilleurs est au Napoleon House (500, Chartres Street). Mais on ne peut aller à La Nouvelle-Orléans sans passer par le charmant Café du Monde (800, Decatur Street), rempli 24 heures sur 24, où l’on mange leurs fameux beignets chauds ensevelis de sucre (les vêtements noirs sont à déconseiller), en écoutant un orchestre de rue. Pour les locaux qui font la fête, c’est l’équivalent de notre poutine à 3 h du matin.

Steamboat et streetcar

On m’avait prévenue que c’était super touristique, mais que serait une visite à NOLA sans une excursion sur le Mississippi en bateau à vapeur ? C’est charmant, ça ne dure que deux heures, et vous pouvez aussi acheter un billet qui vous donne accès au buffet. Nous avons mangé à bord du Natchez, mais d’autres excursions existent. Et puis, dans cette ville où Tennessee Williams a écrit Un tramway nommé Désir, ça vaut la peine d’emprunter l’une des cinq lignes de tramway de La Nouvelle-Orléans. Celle de l’avenue Saint-Charles vous fera voir la beauté romantique des vieilles maisons.

Consultez le site du Steamboat Natchez (en anglais) : https://www.steamboatnatchez.com/

L’hôtel du WWII Museum

Le National WWII Museum est l’une des grandes attractions de La Nouvelle-Orléans. Immense, avec plusieurs bâtiments, ça prend des heures à en faire le tour. Il est consacré exclusivement au point de vue américain sur la Seconde Guerre mondiale, ce qui peut étonner les visiteurs européens. Nous avons eu la chance de loger au nouvel hôtel Higgins, qui a ouvert ses portes il y a quelques jours et qui appartient au musée. « Ce dont je suis le plus fier, nous a dit le directeur des communications Mark Becker, c’est que pour la première fois de ma carrière dans l’hôtellerie, j’ai une mission, car tous les profits de l’hôtel vont au musée. » Et toute la décoration de ce chic hôtel qui brille comme un sou neuf est inspirée des années 40.

National WWII Museum, au 945, Magazine Street

Les bayous

PHOTO CHANTAL GUY, LA PRESSE

Toute une faune s’agite dans les marécages, à une heure environ de NOLA, dans les bayous.

Depuis que j’ai vu enfant Les aventures de Bernard et Bianca, je rêvais de voir les bayous et leurs alligators. Ils sont plutôt absents quand il fait froid. Mais toute une faune s’agite dans les marécages (il y a beaucoup de ratons laveurs voraces) et ça vaut la peine, à une heure environ de NOLA — et les guides sur les bateaux ont beaucoup d’humour.

Consultez le site du Swamp Adventures (en anglais) : https://www.swampadventuresnola.com/

Virée dans une plantation

PHOTO CHANTAL GUY, LA PRESSE

Les châteaux du Sud liés à des plantations sont pour la plupart aujourd’hui des musées qu’on peut visiter, et qui servent de décors à des mariages.

C’est en voyant la majesté des lieux que l’on comprend combien l’esclavage était une exploitation lucrative. Ces châteaux du Sud sont pour la plupart aujourd’hui des musées qu’on peut visiter, et qui servent de décors à des mariages. Le plus impressionnant est la visite des jardins, et la découverte des énormes et magnifiques chênes centenaires. L’une des plantations les plus connues et visitées est la plantation Houmas, la plus importante en son temps. Vous pouvez même y loger dans de petits cottages — une visite à la nuit tombée dans les jardins désertés m’a époustouflée — et l’endroit abrite l’une des meilleures tables de la région, le Carriage House, où vous aurez l’impression de dîner dans une immense salle de bal du XIXsiècle.

Consultez le site de Houmas House (en anglais) : https://houmashouse.com/