Surtout connue pour son histoire liée au mouvement des droits civiques, la ville de Montgomery a également joué un rôle important au temps de l’esclavage. Les cicatrices du passé sont palpables, et une visite dans la capitale de l’Alabama vous transportera au cœur des luttes raciales qui s’y sont tenues.

Isabelle Gonthier Isabelle Gonthier
La Presse

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Le dôme du Capitole vole la vedette avec ses œuvres murales historiques.

Le Capitole

Situé sur la colline de Goat Hill, le Capitole de l’Alabama attire les regards avec son architecture néogrecque et son imposante coupole. L’endroit a une riche histoire, car c’est ici que des représentants d’États du Sud ont décidé de faire sécession des États-Unis en décembre 1860. La marche pour assurer le droit de vote aux Noirs entre Selma et Montgomery a aussi pris fin au pied de son escalier, en mars 1965. La visite libre permet aussi de voir l’ancienne Cour suprême, le vieux Sénat et la Chambre des représentants, mais c’est le dôme qui vole la vedette avec ses œuvres murales historiques.

600, Dexter Avenue

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La première Maison-Blanche des États confédérés et domicile officiel du président Jefferson Davis au printemps 1861

La Maison-Blanche des États confédérés

La première Maison-Blanche des États confédérés a servi de domicile officiel au président Jefferson Davis au printemps 1861. Située face à l’aile sud du Capitole, la résidence à l’italienne est toujours décorée avec le mobilier original qui a servi au politicien et à sa famille. Des objets personnels ayant appartenu aux Davis y sont aussi exposés. Les visiteurs peuvent y circuler librement et consulter les descriptions de chaque pièce. Les guides à l’accueil ne demandent pas mieux que de répondre aux questions. Profitez-en pour les interroger sur les conditions de vie en temps de guerre et le parcours de Jefferson Davis.

644, Washington Avenue

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Le Mémorial pour la paix et la justice, une visite incontournable

Le Mémorial pour la paix et la justice et le Legacy Museum

Les statues d’esclaves enchaînés accueillant les visiteurs au Mémorial pour la paix et la justice donnent le ton. Le parcours à travers les 800 monuments où les noms de plus de 4400 personnes lynchées ont été gravés est particulièrement émouvant. LA visite à ne pas manquer ! Jumelé au mémorial, le Legacy Museum est consacré à l’histoire des inégalités raciales aux États-Unis, allant de l’esclavage à l’incarcération de masse. Le lieu choisi n’est pas anodin, puisqu’il est situé entre l’ancienne gare où arrivaient les esclaves et le marché où ils étaient vendus. De la vidéographie et des témoignages viennent enrichir l’exposition consacrée à la ségrégation.

Mémorial : 417, Caroline Street

Musée : 115, Coosa Street

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Au musée Rosa Parks, une reconstitution numérique permet de revivre l’arrestation de la célèbre activiste.

Le musée Rosa Parks

Le musée Rosa Parks honore l’activiste dont l’arrestation pour refus de céder son siège à un Blanc a déclenché le boycottage des autobus de Montgomery. Une reconstitution numérique nous entraîne sur la scène du « crime ». Témoin de l’interpellation, on perçoit l’intimidation qui régnait pendant la ségrégation. Pour protester contre le traitement qui lui était réservé dans les autobus, la communauté afro-américaine a refusé d’y monter pendant plus d’un an. Le boycottage de 1965-1966 est l’un des événements ayant donné naissance au mouvement moderne des droits civiques. Journaux, lettres et photos documentent les heures qui ont suivi l’arrestation, dont le rôle joué par Martin Luther King et le système de covoiturage mis en place.

252, Montgomery Street

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Le musée Freedom Rides rend compte d’un autre moment-clé de la lutte contre la ségrégation.

Le musée Freedom Rides

Le musée Freedom Rides a été créé dans l’ancien terminus Greyhound où 21 « voyageurs de la liberté » ont été attaqués en mai 1961. À l’époque, de jeunes activistes — blancs et noirs — se déplaçaient d’un État à l’autre à bord d’autocars pour dénoncer la ségrégation dans les transports. Les panneaux et les photos affichés sur la façade de l’édifice témoignent de la violence qui attendait les militants à Montgomery. L’inaction des policiers a forcé l’administration Kennedy à intervenir et à protéger les « Riders » lors de leur départ. D’autres attaques sont détaillées à l’intérieur, tout comme des centaines d’arrestations et les anciennes divisions « raciales » de la gare.

210, South Court Street

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L’église de Dexter Avenue où Martin Luther King Jr. a été nommé pasteur en 1954.

L’église de Dexter Avenue et le musée Dexter Parsonage

Martin Luther King Jr. a été nommé pasteur à l’église baptiste de Dexter Avenue en 1954. C’est ici qu’il a commencé à prêcher son message de non-violence et s’est imposé comme un leader des droits civiques. Accueil chaleureux garanti. Le musée Dexter Parsonage permet de découvrir la maison qu’habitait la famille du révérend King. L’intérieur a depuis été restauré. Un passage obligé au centre d’interprétation permet d’en apprendre davantage sur l’impact qu’il a eu sur la communauté. Ne cherchez pas de statue honorant MLK, la Ville ne cesse de repousser son installation. Comme quoi Montgomery n’a pas encore fait la paix avec son passé. 

Église : 454, Dexter Avenue

Musée : 309, South Jackson Street