En créant des chambres privées, l'Auberge internationale de Québec a diversifié sa clientèle. En plus d'attirer les jeunes backpackers, elle est aussi allée chercher une nouvelle génération de voyageurs, les flashpackers.

Mis à jour le 24 févr. 2009
Martine Bouliane, collaboration spéciale LA PRESSE

Lors de son agrandissement, en 2004, l'auberge de jeunesse a choisi de construire non pas d'autres dortoirs dans ses nouveaux locaux de la rue Sainte-Ursule, mais plutôt 25 chambres individuelles. «Ça nous permet d'accommoder des gens d'âge mur et des familles. On voit vraiment une différence. Disons que les dortoirs, ce n'était pas l'idéal avec de jeunes enfants... Les chambres privées sont toujours parmi les premières réservées, jusqu'à un mois à l'avance», note Nathalie Turbide, déléguée commerciale à l'Auberge, la toute première au monde à avoir reçu le certificat Qualité HI (Hostelling International).

 

Le virage fait par l'Auberge de Québec correspond à une tendance mondiale. C'est ce qu'a remarqué Claudine Barry, analyste du Réseau de veille de la chaire de tourisme Transat-ESG UQAM, lorsqu'elle s'est penchée sur les flashpackers. Une catégorie de clients que souhaitent attirer les auberges de jeunesse, en leur offrant plus d'intimité et un décor plus soigné. «Le flashpacker voyage lui aussi avec un sac à dos, mais il est plus raffiné et a une meilleure situation financière, donc davantage de moyens», note-t-elle.

Ce qui est lié notamment au fait qu'il est plus âgé. Ce n'est plus un étudiant, mais un travailleur bien établi. Ou encore un parent qui a déjà tâté des voyages en sac à dos et souhaite offrir cette expérience à sa progéniture. Il transporte avec lui des joujous technologiques, qu'il s'agisse d'un ordinateur portable, d'une caméra numérique ou d'un cellulaire. «Mais à la base, il voyage de la même façon que le backpacker. Il veut rencontrer des gens et privilégie les voyages de plus longue durée. Il a souvent expérimenté ce type de périples en sac à dos et a aimé la flexibilité et l'autonomie qu'il offre», dit Mme Barry.

Des auberges de tous les continents ont ainsi choisi de cibler cette nouvelle clientèle prête à débourser plus. Certains établissements offrent un décor minimaliste ou très jeune aux couleurs voyantes, tels le Oops Hostel de Paris ou le Czech Inn de Prague, recense Mme Barry dans son article paru sur le web.

D'autres, à l'instar de l'Auberge internationale de Québec et du Nomads Industry Flashpackers Hostel de Melbourne, ont choisi de construire des chambres privées et même luxueuses.

À Québec, les chambres peuvent accueillir de deux à cinq personnes, avec salle de bains privée ou non, et sont idéales pour les familles. Au lieu d'ajouter un lit d'appoint pour le petit dernier, celui-ci dort dans le lit superposé au-dessus d'un lit double.

Loin du budget du backpacker

Si on est loin du budget serré du voyageur étudiant en sac à dos, le prix demandé est raisonnable pour une chambre située en plein coeur du Vieux-Québec, à deux pas de la porte Saint-Jean. «C'est 139$, avec salle de bains et petit-déjeuner inclus, pour une famille de cinq. Tous nos clients ont aussi accès à la cuisine des voyageurs, ce qui leur permet de préparer leurs repas et d'économiser aussi pour la nourriture», note Mme Turbide.

Les gens savent de plus en plus que les visiteurs de tous âges sont les bienvenus dans la sympathique et très belle auberge de jeunesse qui peut accueillir près de 300 voyageurs chaque soir. La clientèle est composée de beaucoup de Québécois.

Elle comprend un café bistrot, une buanderie, une salle à manger, une sympathique cour intérieure et un salon télé. Elle est classée trois étoiles, la cote la plus élevée dans la catégorie.

Une adresse à inscrire à son carnet, peu importe son âge et son portefeuille.

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