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Wi-Fi: payer ou ne pas payer?

Le dilemme shakespearien ronge l'univers du Wi-Fi. «Nous assistons à l'émergence de plusieurs modèles d'affaires hybrides, dit Dianah Neff, associée au sein de la firme Civitium. Il y a toujours une forme de gratuité. Plusieurs villes offrent le Wi-Fi gratuitement dans certains endroits publics. D'autres villes, comme San Francisco, offrent un accès gratuit moins rapide que l'accès payant.»

Après six mois d'accès gratuit, Toronto a choisi d'adopter la ligne dure envers les consommateurs à compter des prochaines semaines. La Ville reine offrira trois forfaits aux citadins et touristes qui veulent accéder à son réseau Wi-Fi: 5$ par heure, 10$ par jour et 29$ par mois.

«Il n'y a jamais rien de gratuit dans la vie, dit Sharyn Gravelle, vice-président du réseau sans fil de Toronto Hydro Telecom. Nos prix sont quand même 35% moins élevés que la moyenne et nous versons nos profits à la Ville de Toronto.»

Comment rentabiliser un réseau coûteux sans frais d'abonnements? Les revenus de publicité de la page d'accueil du réseau. Pour le moment, ils sont loin d'être suffisants.

«Aucune stratégie d'affaires ne tient la route présentement dans le secteur privé, dit Isabelle Dessureault, porte-parole de Vidéotron. C'est pourquoi il y a eu un écrémage important dans les sociétés spécialisées dans le Wi-Fi aux États-Unis. Ça prend beaucoup d'argent pour bâtir un réseau Wi-Fi. Même Toronto a adopté le service payant.»

Certaines entreprises acceptent tout de même d'exploiter leur réseau à perte. L'aéroport international Jean-Lesage de Québec a englouti 30 000 $ dans l'aventure Wi-Fi en juin 2005. Chaque jour, une centaine de passagers utilisent le réseau, dont les frais annuels sont d'environ 5000$.

«Nous devions changer notre réseau sans fil interne de toute façon, dit le directeur général Pascal Bérubé. Nous aurions pu faire un peu d'argent avec le Wi-Fi mais nous avons préféré offrir un service à nos passagers. En plus, ils ne se sentent pas lésés en cas de problèmes techniques. Le Wi-Fi va éventuellement devenir gratuit dans tous les aéroports car ça ne vaut pas la peine de faire agoniser un client pour 10$.»

Aéroports de Montréal a aussi son réseau Wi-Fi. Contrairement au réseau de l'aéroport de Québec, celui de Montréal est payant, à l'exception des salons VIP.

«Si une personne veut faire un téléphone à l'aéroport, il doit payer. C'est la même chose pour l'internet», dit la porte-parole Christiane Beaulieu.

Entre la gratuité et l'accès payant, il existe une troisième voie. Celle de la société espagnole Fon, qui a bâti un réseau en offrant aux internautes de partager leurs connexions internet.

Le concept fait fureur en Europe et démarre lentement aux États-Unis «Fon s'appuie sur des internautes qui acceptent de partager leur connexion, dit Richard Lussier, de l'organisme Île Sans Fil. Ils échangent ce droit de partage contre le droit d'utiliser une connexion ailleurs dans le réseau ou contre une redevance de la part d'utilisateurs qui ne fournissent pas de connexion. Ça ne dérange pas la plupart des grandes télécoms en Europe que les gens partagent leur accès internet. C'est plus difficile en Amérique du Nord.»

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