1. Une plante qui sent le cola Dans la cour des sens, le parcours a été pensé et dessiné pour les non-voyants: le toucher, l'odorat, le goût et l'ouïe sont mis à profit. Mais même avec les deux yeux grands ouverts, on y trouve des choses étonnantes, comme l'Armoise blanche, une plante qui dégage une odeur de Pepsi lorsqu'on s'y frotte les doigts. D'autres sentent le pneu brûlé ou la cacahuète. Certaines feuilles sont douces comme du velours ou s'accrochent aux doigts comme du velcro. Lors des animations (offertes par des non-voyants), on peut aussi goûter certaines plantes, dont le stévia, aux propriétés sucrantes 300 fois plus élevées que le sucre.

Stéphanie Morin LA PRESSE

2. L'arbre le plus bu au monde

Thé indien ou thé chinois. Thé vert, thé noir, thé rouge ou thé blanc. Tous les thés du monde proviennent d'une seule et même espèce de plante: le théier Camellia sinesis. Selon le type de thé, c'est le bourgeon, la jeune feuille ou la feuille mature qui est utilisé. C'est une des nombreuses informations que l'on peut apprendre en participant à la cérémonie de thé, au jardin de Chine, qui célèbre cet été son 20e anniversaire.

3. Des orchidées qui valent de l'or

Dans la serre des orchidées, certaines espèces miniatures sont présentées dans des vitrines verrouillées, comme des bijoux précieux. Et précieuses, elles le sont, surtout pour les collectionneurs. Elles sont sous clé «pour éviter les bris et les vols», explique Denis Laperrière, horticulteur spécialisé. «La vitrine retient l'humidité et par son éclairage tamisé, créé un milieu favorable pour ces orchidées fragiles. Comme les fleurs ne sont pas éternelles, les plantes sont remplacées régulièrement.» En janvier, le Jardin botanique compte exposer 60 nouvelles espèces d'orchidées, toutes introuvables dans la nature hors de l'île de Madagascar. De vraies raretés.

4. Un chardon qui a beaucoup voyagé

Sur la côte Ouest du Canada, le chardon écailleux est un végétal banal, qui croît à profusion à l'état naturel. Sur la côte Est toutefois, ce chardon n'est observable qu'à un seul endroit: dans l'archipel des îles Mingan. Comment cette plante coiffée d'une large fleur pourpre pâle s'est-elle retrouvée si loin de son habitat habituel? Mystère... «Les semences ont peut-être été transportées par les bateaux ou lors de la glaciation», avance René Giguère, horticulteur au Jardin alpin, où l'on peut observer la grande voyageuse.

5. De la main de Marie-Victorin

Toujours au Jardin alpin, on peut voir des plantes prélevées dans les années 40 par nul autre que le frère Marie-Victorin. C'est le cas de la cystoptéride fragile, une petite fougère fine, prélevée dans les Appalaches par le fondateur du Jardin botanique puis conservée en serre jusqu'en 1962, année où elle fut plantée. À compter de cet été, le Jardin offre en plus des visites guidées de l'imposant herbier de Marie-Victorin, déménagé sous peu dans les locaux du nouveau Centre sur la biodiversité.  L'herbier regroupe plus de 634 000 spécimens de plantes séchées, vernaculaires et exotiques, dont 90% de la flore du Québec. Les visites se tiendront les mercredis, du 13 juillet au 10 août, à 15h.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le chardon écailleux.

6. Un arbre qui a survécu aux dinosaures

Installé à l'entrée du Centre sur la biodiversité, le pin de Wollemi a l'air d'un végétal comme les autres pour l'oeil néophyte. C'est pourtant l'arbre le plus rare et le plus ancien de la planète. L'espèce poussait déjà sur Terre il y a 65 millions d'années, mais ce n'est qu'en 1994 qu'elle a été découverte par l'homme, dans une réserve écologique de l'Australie. «Cet arbre est un fossile vivant», lance Gilles Vincent, directeur du Jardin botanique. On compte aujourd'hui moins d'une centaine de pins de Wollemi en milieu naturel.

Infos: espacepourlavie.ca

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

Le pin de Wollemi