(New York) Le Rockefeller Center, célèbre lieu de New York avec ses esplanades et ses bâtiments art déco, s’est transformé jeudi et jusqu’à fin juin en musée, accueillant 20 sculptures et installations dont certaines politiquement engagées.

Agence France-Presse

L’exposition a été organisée par le groupe Frieze, qui organise plusieurs foires d’art contemporain, notamment à Londres et New York (du 2 au 5 mai). Une seconde exposition est déjà prévue pour l’an prochain avec d’autres œuvres.

Les œuvres, toutes à vendre, sont réparties sur l’ensemble de cet espace couvrant trois pâtés de maisons, construit au début des années 1930 au cœur de Manhattan.

Dès l’origine, le lieu a intégré une dimension artistique, devenant l’un des exemples les plus marquants du style art déco, avec ses fresques, ses sculptures et ses bas-reliefs monumentaux.

Mais il n’avait encore jamais accueilli une véritable exposition comme celle qui s’est ouverte jeudi.

Le commissaire de l’exposition Brett Littman dit avoir tenu à choisir des artistes d’origines variées, notamment hispaniques et africains, et insisté pour qu’il y ait des femmes - quatre finalement.

La disposition des œuvres joue avec la verticalité et l’horizontalité du lieu, composé de plusieurs immeubles imposants, a-t-il expliqué.

Et s’il n’y a pas de thème précis, « l’une des choses qui ressortent, pour moi, est que nous vivons une époque stressante politiquement et beaucoup d’artistes ont ça en tête », a-t-il ajouté.

Deux silhouettes géantes campent ainsi de chaque côté de l’entrée du bâtiment principal, le 30 Rockefeller Plaza.

L’une représente le sprinteur Tommie Smith, célèbre pour avoir brandi son poing ganté de noir lors des Jeux olympiques de 1968 en soutien à la lutte pour les droits civiques aux États-Unis.

L’autre est celle de Ruby Bridges qui, à 6 ans, devint la première enfant noire à intégrer une école élémentaire blanche du Sud des États-Unis, en 1960.

Paulo Nazareth, l’auteur brésilien des deux sculptures, voit un symbole dans la proximité de Ruby Bridges avec le magasin de jouets situé au rez-de-chaussée du 30 Rockefeller Plaza, un lieu qui lui aurait peut-être été interdit à l’époque de la ségrégation, dit-il.

Autre œuvre politique, la série de drapeaux en toile de jute de l’artiste ghanéen Ibrahim Mahama, qui a remplacé les drapeaux des 192 États membres des Nations unies flottant habituellement autour de la fameuse patinoire du Rockefeller Center.

« Il s’agit d’une critique du capitalisme mondial, avec l’idée du commerce des épices, de la traite des esclaves, ou de l’immigration en Afrique », explique Brett Littman au sujet de cette installation saisissante.