Ringard, le bon vieux circuit en autocar qui a permis à tant de Québécois de découvrir l'Europe dans les années 70 et 80 ? «Il y a cinq ans, les oracles prédisaient que l'accession des baby-boomers au seuil de la retraite allait sonner le glas des circuits accompagnés en autocar», observe Michèle Dagenais, directrice de Vacances Esprit, la division autocar en Europe d'Exotik Tours. «Cela nous inquiétait, poursuit-elle, mais les baby-boomers sont au rendez-vous. Le gros de notre clientèle a aujourd'hui entre 55 et 65 ans.»

Mis à jour le 12 févr. 2010
André Désiront, collaboration spéciale LA PRESSE

Chez Rêvatours, la filiale de Transat qui commercialise les circuits Trafalgar, la directrice commerciale, France Gauthier, évoque une moyenne d'âge encore moins élevée. «Elle s'est longtemps stabilisée autour de 55 ans, mais aujourd'hui, sur nos circuits les plus populaires, la tranche d'âge la mieux représentée est celle des 48-52 ans», dit-elle. Ce rajeunissement a favorisé une autre façon de concevoir les circuits. «Les clients veulent plus de temps libre, plus de flexibilité, explique Claude St-Pierre, directeur général de Tours Chanteclerc. Nous incluons un peu moins de repas et les itinéraires sont conçus de manière à maintenir un équilibre entre les visites et les périodes de temps libre. À mon avis, cela va aller en s'accentuant.»

Cette clientèle plus jeune voyage « mieux », en ce sens qu'elle ne veut plus avaler les kilomètres et préfère souvent se cantonner à un pays, voire à une région. «L'Allemagne et seulement l'Allemagne, le Portugal seul, l'Autriche seule, l'Espagne seule sont des circuits qui se vendent bien», note Claude St-Pierre.

Pourtant, la demande pour les bons vieux classiques comme le France-Italie-Suisse ne se tarit pas, au contraire ! «Le France-Italie-Suisse est le circuit idéal pour les consommateurs qui en sont à leur premier voyage en Europe, et c'est encore le cas d'une proportion importante de la clientèle», explique France Gauthier.

Chez Vacances Esprit, Michèle Dagenais estime que 30 % des acheteurs de ces circuits multidestinations mettent le pied en Europe pour la première fois. «Avec l'encadrement qu'elle leur fournit, la formule leur procure un sentiment de sécurité qu'ils apprécient», dit-elle.

Quant aux autres, ceux qui connaissent déjà bien les pays les plus visités d'Europe, ils sont en quête de nouveaux horizons, en l'occurrence l'Europe de l'Est.

La Croatie s'est taillé une bonne place dans les brochures. Les pays baltes, la Roumanie et la Bulgarie y font leur entrée. Le voyagiste Jolivac programme un circuit Pologne et un autre qui couvrira la mosaïque balkanique : Monténégro, Bosnie, Croatie, Albanie et Slovaquie.

L'Allemagne se vendra très bien, cette année, parce que les habitants d'Oberammergau, en Bavière, présenteront le Jeu de la passion, tous les jours de la mi-mai au début d'octobre. Plus de 2000 habitants du village participent à ce spectacle à grand déploiement de six heures, qui est donné tous les 10 ans, depuis quatre siècles, et qui attire près d'un demi-million de spectateurs.

«Mais il y a aussi une demande, de plus en plus importante, pour ce que nous appelons le circuit-escapade, constate Claude St-Pierre. Pour ces programmes, les clients logent dans une grande ville européenne comme Londres, Paris, Rome ou Vienne, pendant toute la durée du voyage, et ils font les excursions de la journée à l'extérieur. À Paris, par exemple, on parle de Versailles, des châteaux de la Loire, de Fontainebleau...»

Autre tendance : la demande pour les groupes à participation réduite. Depuis quelques années, Vacances Esprit limite le nombre de voyageurs à 35 par circuit. Chanteclerc propose également des départs en groupes contingentés. «Mais il faut réaliser que cela a une incidence sur le prix, dit Claude St-Pierre. Quand on répartit le coût de l'autocar et des guides locaux entre 44 voyageurs, cela revient forcément moins cher par participant que lorsqu'il n'y en a que 30.»