Montréal profite d'une enviable réputation sur la scène culinaire auprès des touristes: on aime la qualité de ses restaurants, mais aussi leur diversité. Tellement, même, que bien souvent, manger n'est pas qu'un mal nécessaire pendant le séjour, mais la raison première de venir ici. Jeu de pistes pour découvrir la richesse culturelle et l'histoire de Montréal, un repas à la fois.

Mis à jour le 26 janv. 2017
Violaine Ballivy LA PRESSE

8h: petit-déjeuner parisien 

Le consulat de France à Montréal estime qu'environ 100 000 Français vivent dans la métropole: cela fait beaucoup de bouches à nourrir qui cherchent à retrouver ici des saveurs de leur mère patrie. Ainsi, Montréal compte son lot de très bons établissements français. Et même au moins un «Meilleur ouvrier de France», Christian Faure, qui tient commerce dans le Vieux-Montréal. On s'y sent comme dans les plus belles pâtisseries de Paris, un décor d'Alice au pays des merveilles, soigné comme l'est tout ce qui sort du four. On y va pour l'un des meilleurs croissants de la ville, une brioche au sucre, un éclair au chocolat, un millefeuille ou un savarin Chiboust. «La vie est courte, mangez les desserts en premier», aime-t-on y dire. 

Tous les jours dès 8 h.

355, place Royale

Métro le plus près: Place-d'Armes (500 m)

10h: café montréalais 

Montréal a connu une impressionnante révolution de sa scène «café», balayée par l'ouverture de dizaines de cafés dits «de troisième vague», où l'on soigne particulièrement l'origine des grains. On peut se réjouir, aussi, de nouveaux venus dont le décor est particulièrement recherché, comme le café Crew, assurément l'un des plus beaux de la ville, qui a investi les locaux de l'ancienne Banque Royale du Canada l'an dernier. C'est vaste, somptueux: le plafond enluminé de frises dorées mérite le détour à lui seul. Les travailleurs autonomes peuvent y louer des bureaux et salles de réunion, ce qui assure une animation constante des lieux. Plats salés et sucrés aussi servis.

360, rue Saint-Jacques

Métro le plus près: Square-Victoria - OACI (170 m)

Photo Martin Chamberland, La Presse

Le café Crew, qui s'est installé dans une ancienne banque, est assurément l'un des plus beaux de la ville.

12h: luncH à l'italienne 

On ne saurait explorer la scène gourmande de Montréal sans s'arrêter dans son plus grand marché public, Jean-Talon, en activité depuis plus d'un siècle. On y va pour les fruits et légumes frais, mais beaucoup aussi pour trouver des produits d'exception dans les épiceries italiennes des alentours et se payer une bonne table italienne. Le chef-vedette Stefano Faita et Michele Forgione ont ouvert dans le secteur deux restaurants en hommage à leurs racines: Impasto, avec une carte plus fournie, et Gema, une pizzeria où l'on prépare aussi d'excellentes glaces maison. Les deux adresses accueillent bien les familles et reçoivent les clients de midi comme de soir. 

Gema: 6827, rue Saint-Dominique

Impasto: 48, rue Dante 

Métro le plus près: De Castelnau (650 m)

Photo Olivier Jean, La Presse

L'une des bonnes tables italiennes de Montréal, Impasto, propriété du chef Stefano Faita et de Michelle Forgione.

15h: en-cas juif 

Les origines de la communauté juive de Montréal remontent au XVIIIe siècle: c'est dire si son histoire est intimement liée à celle de la métropole. Elle nous a fait découvrir les bagels, certes, mais pas seulement; de jeunes membres de la communauté s'efforcent d'en faire la démonstration, notamment avec l'ouverture, au Musée du Montréal juif, du restaurant Fletchers, où l'on perpétue des recettes traditionnelles, méconnues ou même en voie de disparition de la mémoire collective. On y sert ainsi des challahs, des sandwichs au poisson gefilte - un plat emblématique de la cuisine ashkénaze - et, bien sûr, des bagels avec du gravlax maison, et quelques desserts. Dès le mois d'avril, on y reprendra aussi le «bagel tour», une virée gourmande dans le Mile End et le Plateau qui fait découvrir aux participants des plats mythiques de la culture juive montréalaise, qui passera bien sûr par Schwartz's. 

4040, boulevard Saint-Laurent, 514 317-6580 

Métros les plus près: Mont-Royal et Sherbrooke (1,2 km)

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Au Musée du Montréal juif, le restaurant Fletchers perpétue des recettes traditionnelles de la communauté.

19h: souper québécois 

Peu de restaurants mettent aussi bien en valeur les produits du terroir québécois que le Manitoba. C'est la nature qui débarque dans l'assiette - de la salicorne, du sapin baumier, du poivre des dunes, du lièvre sauvage - , des produits solidement ancrés dans le code génétique de la province, mais si rarement mis au menu que tant les visiteurs que les locaux seront surpris par cette lecture contemporaine de la cuisine québécoise. Non, il n'y a pas de poutine au menu, même pas réinventée d'une quelconque façon. Et non, ça ne manque pas. Ouvert aussi le midi. 

271, rue Saint-Zotique Ouest, 514 270-8000 

Métro le plus près: Parc (850 m)

Photo André Pichette, La Presse

Tant les visiteurs que les locaux seront surpris par cette lecture contemporaine de la cuisine québécoise.

22h : soirée anglaise 

Dernier arrêt: un clin d'oeil à la présence britannique en sol montréalais, campée ici par un pub convivial dans le quartier de la Petite-Bourgogne, le Burgundy Lion. Ouvert depuis 2008, il offre l'ambiance des pubs traditionnels anglais, avec une imposante carte de whiskys - et des dégustations mensuelles dirigées pour initier les néophytes - et les plats qui vont de pair: scotch egg, shepherd's pie, fish'n chips, etc. Ouvert jusqu'à 3 h pour les soirées qui s'étirent, mais dès 9 h les week-ends pour le brunch à l'anglaise.

Burgundy Lion, 2496, Notre-Dame Ouest 

Métro le plus près: Lionel-Groulx (450 m).

PHOTO ÉDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE-LA PRESSE

Le Burgundy Lion offre depuis 2008 l'ambiance des pubs traditionnels anglais dans le quartier Petite-Bourgogne.