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Une «bombe gaie» larguée dans la blogosphère

C'est une vieille histoire, folle et sexy, dont le retour en force illustre parfaitement l'impact d'internet, et notamment des blogueurs, sur l'information.

En 1994, l'armée américaine a songé à créer une bombe dont les composantes chimiques auraient agi, chez les soldats ennemis, comme un aphrodisiaque. Sous les effets de cette attaque, ceux-ci auraient laissé tomber les armes, saisis de l'envie irrésistible de faire l'amour avec leurs plus proches compagnons. Le projet n'a jamais dépassé le stade de l'idée, selon le Pentagone.

Néanmoins, l'existence du projet a été dévoilée en décembre 2004, grâce à la loi sur l'accès à l'information, par le Sunshine Project, un groupe de militants qui lutte depuis Austin (Texas) et Hambourg (Allemagne) contre les armes biologiques. Reprise par la BBC en janvier 2005, l'histoire a vite été oubliée jusqu'au 4 juin 2007.

Ce lundi-là, Larry Arnstein, blogueur sur le site populaire The Huffington Post, a ressuscité le sujet, offrant à ses lecteurs un hyperlien vers le reportage original de la BBC, où l'on retrouve l'expression «gay bomb» et une confirmation du Pentagone.

Doté de moyens financiers importants, The Huffington Post est à la gauche américaine ce que The Drudge Report est à la droite, un portail qui cherche à influencer la politique et la culture aux États-Unis. L'histoire de la «bombe gaie» prouve que le site, fondé par la commentatrice Arianna Huffington, a atteint son objectif, pour le meilleur ou pour le pire.

»Ne sont-ce pas toujours les meilleures idées qui sont ignorées?» a ironisé Larry Arnstein dans son billet sur la «bombe gaie».

Vendredi, une station de télévision californienne, affiliée à CBS News, a emboîté le pas à Arnstein, diffusant son propre reportage sur le projet du Pentagone, un sujet qui a par la suite inspiré quantité de blogueurs. Dimanche, sous le titre «Le billet obligatoire sur la «bombe gaie» «, Allahpundit a écrit: «De toute façon, l'idée est stupide. Mais j'ai hâte de voir les théories de conspiration sur le développement de cette bombe et les essais secrets ordonnés par Nixon sur la population de San Francisco.»

Hier, un lecteur a envoyé ce commentaire au blogueur Andrew Sullivan, qui avait déjà écrit sur la «bombe gaie»: «Le prochain point à l'ordre du jour gai est clair: nous DEVONS obtenir les plans de cette bombe et nous en servir sur la plus grande ville de chaque État rouge!»

Un État rouge est celui qui vote majoritairement en faveur des candidats républicains, y compris George W. Bush.

Genèse de la «bombe gaie»

C'est à Dayton, dans l'État de l'Ohio, que l'idée de la «bombe gaie» a été conçue. En 1994, un chercheur attaché au laboratoire Wright de l'US Air Force a demandé un budget de 7,5 millions de dollars pour en explorer la faisabilité.

Dans le document obtenu par le Sunshine Project, le chercheur évoque plusieurs idées de bombes chimiques «non létales» dont l'objectif aurait été de nuire au moral et à la discipline de l'adversaire. Il propose ainsi un engin dont les composantes auraient attiré les abeilles vers les soldats ennemis.

Il n'emploie pas l'expression «bombe gaie» pour parler de son idée la plus spectaculaire, mais il insiste sur les propriétés «aphrodisiaques» d'un tel projectile. À son avis, celui-ci n'aurait pas manqué d'avoir des retombées «déplaisantes» chez l'ennemi, «surtout si l'agent chimique entraîne un comportement homosexuel».

Comme en 2005, le Pentagone a confirmé l'authenticité du document, précisant que la soi-disant bombe gaie faisait partie des centaines d'idées que l'armée américaine reçoit et rejette chaque année.

La blogosphère, nom de l'univers où s'activent fiévreusement les blogueurs, n'aura pas moins donné à cette idée une seconde vie. Elle contribue ainsi à la trajectoire ascendante d'internet comme première source d'information. Un blogue collectif comme The Huffington Post attire quelque 600 000 visiteurs par jour, un auditoire en pleine expansion.

En revanche, le nombre de foyers qui regardent la chaîne CNN chaque jour est passé de 689 000 en 2003 à 383 000 l'année dernière.




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