Les animaux hibernent-ils tous en hiver? Que non! Traces dans la neige, cônes grignotés, crottin en bordure de pistes, le randonneur aux aguets ne manquera pas de constater les signes de leur présence et, avec de la chance, il fera d'agréables rencontres. Voici quelques lieux de prédilection pour faire de l'observation de la faune en hiver.

Simon Diotte, collaboration spéciale LA PRESSE

Pour zieuter des cerfs de Virginie en pleine action, il n'y a pas de meilleurs endroits que le Centre touristique du Lac-Simon, en Outaouais. Ici, la présence de ce cervidé est même «garantie», selon Nancy Hudon, responsable des opérations.

Pourquoi? C'est que les employés de ce centre géré par la SEPAQ remplissent, chaque hiver, des mangeoires de luzerne. Dès que l'hiver s'installe et que la nourriture se fait plus rare en forêt, les cerfs s'y précipitent.

«Résultat: le centre touristique leur sert maintenant de ravage», constate Benoît Fiset, employé du centre. Un ravage est un endroit où les cervidés se regroupent pour survivre à l'hiver et se défendre contre les prédateurs. Prenant leurs aises, les cerfs sont si peu farouches qu'avec patience, ils viendront manger dans votre main. «Il faut laisser le cerf venir à soi, et non aller vers lui», conseille M. Fiset.

Tout près de Montréal, l'observation des cerfs se pratique également au parc national des Îles-de-Boucherville, où le cheptel dépasse la centaine de bêtes. «Le meilleur moment pour les observer, c'est le matin, quand la température est douce. Ils prennent alors des bains de soleil, à l'orée de la forêt», affirme Danielle Chatillon, responsable du service à la clientèle au parc. Dans ce territoire protégé, les cerfs ne bénéficient d'aucune nourriture humaine. Pas question de les apprivoiser, car on souhaite qu'ils conservent leur instinct naturel.

Photo FOURNIE PAR LE centre touristique du Lac-Simon

Le cerf de Viriginie n'hiberne pas en hiver. Il est donc facile de l'observer.

Aux îles, d'autres animaux font le bonheur des amants de la nature, dont les renards roux. Ces canidés se donnent en spectacle lors de la période d'accouplement, en janvier et février. «Plusieurs indices dénotent leur présence, comme une faible odeur de mouffette, qui provient de leur urine», dit M. Chatillon. En levant les yeux, l'observateur attentif détectera aussi la présence de rapaces, comme le grand duc ou la petite nyctale, perchés dans les arbres.

Parlant de rapaces nocturnes, la chouette rayée et le hibou sont les vedettes d'une activité de découverte qui se déroule tous les samedis de l'hiver, à partir du 15 janvier, au parc national du Mont-Tremblant. En compagnie d'un garde-parc naturaliste, les gens traquent, raquettes aux pieds et lampe frontale vissée sur la tête, la présence de ces redoutables chasseurs. «Il arrive souvent d'en voir ou encore de les entendre hululer. C'est assez impressionnant. En prime, lièvres et renards font régulièrement leur apparition devant nos yeux médusés», affirme Jean-François Boily, responsable du marketing au parc.

Pour maximiser les chances de contempler le roi de nos forêts, il faut voyager jusqu'en Gaspésie. Sur le territoire de l'Auberge de montagne des Chic-Chocs, située dans la réserve faunique de Matane, on trouve la plus forte densité d'orignaux au Québec, 4,8 bêtes au kilomètre carré. Croiser un orignal au tournant d'un sentier ne tient absolument pas du miracle. L'hiver dernier, une jeune femelle s'est laissé tellement photographier qu'on lui a finalement donné un nom: Dorothée. Sera-t-elle de retour cet hiver?

Photo fournie par le centre touristique du Lac-Simon

Pour observer des cerfs de Virginie en pleine action, il n'y a pas de meilleurs endroits que le Centre touristique du Lac-Simon, en Outaouais.