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Trop vieux pour un téléphone mobile

René Siaud était vendu d'avance. Il voulait acheter un téléphone mobile depuis un certain temps. Question de sécurité: l'homme se déplace en fauteuil roulant. Si la batterie le laissait tomber au milieu de nulle part, il serait pris au dépourvu.

Le coup de fil d'un représentant du «Bell téléphone», il y a deux semaines, tombait donc plutôt bien. Pendant une vingtaine de minutes, M. Siaud l'a écouté lui vanter les mérites d'un téléphone sans fil, avec appareil photo intégré. En s'engageant à payer un forfait de 35$ par mois, le téléphone était gratuit. On pouvait même aller le porter chez lui, le jour même.

Parfait... jusqu'à ce que le représentant demande à M. Siaud sa date de naissance. L'homme a 91 ans. Trop vieux! L'offre n'est pas valide pour les gens de cet âge «sous aucune condition», se fait répondre M. Siaud.

Le représentant prétend que les gens de cet âge font trop d'interurbains, qu'ils perdent souvent leur téléphone. M. Siaud est sidéré. Il se croit victime de discrimination: «Ce n'est pas de ma faute si j'ai encore toutes mes facultés à 91 ans», dit-il.

Mais tout porte à croire que M. Siaud a été victime de fraude, et non de discrimination.

Bell Canada est formel. Il n'y a pas de limite d'âge pour les téléphones mobiles. Il faut avoir au moins 14 ans pour signer un contrat. Mais il n'y a pas d'âge maximum.

«Cela ne représente aucunement nos pratiques commerciales. Si quelqu'un de 91 ans veut un téléphone mobile, on va lui en fournir un», assure Jacques Bouchard, porte-parole de Bell.

Il ajoute que Bell n'offre pas de service de livraison directement à domicile, en quelques heures. «On peut faciliter la livraison, mais on n'offre pas ce service-là», dit-il.

Télémarketing frauduleux

En fait, Bell a la certitude que la personne qui a contacté M. Siaud n'est pas un de ses représentants. Le service de sécurité de Bell a retracé l'appel: il provenait plutôt du téléphone mobile d'un individu.

Quel était l'objectif de cet individu qui se faisait passer pour un représentant de Bell? Peut-être était-ce une tentative d'hameçonnage. À part sa date de naissance, l'individu a demandé à M. Siaud où il habitait, s'il avait de la parenté et s'il avait un loyer à payer.

Mais il ne lui a pas demandé de numéro de carte de crédit, d'assurance sociale ou d'autres informations névralgiques.

«De toute façon, je ne lui aurais pas répondu. Je suis toujours sur mes gardes», assure M. Siaud.

Mais juste en répondant aux questions anodines, en apparence, M. Siaud a peut-être ouvert la porte à un vol d'identité. Un nom et une date de naissance sont déjà un point de départ pour un fraudeur, selon la Gendarmerie Royale du Canada. La GRC, qui découvre de nouvelles tactiques de télémarketing fraudeux chaque semaine, n'a jamais eu vent d'une histoire semblable à celle de M. Siaud. Mais elle lui recommande de surveiller attentivement ses prochains relevés de compte.

De son côté, M. Bouchard l'invite à communiquer avec les services de sécurité de Bell s'il veut approfondir l'enquête. M. Bouchard conseille à tous les consommateurs qui doutent de la véracité d'une offre qu'on leur présente au téléphone de mettre fin à la conversation et de rappeler eux-mêmes au 310-Bell. Ils auront alors la certitude de parler avec un représentant de l'entreprise.




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