Un investissement de 50 millions, une nouvelle aile de 95 chambres, 3 nouveaux restaurants, 1 centre de soins de santé: ce n'est pas un simple déridage que le plus vieux centre de villégiature du Québec vient de s'offrir, mais une cure de jouvence en profondeur. Après deux ans de travaux, l'Estérel dévoile enfin son nouveau visage. Un bien joli visage, faut-il préciser.

Publié le 21 févr. 2013
Violaine Ballivy LA PRESSE

Fridolin Simard aurait bien du mal à reconnaître le lotissement qu'il a mis en valeur sur les rives du lac Dupuis, dans les Laurentides, à la fin des années 50. Dans la première phase des travaux, terminée en novembre 2010, le bâtiment principal a été entièrement remodelé. On a ajouté un étage, et les 120 chambres autrefois réparties sur 4 étages n'en forment plus que 95 sur 5 étages. Elles sont donc deux fois plus spacieuses que les anciennes - et sensiblement plus que les chambres standards généralement proposées ailleurs.

Puis, il y a deux mois à peine, la deuxième phase du chantier s'est achevée avec l'ouverture d'une toute nouvelle aile dotée de 95 chambres. Il n'y a donc plus un, mais deux hôtels dans le complexe l'Estérel, baptisés Émotion et Évolution. Chacun est pourvu de sa propre réception et de son propre style, mais, fort heureusement, des mêmes attributs de base.

D'un côté comme de l'autre, donc, le mot d'ordre est le même: cocooning. Chaque unité de base possède un coin lecture et un foyer au gaz central, dont on peut autant profiter étendu dans son lit que confortablement assis sur le sofa du boudoir. La salle de bains est vaste et aménagée avec ingéniosité - belle idée d'avoir placé des panneaux coulissants derrière la baignoire pour ouvrir la pièce sur le reste de la chambre, dans l'axe du mur de fenêtres laissant filtrer toute la lumière naturelle et la beauté du paysage laurentien. Les concepteurs ont bien compris la principale qualité de l'Estérel: son emplacement exceptionnel.

 

Une cuisinette complète chaque chambre, avec grille-pain, four à micro-ondes, bouilloire, minifrigo, machine Nespresso et service de couverts complet; les suites incluent en prime une cuisinière. Ceci explique cela: l'essentiel des chambres de l'Estérel sont des résidences hôtelières, c'est-à-dire des condos achetés par des propriétaires qui en disposent à temps partagé avec les visiteurs ponctuels. On a donc veillé au confort de ceux qui y passeraient plus de 24 heures, préférant prendre le petit-déjeuner à la chambre, la collation sur le balcon, l'apéro devant le foyer, etc. Certaines chambres viennent en prime avec un accès à une baignoire à remous privée (moyennant supplément), mais tous les clients ont accès au spa nordique et à ses piscines chauffées au bord du lac Dupuis.

Le complexe s'est aussi enrichi de trois restaurants: l'Ultime, le plus formel avec un menu gastronomique assez classique, le bistro 260, dont le principal attrait est sans contredit la vue panoramique sur le lac, et le ROK, spécialisé dans la cuisine sur pierres chaudes. Un concept séduisant après une journée passée en plein air ou à se dorloter: on choisit viande, poisson ou fruits de mer à peine saisis en cuisine, puis servis avec une portion de légumes crus sur une planche de roche volcanique brûlante saupoudrée de fleur de sel. Chacun est libre de poursuivre à sa guise la cuisson des aliments. C'est sain, simple et convivial. Dommage qu'on soit nettement plus généreux pour l'accompagnement avec les sauces que pour les légumes et que l'ambiance manque cruellement de caractère, minée par une musique lounge sans intérêt. On a aussi tourné les coins un peu trop ronds du côté des desserts, sans originalité ni raffinement. La part de gâteau au chocolat a beau être énorme, à 9,95$, c'est nettement exagéré. Mieux vaut terminer avec un verre de vin suggéré par le sommelier - un ex de La Montée de lait -, par ailleurs excellent conseiller.

Fridolin Simard aimerait-il ce qu'on a fait de son Estérel? Sans aucun doute. Ceux qui préfèrent les auberges de charme et les cafés couette le trouveront un peu impersonnel, malgré un service des plus attentionnés - la faute à la taille colossale du complexe et à quelques choix formatés (dont la musique) pour les aires communes.

Cela dit, la qualité irréprochable des chambres et le très bon rapport qualité-prix replacent L'Estérel au sommet des destinations à visiter dans les Laurentides.

Chambres avec vue sur le jardin à partir de 179$ et 219$ avec vue sur le lac, 269$ avec un spa privé (petit-déjeuner exclu, mais cafetière et grille-pain dans la chambre). Comptez environ 250$ toutes taxes incluses un samedi soir.

 

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

En pleine nature, l'hôtel a un look très contemporain

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le restaurant offre une vue panoramique.

À FAIRE DANS LES ENVIRONS

Une perle pour les fondeurs


Si le complexe de l'Estérel invite à la détente, on serait fou de ne pas profiter de la nature environnante, de loin la meilleure raison de venir dans les environs. Le centre de ski de fond autrefois situé directement dans l'hôtel, déménagé à 2 km de là, est un secret encore trop bien gardé. Les 35 km de pistes (tracées pour le pas de patin et le classique) sillonnent en lacets doucement dénivelés une forêt laurentienne enveloppante. S'il faut être un peu plus vaillant pour emprunter la boucle de l'Orignal, qui offre les plus belles vues et la traversée du lac Dupuis gelé, l'ensemble du tracé ne pose pas de grande difficulté et conviendra à un large spectre de fondeurs. Les raquetteurs, eux, y trouveront 16 km de sentiers de niveau intermédiaire. Accueil chaleureux, refuges chauffés et joli chalet de bois (en construction) à l'entrée en prime. À une heure de route de Montréal, un centre à découvrir sans tarder.

Avenue d'Anvers, Estérel, 450-822-8687, www skidefondlaurentides.ca Tarifs: Raquette 6$ et ski de fond, de 5$ à 12$. Ouvert tous les jours.

Coopérative O'Marguerites

Salade de betteraves et pousses de tournesol, café équitable au lait d'amandes biologique, quesadillas maison, sandwichs au végépâté: le menu de la coopérative O'Marguerites est à des années-lumière de celui proposé dans les casse-croûte des villages des Laurentides. Ici, on mise sur le biologique, les aliments locaux, les plats santé servis dans une agréable verrière. Mené par un groupe de six femmes désireuses de s'impliquer dans leur communauté, le bistro vend aussi une foule d'articles écoresponsables pour la maison, des produits naturels et les très bons pains de la boulangerie La Vagabonde, de Val-David.

12, ch. Sainte-Marguerite, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, 450-228-4888 Du mercredi au lundi, de 8 h à 17 h.

Patinoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson

Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson n'est peut-être pas le plus animé des villages de la région, mais il a un argument de taille pour attirer les visiteurs: la plus longue patinoire sur lac de la province. Un tracé de 8,1 km est aménagé entre le pavillon d'accueil et l'hôtel de ville, avec anneau éclairé, bancs pour se reposer, cabane chauffée pour enfiler ses patins et musique les samedis et dimanches.

Accès gratuit. Location de patins (payante) les week-ends. 70, ch. Masson, Sainte-Marguerite- du-Lac-Masson, 450-228-3525

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

La coopérative O'Marguerites