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Musique: Steve Jobs déclenche une polémique

AFP
New York

Steve Jobs, le patron d'Apple, a jeté un pavé dans la mare en appelant les maisons de disques à autoriser le téléchargement de musiques sans systèmes de protection (DRM) afin de contrer les critiques adressées à son propre système iTunes.

Dans une lettre ouverte publiée sur le site d'Apple, M. Jobs s'est dit en faveur de «l'abolition complète des DRM», ce qui permettrait à «n'importe quel site de vendre n'importe quelle chanson, jouable sur n'importe quel lecteur».

«C'est la meilleure solution pour le consommateur, et Apple l'adopterait illico», a-t-il dit, «si les quatre majors du disques l'autorisaient». «Ils pourraient accepter car les DRM n'ont jamais pu et ne pourront jamais empêcher le piratage de musique», a-t-il martelé.

L'appel de M. Jobs a d'autant plus surpris que son site iTunes protège toutes les chansons par un système propre de DRM, FairPlay, qui empêche les copies et la lecture ailleurs que sur un iPod, le baladeur vedette d'Apple.

Mais il tombe à pic car les DRM, notamment ceux d'Apple, sont de plus en plus attaqués, alors que les ventes de disques sont au plus bas et que la quasi-totalité des musiques stockées sur baladeurs sont piratées.

Plusieurs pays européens, notamment la France et la Norvège, veulent rendre illégaux les DRM d'Apple et obliger le groupe à rendre son système Fairplay interopérable avec d'autres baladeurs.

Une option que Steve Jobs a d'avance écarté mardi soir, estimant que cela ne ferait que compliquer la situation pour les internautes et les sites.

Sa proposition d'abolir des DRM a en revanche été accueillie avec enthousiasme par de nombreux commentateurs, blogueurs et militants de systèmes ouverts mercredi.

«Pour obtenir une interopérabilité, il faut tout simplement se débarrasser des DRM, ce qui offrirait de nouveaux marchés à la musique numérique», a déclaré sur la chaîne CNBC Corynne McSherry, avocate de l'Electronic Frontier Fondation, qui milite pour des systèmes libres.

Mais beaucoup accueillaient avec incrédulité la déclaration de M. Jobs, dont le site protégé iTunes occupe 70% de la musique en ligne, estimant qu'il se donnait une image libertaire à peu de frais.

Ainsi le site spécialisé TechDigest se moquait de M. Jobs en jugeant son appel aussi absurde que si Keith Richards, le guitariste des Stones, déconseillait la drogue ou l'acteur Tom Cruise la scientologie.

«Cela ne prendrait que deux ou trois jours à Apple pour mettre en place une solution qui éliminerait le système Fairplay sur les contenus dont les propriétaires ne l'ont pas demandé. Les actions pèsent plus que les mots, Steve», a renchéri sur son blog «DVD Jon», le programmeur qui a cassé de nombreux systèmes protégés, dont l'iTunes d'Apple.

En Norvège, le Conseil norvégien des consommateurs, a répété mercredi que «iTunes et les autres qui utilisent une technologie propriétaire sont injustes».

Apple a fait plusieurs fois volte-face sur ce sujet ces dernières années.

Encore récemment, il était parti en guerre contre la tentative de loi en France qu'il avait accusée d'être un «État-pirate».

Si aucun major du disque n'avait encore réagi mercredi, Cary Sherman, président de la RIAA (Recording Industry Association in America) a rejeté la balle dans le camp d'Apple et demandé qu'il rende son système interopérable, mais ouvert la porte à des assouplissements.

«Pourquoi la musique ne serait-elle pas protégée? Mais ce n'est pas le seul moyen, certaines entreprises peuvent décider de faire sans les DRM, d'autres non», a-t-il dit sur CNBC.

L'idée se répand, comme en témoigne le succès du site Emusic, qui vend uniquement des musiques sans protection. En décembre, un single de la chanteuse Norah Jones a été diffusé par EMI sur Yahoo! Music sans protection, ce qui a été vu par les analystes comme un test à grande échelle.

À lire aussi:

- Steve Jobs veut de la musique sans protection

Sur le Web:

- La lettre de Steve Jobs




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